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[Paroles de lecteurs] Filière laitièrePrix d'équilibre, résilience... et si on augmentait plutôt le prix du lait ?

| par | Terre-net Média

Les lecteurs de Web-agri en ont assez que les organismes agricoles passent leur temps à créer de nouveaux critères censés permettre aux éleveurs d'améliorer leur situation économique, fortement dégradée pour beaucoup d'entre eux. Baisse des charges, prix d'équilibre du lait, résilience des exploitations... ils préféreraient que les experts cherchent comment faire remonter le prix du lait.

paroles de lecteurs prix d equilibre du lait « Je n'ai aucune idée du prix d'équilibre de mon lait et je ne vois pas ce que ça m'apporterait de plus de le connaître... », juge Rebelle. (©Doomu, Markus Mainka, Stefan, Fotolia//Création Terre-net Média) 

Jmb67 : « J'aurais été plus sévère : 75 % des producteurs laitiers ne savent pas lire le prix du lait sur leur facture. »

Jonathan : « Jmb67, tu te classes dans les 75 % ? »

Jmb67 : « Ou tu voudras !! »

Rebelle : « Personnellement, je n'ai aucune idée de mon prix d'équilibre pour le lait et je ne vois pas ce que ça m'apporterait de plus de le connaître... »

Il faudrait déjà « connaître le coût de production du lait »

Rémi : « Le seul but de ce sondage est de culpabiliser le producteur en lui disant qu'il est responsable de ses difficultés financières puisque c'est un mauvais gestionnaire, alors que le problème vient d'ailleurs ! »

Clem : « Celui qui parle prix d'équilibre aujourd'hui est mort avant de commencer !! Essayez déjà de connaître la différence entre le coût de revient du lait et le prix d'équilibre !!! À bon entendeur... »

Jonathan : « Une chose est sûre quoi qu'il en soit : le compte en banque des éleveurs est fortement négatif et les dettes fournisseurs s'accumulent. Conclusion : le prix du lait payé aux producteurs est beaucoup trop faible !! Marre de toujours devoir se remettre en question, alors que nos charges ne cessent d'augmenter, que nos prix de vente sont les mêmes qu'il y a 25 ans et que dans les grandes surfaces, les produits alimentaires sont de plus en plus chers. Ce serait plutôt aux industriels et GMS de se remettre en question !! Et à l'État de faire son boulot !  »

« Peut-on juger un éleveur sur ce seul critère ? »

Debout : « Les agriculteurs sont des chefs d'entreprise, mais qui travaillent avec le vivant sans connaître le climat à venir pour l'année. Ce sondage est très réducteur, comme si le prix d'équilibre était l'unique et dernier levier possible pour que le producteur améliore sa situation économique. Encore un nouveau chiffre qui sera communiqué aux banques, centres de gestion, etc. et qui risque de nuire aux éleveurs en difficulté. C'est triste de juger un chef d'entreprise, un éleveur, sur ce seul critère. La preuve que les sondages ne correspondent à rien et sont malsains, car les réponses sont imposées et parfois aucun des choix proposés ne vous corresponde. Où est le pouvoir de décision de l'éleveur ? La laiterie lui est imposée, impossible d'en changer ensuite. Le droit à produire appartient à cette dernière, pas à l'exploitation, et elle fixe les prix comme bon lui semble. L'agriculteur doit produire, travailler, sans aucun jour de congés, payer ses factures et accepter la loi du marché... Aujourd'hui, dans l'industrie automobile par exemple, les voitures sont fabriquées une fois qu'elles sont payées. Fini les parkings remplis de voitures neuves ! Moi, j'ai arrêté la production laitière, supprimé mon salarié, etc. Ce n'est plus tenable. Actuellement, il y a 10 exploitations laitières à céder pour un repreneur, à condition que celui-ci soit financé par papa maman. Et croyez bien que lui sait ce qu'est un prix d'équilibre. Pourtant, cela ne suffira pas pour qu'il survive dans cette filière laitière en grand danger et dans ces campagnes en plein déclin qui s'appauvrissent de jour en jour... »

