Lu dans la lettre des agriculteurs de FranceAbolition des soutiens directs : seules 19 % des exploitations agricoles européennes encore rentables

| par | Terre-net Média

La Société des agriculteurs de France souligne cette semaine dans sa lettre quotidienne les résultats d'une étude réalisée par l'Institut de recherche en économie agricole Lei de l'Université néerlandaise de Wageningen portant sur l'impact de la suppression des aides du premier pilier. Dans l'état actuel des choses, il ressort que moins d'un cinquième des exploitations resterait bénéficiaire sans pour autant rémunérer le travail des exploitants.

Une suppression des soutiens directs de la Pac affecterait très lourdement les entreprises agricoles européennes. Seules 19 % d’entre elles pourraient dégager un bénéfice positif net après rémunération de l’agriculteur. A l’inverse, 17 % des entreprises ne parviendraient même pas à dégager un revenu d’exploitation positif. C’est ce que montre une étude réalisée par l’Institut de recherche en économie agricole Lei de l’Université néerlandaise de Wageningen et reprise par la Société des agriculteurs de France (Saf) dans sa lettre hebdomadaire (1).


 Revenu agricole : Impact de la suppression des aides du premier pilier dans l’union européenne.

Légende de la carte : Plus la couleur tend vers le rouge, plus les pertes de revenu
inhérentes à la suppression des aides découplées sont importantes.
L'Espagne, les pays baltes et l'Italie sont moins touchés que la Grande Bretagne ou la Suède. 

Les pays membres de l’Union pourfendeurs de la Pac et de ses soutiens
publics seraient les plus affectés par la suspension des aides découplées !
(© DR)

Le rapport, intitulé « Farm viability in the European Union », est financé par le ministère britannique de l’Agriculture.

Ironie du sort, le Royaume-Uni, avec d’autres pays comme le Danemark et la Suède, sont les plus pénalisés par un tel scénario alors même qu’ils défendent une nette diminution du premier pilier de la Pac.

Toutefois, ce scénario du pire ne prend pas en compte les ajustements de prix du foncier ou de comportement des agriculteurs, qui pourraient découler d’une telle crise.

Selon l’organisation britannique Cla (Country Land & Business Association), avec laquelle la Société des agriculteurs de France entretient des contacts réguliers, cette étude montre les effets « dévastateurs » d’une telle posture. Elle appelle les gouvernements européens à adopter une position constructive pour concilier les soutiens Pac avec la fourniture de sécurité alimentaire et environnementale.

(1) Pour en savoir plus lire La lettre de la Saf sur le site de la Société des agriculteurs de France


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