Paroles de lecteursRaccrocher la cotte et les bottes : un acte « courageux » encore « trop rare »

| par | Terre-net Média

« Ce n'est pas un échec et parfois même ce qui peut arriver de mieux ». Plusieurs lecteurs de Web-agri apportent ainsi leur soutien à Antoine, qui a décidé de quitter le métier d'éleveur laitier pour cause de mésentente avec son associé. « Un choix courageux », plus en tout cas que « de ne pas oser changer une situation » pesante, et ô combien préférable à « commettre l'irréparable ». Malheureusement, il est encore « trop rare »...

paroles de lecteurs raccrocher la cotte et les bottes en elevage laitier« Avoir le recul d'Antoine » est formidable, souligne Guillaume. (©Antoine Thomas // Création Terre-net Média)

Jo approuve, réagissant en outre à certains commentaires de lecteurs, pas très sympathiques : « Pourquoi tant d'aigreur ??? Je ne vois pas en quoi Antoine n'a pas réussi. Son choix est au contraire courageux. Ce n'est en aucun cas un échec que de quitter une situation qui ne convient pas. Bien plus faible est celui qui n'ose pas en changer ! »

Extraits des commentaires suite au témoignage d'Antoine Thomas dans la Manche : « 6 ans après mon installation, je raccroche la cotte et les bottes »

« Ce type de témoignage reste très rare dans la profession agricole alors que beaucoup de gens ne sont pas heureux, regrette Guillaume. Je pense en particulier aux épouses qui sont dans des salles de traite pourries alors que leurs époux font les coqs avec leur nouveau tracteur Fendt et là, c'est très difficile d'avoir le recul d'Antoine car la cellule familiale ne peut pas aider dans ce cas, elle est même le coeur du problème. Bon courage à tous et bravo Antoine pour ton ouverture d'esprit !! »

« pas pire que ne pas se comprendre entre associés »

Jersiaise est du même avis que Jo et titian : « Ce genre de décision est sans doute dure à prendre mais c’est mieux que de commettre l’irréparable !! ». Il souhaite « bon courage » à l’ex-producteur de lait, ajoutant : « l'avenir ne sera pas pire que de ne pas se comprendre entre associés. »

Réunir, dans les Gaec, des agriculteurs aux mêmes objectifs de travail et de vie.

steph72 confirme : « Beaucoup de Gaec se créent pour regrouper plusieurs fermes alors qu’ils devraient plutôt réunir des agriculteurs ayant les mêmes objectifs de travail et de vie. »

« Si seulement c’était un cas isolé… »

« Vous avez déjà vu deux exploitants agricoles s'entendre ?, ironise Freddy85500. C'est dans leur nature de se tirer dans les pattes tout le temps. »

Il est possible dans certains départements de tester l'entente entre associés avant l'installation. Pour en savoir plus, lire : « Le droit à l'essai : apprendre à partager des projets d'entreprise et de vie »

Capitaine le rejoint : « Si seulement c’était un cas isolé… Pour côtoyer la profession depuis 30 ans, j’ai rarement rencontré des sociétés agricoles qui fonctionnent. Même si, de l’extérieur, tout semble parfait, en creusant un peu, on voit souvent des choses surprenantes. » Le lecteur se demande également ce que « deviennent, dans pareil cas, la DJA (dotation jeune agriculteur, NDLR) et les volumes de lait octroyés à l’installation. »

De l’extérieur, tout semble parfait, mais en creusant un peu...

« Dommage d'en arriver là avec de tels investissements »

Si Moty remercie l'éleveur pour son « beau et poignant témoignage, qui remue », il juge que « c'est dommage d'en arriver là avec de tels investissements pour l'élevage laitier, financiers et humains ». « C'est le système, déplore-t-il. Toutefois, on peut être heureux comme moi avec une petite ferme laitière. »

Les lecteurs de Web-agri se demandent aussi : À quoi bon investir lourdement pour s'installer en bovins lait 

« (...) Le schéma classique, pour résumer, de l’agriculture intensive et industrielle où les deux associés se sont essoufflés !, estime également Fink. 1,6 million de litres à 2 !! »

Pouvoir gérer a deux de tels volumes...

« Pourtant, ils avaient des équipements modernes pour bosser et avoir des week-ends de repos », s'étonne débutant. « Mais bon, faut pouvoir gérer à deux de tels volumes et toutes les em... qui arrivent dans ce type de système intensif », nuance-t-il ensuite avant de conclure : « Si un s'y donne à fond et l'autre regarde faire, évidement, ça explose tout de suite. Non loin de chez nous, une exploitation avec six robots de traite était soi-disant l'avenir car il faut parler à l'imparfait. Industrialiser l'agriculture n'est pas une garantie de réussite et les dettes sont considérables... »

Pas mal de réactions aussi sur Facebook :

posts facebook antoine thomas raccroche la cotte et les bottes (©La page des producteurs de lait) 


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DÉJÀ 1 RÉACTION


moser
Il y a 54 jours
Je sors de la foire a la viande septembre 2020 a intermarché . Pauvre PAYSAN Vous êtes ruinés ; Quelle honte des prix aussi bas ; vous voila les cerf du 21 ° siécle
Pas un syndicat pour mettre fin a ce pillage
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