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Paroles de lecteursÀ quoi bon investir lourdement pour s'installer en bovins lait ?

| par | Terre-net Média

C'est la question que se posent les lecteurs de Web-agri suite à l'étude du CER France sur les investissements des jeunes éleveurs laitiers au moment de l'installation. Car cette profession, selon eux, n'apporte plus aucun revenu ni reconnaissance. « Et pourtant quel beau métier ! »

paroles de lecteurs web agri installation et investissement en production laitiere « Sérieusement, quel jeune aurait encore envie aujourd'hui d'investir une forte somme et de travailler 24 heures/24 toute l'année pour ne rien gagner et être obligé de se battre tous les jours pour avoir simplement le droit d'exister ?? », s'interroge The germs. (©Terre-net Média) 

Jmb67 lance : « Vous croyez qu'il y a de l'avenir en production laitière ? On en reparlera cet hiver !! » 

De l'avenir en production laitière ?

Sam24 ironise : « Est-ce qu'on est le 1er avril ?? De la rentabilité en bovins lait ???? ?! Quand tu ne connais pas à 3 mois ton prix de base... »

The germs s'interroge : « Sérieusement, quel jeune aurait encore envie aujourd'hui d'investir une forte somme et de travailler 24 heures/24 toute l'année pour ne rien gagner et être obligé de se battre tous les jours pour avoir simplement le droit d'exister ?? »

Le lait, rentable ? Une blague du 1er avril ??

Poly renchérit : « La filière laitière saigne et vide les campagnes depuis des décennies et maintenant, elle veut des jeunes éleveurs ! Quelle bonne blague !! » Et rejoint Sam24 : « Fallait publier cet article le 1er avril... »

steph72 revient sur le problème du prix du lait, trop bas pour attirer de nouveaux producteurs et permettre des installations viables en élevage laitier. « (...) Pas besoin de faire des études payées par les éleveurs pour voir que les jeunes ne veulent plus s'installer en lait ! », s'exclame-t-il.

Pas besoin d'études pour voir que les jeunes ne veulent plus s'installer en lait...

« La filière laitière serait-elle inquiète ?, demande Guillaume Hamel. Depuis le temps qu'elle se moque des éleveurs, les jeunes ne veulent plus être sa variable ajustement pour 350 €/mois ! Ils ne veulent plus non plus être tourmenter par des réglementations toujours plus complexes. Et pourtant, il s'agit d'un beau métier ! Il suffirait juste de mieux repartir les marges entre les acteurs pour motiver à s'installer !! »

Des statistiques inutiles

terminé poursuit, plus vindicatif : « (...) Les jeunes agriculteurs demandent un peu plus de temps libre que leurs aînés. Produire du lait en travaillant beaucoup moins et en amortissant une ferme avec du revenu comme un commerce... On ne va pas arriver à transmettre les exploitations agricoles françaises avec cette politique de l'autruche ! (...) Des stats plus débiles les unes que les autres !! (...) On ne prendra décidément jamais les moyens forts, des vrais, pour transmettre l'agriculture française aux générations futures : un réel revenu et de la reconnaissance. La spéculation alimentaire avec des prix très bas et très volatils, la Pac en déliquescence, les agriculteurs ont perdu la totale maîtrise de leurs productions. Aujourd'hui, c'est la soumission, l'esclavage moderne pour nourrir à pas cher les citoyens. Le défi de demain est là : inverser cette tendance sinon l'élevage en perdition sera encore plus une réalité (...). »

Ce qu'il faut : un revenu et de la reconnaissance !

« Le métier de producteur laitier, une bonne image ? », s'étonne vik avant de poursuivre : « (...) Je n'ai pas la langue de bois : c'est la fin de cette profession ! »

titian acquiesce : « C'est tout à fait ça, "le monde d'après", des statistiques encore plus inutiles ! Alors (...) qu'elles nous emmènent davantage dans l'ornière... »

jersiaise appuie : « J'ai été très motivé par le métier d'éleveur mais avec la rémunération toujours plus faible et le fait d'être toujours pris pour un c... (...) Faites donc des statistiques sur nombre de célibataires et de suicides chez les agriculteurs ! Nos enfants ne prendront pas notre place... »

beaucoup d'investissements, de travail et de risque...

Moty n'est « pas en désaccord avec les précédents commentaires » tout en étant « plus modéré ». « 1 °) Ces chiffres d'investissements récents en élevage sont bien réels (même s'ils concernent plus les jeunes que les autres éleveurs laitiers). 2°) Le CER et autres organismes agricoles sont "gérés" par des agriculteurs "élus". 3 °) Pour les mécontents comme moi, il faut quitter tout ce système, odieux, qui favorise l'élimination des producteurs. 4°) Ceci permet de produire moins et d'être un éleveur heureux. »

Aux jeunes d'inventer un nouveau modèle !

tintin estime, lui aussi, « qu'une installation "classique" en lait représente beaucoup d'investissements, de travail et de risque pour une rémunération plus faible que le salaire minimum. De plus, une part importante du revenu des producteurs laitiers provient des aides Pac et vu les orientations prises, il va falloir se serrer la ceinture. Sans parler des retraites agricoles de misère... à 750 €/mois. Tous les parasites qui vivent sur notre dos ont besoin de renouveler leur cheptel de paysans pour continuer à bien vivre. Aux jeunes d'inventer un nouveau modèle où l'agriculteur n'est plus l'esclave du système » ! 

