Paroles de lecteursComment dissuader les jeunes de s'installer tout en félicitant ceux qui osent...

| par | Terre-net Média

Les lecteurs de Web-agri ne seraient-ils pas un peu versatiles ? Alors qu'ils déconseillent aux jeunes de reprendre une ferme, en élevage du moins, vu le prix du lait, la charge de travail, les contraintes, les attaques de la société, etc. , ils font quasiment volte-face quand un éleveur récemment installé leur reproche leur manque d'encouragement. Une prise de conscience de l'intérêt de la profession à être un peu plus positive pour renouveler les forces vives dans le monde agricole ?

paroles de lecteurs temoignage transmission franck houssaisFabien53 pense « qu'il est encore possible de s'installer en élevage laitier à condition », cependant, « que le repreneur et le cédant fassent des concessions ». (©Franck Houssais // Création Terre-net Média)

« Voilà une belle exploitation, qui n'est pas une usine à gaz, et pourtant elle ne fait plus rêver », déplore tintin à propos de l'élevage de Franck Houssais en Ille-et-Vilaine. Son épouse étant bientôt à la retraite, ce dernier cherche à transmettre la ferme dans les années qui viennent et hésite entre plusieurs stratégies, comme il l'explique dans un témoignage vidéo diffusé début janvier sur Web-agri, qui a fait réagir une trentaine de lecteurs. « (...) Est-ce l'effet 35 h ? L'accumulation de contraintes en élevage ? Les retraites agricoles de misère ? Même nos enfants ne sont plus attirer par le métier d'éleveur. Seront-ils plus heureux et épanouis en tant que salariés ? Pas sûr, en tout cas, que nos laiteries puissent encore collecter du lait français dans 20 ans ! »

steph72 renchérit : « Il y a plein d'exploitations à transmettre en productions animales mais comment voulez-vous que les jeunes s'en sortent avec un prix du lait aussi bas, même en bio (Franck Houssais est en agriculture biologique, NDLR), bien trop juste pour rembourser la reprise, financer les investissements et se rémunérer correctement ? Dans une commune de Mayenne, sept élevages sont actuellement sans successeur... » Il en arrive à la même conclusion de tintin : « L'agroalimentaire est très mal barré : il a préféré sous-payer les producteurs et va dans peu de temps payer l'addition ! »

Avec un prix du lait si bas, comment rembourser la reprise ? 

Taxi fait le parallèle avec la baisse du nombre de vétos : « De mémoire des vétérinaires ruraux de Commercy (au sud de la Meuse), les jeunes installés capitulent !!! Idem dans le Massif central, la Vendée, la Loire-Atlantique et même le Calvados dans le secteur Livarot/Pont-l’Évêque. Que des cabinets vétos qui ferment... »

« Comment voulez-vous que le métier d'éleveur attire ? »

Patrice Brachet rejoint ces deux lecteurs : « Reprendre une ferme est un lourd fardeau et aujourd'hui, la société a éduqué nos jeunes à ne plus prendre de risque. De plus, il y a quelques années, nos concitoyens nous disaient : "vous faites le plus beau métier du monde !"  Cela a bien changé !! Non pas que l'on n'aime plus notre métier mais le grand public, influencé par les médias, nous a transformés d'enfants chéris en enfants maudits !!! Un tel contexte fait peur aux éventuels candidats, même motivés. En outre, ils ne veulent plus produire du lait pour devenir esclaves de leurs vaches et on les comprend... »

Fabien 53, en revanche, pense « qu'il est encore possible de s'installer en élevage laitier à condition », cependant, « que le repreneur et le cédant fassent des concessions ». Il nuance néanmoins ses propos : « Trop souvent, ceux qui cèdent regardent surtout l'aspect financier et les fermes partent agrandir celles des voisins, producteurs de céréales. L'élevage est alors abandonné, y compris dans des secteurs pas très favorables aux cultures. »

Maec appuie : « Dans les régions céréalières du nord de la Seine effectivement, il n'y a pas de problème de reprises... »

Merci d'être « si encourageants ! » lance un jeune installé...

Cyrille Létard, lui, est éleveur depuis le 1er janvier, le jour où a été publié l'article qui a déclenché les précédentes réactions. « Des commentaires encourageants !, ironise cet ancien salarié dans l'agrofourniture. Ayant effectué un stage de parrainage d'un an avec le cédant, « le temps de monter le dossier », il reconnaît que ce dernier « a mis beaucoup de choses en place pour faciliter son installation. » Il prend toutefois quelques pincettes : « Sur le papier, ça fonctionne, on fera les comptes dans cinq ans, au niveau financier comme personnel »

... Un déclic ? Prenons les mêmes et recommençons, en positif !

hub : « Welcome Cyrille, tu verras, c'est un super métier ! Avec des difficultés, c'est vrai, mais heureusement plein de bons moments, à condition de choisir un modèle durable. »

Voir également le sondage : Devenir éleveur : rêve ou désillusion ?

Fabien 53 : « Bienvenue à toi dans le monde des agriculteurs ! Moi, j'y suis depuis cinq ans et je suis toujours là. En ce moment, c'est un peu dur car je modifie mon système pour aller vers plus d'herbe et ce changement coûte cher. La conversion en bio va peut-être suivre, à voir. En tout cas, bonne installation ! »

hub : « Visiblement tu as choisi la voie de l'autonomie, un bon point. »

Maec : « Bravo à toi d'avoir franchi le pas ! Pense d'abord à te rémunérer avant de faire vivre toutes les entreprises au "service" des éleveurs... »

Taxi : « Je te souhaite de réussir. Toutes les installations ne finissent pas en échec heureusement ! On ne m’avait pas donné deux ans et en voilà 11 de faites, comme quoi... Pour autant, il ne faut pas se voiler la face, la situation est fragile dans de nombreuses fermes et pas qu'en France ! »

Toutes les installations ne finissent pas en échec !

Lapin Joyeux : « Vas-y à fond, fais-toi plaisir, l'agriculture est un beau métier ! 30 ans que ça dure pour moi, avec des hauts et des bas bien-sûr mais toujours l'envie de trouver des solutions pour m'en sortir et mieux vivre. Un petit conseil : savoir s'entourer est très important. A+ et bonne route. »

gillesdu01 : « Il faut aller au bout de ses rêves, peu importe la suite, c'est mieux que d'avoir des regrets toute sa vie. Bon courage. »

« Oser faire un métier dont on peut être fiers »

Jmb67 : « Il y a d'autres voies pour l'agriculture : celui qui ose trouvera de l'efficacité. Nous nous sommes convertis en bio après 30 ans de conventionnel. Aujourd'hui, nous sommes toujours à la recherche de nouvelles façons de travailler pour être le plus efficients et autonomes possible. »

titian : « C'est bien le bio, mais objectivement, il n'y aura pas de la place pour tout le monde si on veut une bonne valorisation pour compenser les contraintes. Comme me l'a dit un collègue il n'y a pas longtemps et comme vous le sous-entendez, même si ce constat est triste, il faut toujours garder de l'avance sur la moyenne des agriculteurs pour s'en sortir. »

Jmb67 : « Il faut oser. Notre métier, c'est d'être autonomes et innovants pour ne dépendre de personne, un vrai défi aujourd'hui. »

Notre métier, c'est d'être autonomes et innovants.

tintin : « Nous avons un très beau métier mais attention la passion ne nourrit pas l'estomac ! »

polo : « À une époque comme la nôtre, je dis bravo à tous les agriculteurs. À lire les commentaires, certains sont fiers de leur métier, qui est très dur, d'autant que les requins de financiers ne sont pas tendres... »

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