Paroles de lecteursDécapitaliser le cheptel allaitant français : pas étonnant mais normal !

| par | Terre-net Média

Vu les prix très bas, les charges et les contraintes qui augmentent, le manque de soutien du gouvernement et des syndicats, les pressions croissantes des écolos bobos comme des vegans, la décapitalisation de l'élevage allaitant ni même son accélération ne surprennent les lecteurs de Web-agri.

les lecteurs de web agri pas etonnes de la decapitalisation du cheptel allaitant francais En France, la décapitalisation du troupeau allaitant « va s'accentuer avec les départs en retraite massifs d'éleveurs dans les 10 ans à venir », estime steph72. (©Terre-net Média)

Résister n'est pas surpris de la baisse du nombre de vaches allaitantes en France, « notre pays devenant vegan ». « Les Français ne savent pas apprécier les bonnes choses », déplore-t-il. 

Prix/implication de l'État : en baisse...

Pour steph72 (...), c'est plutôt le signe du « ras-le-bol de beaucoup de producteurs » vis-à-vis des prix bas de la viande bovine, qui ne leur permettent pas de « vivre » de leur métier d'éleveur, mais également des sécheresses à répétition. « Il n'y a rien d'étonnant à cette décapitalisation du cheptel allaitant » selon lui non plus. Elle « va même s'accentuer avec les nombreux départs en retraite d'exploitants agricoles dans les 10 ans à venir ».

Signe du ras-le-bol de beaucoup d'éleveurs !

... charges, contraintes, critiques : en hausse !

Olivier Van Den Bossche sur Facebook rejoint steph72 : « Des prix inférieurs à ceux d'il y a 35 ans, des charges en hausse, des industriels qui méprisent les éleveurs, des gouvernements qui détruisent la filière viande à chaque accord commercial, toujours plus de contraintes, des associations écolos bobos qui nous sapent plus que ce que nos syndicats nous défendent... » La liste des difficultés auxquelles sont confrontés les producteurs de bovins viande est en effet très longue !

Cela ne va pas attirer les jeunes...

steph72 renchérit : « (...) Le prix des vaches à viande et des broutards diminuent alors que les coûts de production augmentent. Cela ne va pas attirer les jeunes éleveurs, qui doivent s'endetter pour reprendre un cheptel et finalement gagner moins que le Smic. On nous fait croire à une baisse de demande de viande bovine mais les GMS ont augmenté leurs tarifs depuis le confinement. » « On se fout de qui ? », s'interroge-t-il.

Une crise ni récente...

Une mafia organisée comme le lait...

« La crise de la viande bovine n'est pas récente, estime pour sa part Capitaine. En 94 et 95, les vaches laitières de réforme étaient à 14,50 F et les bonnes Normandes à 24 F. (...) En production allaitante, il faut commercialiser en direct, en circuits courts ou aux boucheries. Si tu vends à Bigard, Socopa, Jean Rozé et toute la clique, t’entretiens juste le système industriel. La filière veaux de boucherie est dans le même pétrin. La viande est une mafia organisée comme le lait, les fruits, les légumes... L'industrie maîtrise le marché à 200 %. (...) »

Émilien Gérard résume sur Facebook : « Aucune visibilité à long terme et surtout aucun soutien ! »

... Ni franco-française

Capitaine poursuit : « La crise de la viande n’est pas que française. Actuellement, les élevages de veaux de boucherie du Québec, élevés à la poudre et finis au maïs grain, sont dans le rouge ! Encore une bande d'animaux dans les mêmes conditions et ils seront en redressement judiciaire !! La perte par veau peut atteindre 300 $. »

Dans plusieurs régions, la seule production possible !

Gil Chavallier ironise sur Facebook : « Ah bon ?? Pourtant, avec la réduction des primes Pac de 3 % en 2020, on pourrait penser qu'il y a trop de bovins viande ! »

Il y a quelques mois, les lecteurs de Web-agri pensaient comme Max48Paroles de lecteurs − Selon vous, réduire la production bovine n'est ni inévitable... ni durable

Et Max48 de rappeler l'importance de l'élevage allaitant : « Dans plusieurs régions françaises, comme le Massif central, c'est la seule production possible parce qu'on ne peut cultiver que de l'herbe que seuls nos jolis ruminants sont physiologiquement capables de transformer. Les 3/4 de leur alimentation, c'est de l'herbe uniquement. Les céréales ne sont distribuées que pendant les deux mois de finition avant l'abattage et dans certains endroits, dans les pâtures de l'Aubrac par exemple, les éleveurs n'en apportent pas du tout. Rappelez-vous de vos cours de chimie, rien ne se perd, rien ne se crée tout se transforme (c'est Lavoisier). Les ruminants rejettent seulement le carbone qu'ils ont ingéré, ils n'en créent pas. Et comme leur seule source de nourriture est végétale, c'est un cycle fermé (...). Et puisque nous mangeons des protéines de ruminants qui sont les seuls à valoriser l'herbe, c'est même un cercle vertueux. »


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