Et d'exploitations à reprendre... pour peu de repreneurs !

Moty revient sur les chiffres qui, selon lui, « (...) n'ont pas bougé depuis 20 ans malgré l'agrandissement des élevages. Les économies d'échelle, on commence à moins en parler ! Bizarre, non ? Eh oui, il y a 20 ans, les grosses structures étaient rarement en difficulté. Aujourd'hui, avec le poids durable de l'investissement, une plus forte proportion de grands troupeaux sont dans une situation délicate. »

Terminé poursuit : « Faut-il que les cédants donnent leur ferme et deviennent des Ovnis (Pour savoir ce que veut dire ce mot, lire : [Paroles de lecteurs] − Main-d'oeuvre : qui sont les Ovni si précieux en bovins lait ?) ? Aujourd'hui, il n'y a que l'embarras du choix en termes d'exploitations à reprendre, et comme il n'y a pas de repreneurs, des milliers sont démembrées. Faut regarder aussi les entreprises en liquidation : plein de belles structures aux normes presque gratuites comme cela, même pas besoin du cédant ! Alors nul besoin d'attendre le bon cédant pour s'installer... (...) J'ai fait faillite et avec les ateliers laitiers qui arrêtent, sur le canton, ce sont des millions de litres de lait en moins, d'autant que d'autres faillites sont en cours ! Quelques projets atypiques sortent leur épingle du jeu, mais on fait quoi de la masse ? Les institutions qui, soi-disant défendent le monde agricole, sont à côté de la plaque et surtout de la réalité du terrain !! Et ils imaginent faire de la publicité pour le métier d'éleveur, le plus beau du monde prétendent-ils... »

Des millions de litres de lait en moins...

Sur Facebook aussi, l'article a suscité de nombreux commentaires, parmi lesquels :

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post facebook paroles de lecteurs investissement en elevage laitier (©Page Facebook de Web-agri) 


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DÉJÀ 5 RÉACTIONS


Moty
Il y a 28 jours
Je comprends bien que en fonction des sols , du climat et de la surface disponible, chaque élevage n'a pas les mêmes couts , y compris en France. Dans le grand Ouest, globalement nous sommes trés favorisés pour la pousse de l'herbe et donc pour le paturage. En montagne et dans certaines zones moins favorisées, les couts de production peuvent être > de + 100€/1000l . En zone AOC , si le prix du lait est mieux payé ( c'est normal ) un vrai cahier des charges et des bons fromages . En zone comté , je pense que le lait est autour de 550€/1000l. Pour les jeunes , à nous de les pousser à voyager et de découvrir pleins de systèmes différents. Je pense qu'il faut globalement lever le pied sur les investissements.
Le petit Eleveur laitier Heureux
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popeye 76
Il y a 27 jours
oui steph si tu manques d'herbe aujourd'hui c'est comme je l'ai dit qu'il faut raisonner systeme:s'adapter au contexte pedo climatique dans chaque region de france c'est adapter le chargement soit en augmentant la surface en herbe au detriment des cultures de vente par ex ou limiter le nombre d'animaux de renouvellement et concernant le prix du lait bio je m'en sort tres bien avec un cout alimentaire de 15 euros du mille l'ete et de 100 euros l'hiver....Je regarde avec tristesse mes voisins conventionnels en quasi hors sol bosser dur pour au final engraisser leurs coops et prelever des salaires de misere et le pire c'est qu'ils ne peuvent sortir du systeme car tenus par les dettes leurs fermes ne leur appartiendra bientot plus.....
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steph72
Il y a 28 jours
Pour faire du l'herbe il faut de l'eau..
2 mois de paturage et il n'y a plus rien dans les prairies..
Meme en etant autonome ,le prix est insuffisant meme en bio;

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Popeye76
Il y a 28 jours
La rentabilite d'un elevage laitier depend du systeme.si vous etes dependant d'une traite robotisee et d'achats d'aliments ,alors il faut mieux une place salariee!dans un systeme econome autonome base sur l'herbe et le paturage avec salle de traite nous vivons tres bien de l'elevage laitier(ma femme et moi)sur 67 ha et 45 vl et nous cherchons meme a installer un jeune en association au vu de la rentabilite acquise grâce à. BIOLAIT!(100000 € EBE PAS D'ACHAT D'ALIMENTS 6000L PAR VACHE 475 EUROS TONNE DE LAIT.
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Seba67
Il y a 29 jours
Déjà tout petit les vaches m ont fasciné et cette fascination à 42 ans est resté intact par contre faire du lait à un prix que l on connaît tous aujourd'hui commence à me donner un dégoût
Travailler toujours plus s agrandir se battre pour une misère cela finira pas bien papa de 2 garçons eux aussi fasciné par la ferme et les vaches bon courage mes fils pour se lancer la dedans
Alors de grâce des articles de la sorte relisez les biens messieurs madames les rédacteurs et si vous êtes suicidaires alors installez vous sur une exploitation laitière
J adore mon métier d éleveur et je N ai pas de tendance suicidaire mais il ne faut pas écrire des c...
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