Paroles de lecteursFilière lait/covid-19 : des points de blocage au niveau des emballages et GMS

| par | Terre-net Média

Alors que la filière les exhorte à diminuer leur production de lait en raison de la crise du coronavirus, les lecteurs de Web-agri s'interrogent face aux rayons de produits laitiers vides dans plusieurs supermarchés. Plusieurs imputent cela à une pénurie d'emballages. D'autres reprochent aux grandes surfaces de ne pas soutenir les producteurs en cette période difficile, voire de profiter de la situation.

paroles de lecteurs web agri rayon produits laitiers grande surface vide« Ceux qui nous expliquent que nous devons réduire la production laitière en raison du covid-19 devraient nous donner les vraies raisons », estime Patrice Brachet.  (©Terre-net Média) 

« (...) Les rayons de supermarché sont souvent vides alors on se dit "bonne nouvelle", va y avoir de la demande. Faux ! Les grandes surfaces ont arrêté de commander des produits à haute valeur !!, alerte Patrice Brachet, commentant l'article Conjoncture laitière − Le coronavirus fait chuter les ventes et les prix dans la foulée, paru la semaine dernière sur Web-agri. Je vais vous expliquer comment je le sais. J'ai une carte de fidélité à Métro et pendant quelques jours, j'ai reçu des pub sur mon téléphone m'informant que tous les fromages à la coupe étaient à moins 50 % jusqu’à épuisement des stocks ! Cela ne laissait prévoir rien de bon derrière. Ceux qui nous expliquent que nous devons réduire la production laitière en raison de la crise du covid-19 devraient nous donner les vraies raisons. (...) La filière laitière repartait sur de meilleures bases et tout est annulé d'un seul coup ! Seul l'ultra frais va pouvoir sortir son épingle du jeu ! Si rien n’est fait, il n'y aura bientôt plus de producteurs... (...) »

Massol n'est pas d’accord avec Patrice Brachet : « En ultra frais, les commandes sont passées mais les livraisons sont partielles. Le secteur est confronté à un double souci d’approvisionnement. En amont, les industriels n’ont pas de stock d’emballages et les livraisons sont perturbées. Même chose en aval. C’est juste un problème de logistique. En temps normal, ça marche mais dès qu’il y a un grain de sable, boom ! »

Dès qu'il y a un grain de sable...

Soucis d'emballages et de logistique

debutant acquiesce : « C'est exactement cela ! Hier, j'étais au téléphone avec la technicienne de ma laiterie. Elle me disait que les commandes arrivaient toujours. La difficulté à venir se situe en effet plutôt au niveau des emballages et des filets de conditionnement. Pour l'instant, l'entreprise a du stock mais se demande jusqu'à quand ? On ne peut pas produire et oublier qu'il va falloir emballer et expédier ! Cette situation est anormale ! Le confinement a bon dos et certains devraient se bouger !! »
On ne peut pas produire et oublier qu'il va falloir emballer et expédier !

Patrice Brachet précise : « (...) Pour faire plus de marge, les industriels laitiers achètent souvent les emballages à d'autres pays, l'Italie par exemple. »

L'article a été aussi commenté sur Facebook :

posts facebook coronavirus grandes surfaces (©Page Facebook de Web-agri) 

Baisser la production laitière, mais aussi les prix en rayon !

Jonathan revient sur la responsabilité des GMS : « Les éleveurs laitiers doivent moins produire, mais à Super U ou Leclerc, je n'ai pas vu le prix du lait baisser, ni celui du fromage, des yaourts, ou encore du beurre ! Et les rayons sont vides !! Quelle honte !!! »

« De toute façon, les prix payés aux producteurs sont négociés à l'année... », rétorque pat.

« C'est pareil en viande bovine, déplore Jeuneagri. Même face à la crise sanitaire et économique du coronavirus, sans précédent, les chevillards et la grande distribution nous lâchent !!! »

les GMS ont les poches pleines, les éleveurs vides...