Yoann : « 15 ans que je suis éleveur laitier : les 15 pires années de ma vie ! Ma passion s'est transformée en dégoût. Dans un an, j'aurai fini de rembourser les gros crédits et mes vaches partiront en même temps que la dernière annuité. Qui accepte encore de travailler tous les jours en mettant sa vie privée de côté pour quelques centaines d'euros de revenu ? On se fout des agriculteurs depuis trop longtemps et rien ne va changer. J'ai la chance d'avoir une autre entreprise dans un domaine différent de l'agriculture, où l'on peut fixer son prix de vente, avoir une véritable rémunération à la fin du mois, une vraie qualité de vie et bien moins de contraintes. Courage à tous les éleveurs, il vous en faudra pour continuer. »

Lire également le Paroles de lecteurs à propos d'un éleveur qui arrête le lait : Touchés par le poème de Charles Henry, diffusé sur Facebook

La résilience des élevages, encore un autre indicateur

Patrice Brachet : « Je suis le premier à dire que l'on peut améliorer les revenus agricoles en changeant sa façon de travailler et d'alimenter son troupeau mais il y a des charges incompressibles qui augmentent régulièrement et c'est pour cela qu'il faut un prix du lait rémunérateur ! Or c'est loin d'être le cas. (...) Bien sûr, il faut essayer de gratter partout mais les donneurs de leçons des organismes agricoles n'ont qu'à appliquer la même résilience dans leurs structures respectives et tout ira déjà mieux ! Jamais il n'y a eu autant d'agriculteurs dans la misère ! L'agriculture a fait d'énormes efforts. Que les donneurs de leçons en fassent eux aussi ! »

Jmb67 : « Je suis bien d'accord avec vous Patrice. Les industriels laitiers (coop et privé ) profitent bien du système libéralisation des prix agricoles et mange le capital des exploitations laitières. Dans les années futures, il n'y aura plus personne pour traire les vaches. Ce sera le désert agricole dans les campagnes, après le désert médical qui est en train de se former. »

Steph72 : « Inutile de nous donner des leçons, ça fait longtemps que les producteurs laitiers sont résilients parce qu'ils arrivent à produire du lait au prix d'il y a 30 ans avec des charges qui ont suivi l'inflation. Mais il faut que ce prix remonte pour que les jeunes puissent s'installer. La production laitière n'est plus attractive avec des prix aussi bas. »

Moty : « La définition de la résilience : capacité d'un individu à résister psychiquement aux épreuves de la vie. C'est tout à fait ça dans notre métier. Pour ma part, j'ai eu la chance de réussir à sortir mon épingle du jeu. J'ai rapidement pu avoir suffisamment d'autonomie décisionnelle, ce qui me permet d'être un éleveur laitier heureux depuis 25 ans avec deux enfants qui souhaiteraient s'installer dans les 5 à 10 ans !! »


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DÉJÀ 1 RÉACTION


stephane
Il y a 368 jours
je vois que les agriculteurs réclament encore un meilleur prix du lait, je voudrais juste dire que c est aujourd'hui une erreur,que cette idée était des années 2000.Il faut aujourd'hui rémunérer l "uth" le travail de l agriculteur.avec la disparité de taille des fermes ,un bon prix du lait aurait pour effet de finir de détruire la consommation interne et surtout les petites exploitations.Les grosses unités se retrouveraient avec des moyens et créeraient une inflation sur le foncier ce qui nuiraient aux petites exploitations et aux jeunes.IL faut plutôt trouver une idée dans chaque filière pour rentabiliser le directement le travail,comme l augmentation de la prime des 50 premiers hectares,il faudrait imposer aux laiteries et surtout aux administrateurs de juste très bien payer les "300 premiers mille"par UTH.(unité travail homme)
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