Sur le même sujet, d'autres commentaires extraits de l'article, publié la même semaine sur Web-agri :
Filière laitière − Des métiers qui n'attirent pas malgré une bonne image

« En cette période de pandémie de covid-19 justement, quelle est la différence entre un gérant de supermarché et un producteur de lait ? », demande non sans une certaine ironie Patrice Brachet, donnant la réponse dans la foulée : « Les deux peuvent travailler pour nourrir les citoyens mais le premier s'en met plein les poches et le second perd tous les jours un peu plus d'argent... »

debutant rejoint à nouveau Patrice Brachet : « Exact Patrice, c'est bien le plus triste... »

Maec est du même avis : « Tout à fait d'accord Patrice, sauf qu'il y a aussi des agriculteurs qui profitent de la situation. Ils vont pouvoir reprendre des fermes en spoliant l'exploitant en place... »

Jmb67 conclut : « Malheureusement, seule une pénurie de lait remettrait les choses en ordre, mais ce n'est pas pour aujourd'hui... »

Et sur Facebook :

posts facebook manque attractivite filiere laitiere (©Page Facebook de Web-agri) 

Avec le covid-19, encore moins d'installations en lait !!

Guillaume Hamel poursuit : « La filière laitière serait-elle inquiète ? Depuis le temps que l'on se moque des producteurs ! Les jeunes éleveurs ne veulent plus être la variable d'ajustement pour 350 €/mois. Ils ne veulent plus non plus être tourmentés par des réglementations toujours plus complexes. Et pourtant, l'élevage est un beau métier. Il suffirait juste, pour attirer des repreneurs, de mieux répartir les marges entre les différents acteurs. »

Les jeunes ne veulent plus être la variable d'ajustement.

The germs renchérit : « Sérieusement, quel jeune aurait encore envie aujourd'hui, surtout après le covid-19, d'investir une forte somme et de travailler 24h/24 toute l'année, en ne gagnant rien et en étant obligé de se battre tous les jours pour avoir simplement le droit d'exister ?! »

vik partage cette opinion : « Le métier d'éleveur a une bonne image ??? Je n'ai pas la langue de bois et je connais beaucoup de monde qui pense comme moi : c'est la fin de cette profession, encore plus avec cette crise !! »

steph72 ajoute : « (...)  La FNB se plaint aussi du manque d'installations en élevage. Rien d'étonnant à cela : les éleveurs décapitalisent, ils en ont ras le bol. (...) Messieurs du Cniel (NDLR : organisme à l'origine de l'étude sur le manque d'attractivité des métiers de la filière laitière, relayée dans l'article dont ces réactions sont issues), nul besoin de faire tout un tas d'analyses payées par les producteurs pour voir que les jeunes ne veulent plus s'installer en lait !! »

Nul besoin de toutes ces études pour savoir que les jeunes ne veulent plus s'installer en lait !

jersiaise appuie : « J'ai été motivé par cette profession mais vu les très faibles rémunérations et le fait qu'on soit sans cesse pris pour un c... (...) Pauvre Cniel, il faut plutôt faire des statistiques sur le nombre de célibataires et de suicides en agriculture... Nos enfants ne prendront pas notre place !!! »

Et Terminé de clôre le débat : « (...) Les institutions, qui défendent soi-disant le milieu agricole comme prétend le faire le Cniel, sont à côté de la plaque et de la réalité du terrain !!! Ils imaginent promouvoir ce beau métier d'agriculteur, le plus beau du monde, et attirer les foules !! Le renouvellement des générations d'éleveurs n'est plus un problème du Cniel, des chambres ou du ministère de l'agriculture, mais de notre pays en entier, de l'ensemble de la société. C'est pourquoi, il faut des moyens financiers dignes de ce nom, de la reconnaissance et un vrai revenu !!! Quand vous voyez des projets à 10 000-15 000 € de revenus net/UTH, vous ne pouvez pas attirer des jeunes, c'est impossible !! Dans beaucoup d'exploitations, le travail et la vie sont juste devenus inhumains... (...) »


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