Rétrospective 2019Une météo éprouvante pour les éleveurs et leurs animaux

| par | Terre-net Média

Dès le mois de février, un ensoleillement record donnait le ton de 2019. Une année marquée jusqu'à fin septembre par un manque de précipitations et des fortes chaleurs dans quasiment toutes les régions, mettant à rude épreuve les éleveurs et leurs animaux. Retour sur les faits météorologiques marquants de cette année 2019 et leurs impacts sur l'élevage.

Retour sur la météo et son impact sur l'élevage en 2019La chaleur et le déficit de précipitations ont marqué une grande partie de l'année 2019. (©Comptes twitter de David Blanchet ; Julien Lep, Stéphane Aurousseau et Facebook Gaec de l'Essart)

Profitant d'un mois de février ensoleillé avec une douceur remarquable voire exceptionnelle, les éleveurs ont avancé leur mise à l'herbe en 2019. En effet, les températures record du mois de février ont favorisé la pousse de l'herbe. Sur Twitter, David, éleveur en Ille-et-Vilaine, lance : « Du jamais vu : ensilage d'herbe en février chez un collègue. L'herbe était trop forte pour attendre avril. » 

Début mars, les semis de printemps étaient aussi bien avancés. Heureusement puisque la météo de ce troisième mois de l'année s'est avérée plutôt agitée ! Un temps plus sec est revenu fin mars lançant ainsi la saison 2019 de fauche d'herbe.

Fin avril, les inquiétudes concernant le manque de précipitations et le faible remplissage des nappes souterraines commençaient à poindre, neuf départements étaient déjà touchés par des restrictions d'eau. La pousse de l'herbe était à l'arrêt dans certains départements.

Début mai, la saison de récolte de l'herbe battait son plein que ce soit en ensilage ou enrubannage. Mais les gelées tardives et même la neige dans quelques régions freinaient la progression des chantiers. Dès la mi-mai, les éleveurs du sud-est et sud-ouest étaient dans les foins puis les autres régions à la fin du mois lors d'un week-end de l'Ascension ensoleillé. Le mois de mai se soldait par des précipitations inférieures de 25 % à la normale.

De longs mois de sécheresse

Avec juin a débuté une longue période marquée par des canicules et un manque criant de précipitations. Si ce temps ensoleillé a permis dans un premier temps aux éleveurs de finir leurs foins sereinement, il a vite suscité de vives inquiétudes. Fin juin, plus de 40 degrés étaient atteints, les éleveurs se sont alors organisés pour limiter le stress thermique de leur troupeau.

Début juillet, les éleveurs de 24 départements étaient autorisés à faucher ou faire pâturer leurs terres en jachère, en raison de la sécheresse. Le pic caniculaire de la fin du mois attisait encore un peu plus les inquiétudes. Les premières photos d'ensilage de maïs sur les réseaux sociaux sont apparues dès le 22 juillet !

Les quelques millimètres tombés début août sur certaines régions n'ont pas enrayé la sécheresse. Au 21 août, les éleveurs de 69 départements étaient autorisés à faucher leurs jachères. Ils partagaient sur les réseaux sociaux leur détresse de voir leurs prairies grillées, leurs récoltes de maïs en baisse ou encore leurs stocks d'hiver déjà bien entamés. Le mois de septembre est resté chaud, plutôt sec et bien ensoleillé. 

L'automne étant arrivé et avec lui, l'heure des bilans. Frédéric Lenglet et Gildas Gedouin, éleveurs bio dans l'Ouest, ont expliqué sur Web-agri leurs stratégies pour s'adapter à la sécheresse. En maïs fourrage, les rendements sont « à la baisse un peu partout, de 30 à 50 % inférieurs à la normale jusqu'à des situations proches de la normale : de 6-7 t à 17-18 t  MS/ha », note Arvalis-Institut du végétal. Quand à Agreste, l'institut révèle que 82 % des régions ont connu une pousse d'herbe déficitaire sur cette campagne.

Retrouvez les témoignages de  :
Frédéric Lenglet et Gildas Gedouin, éleveurs bio : leurs stratégies pour s'adapter à la sécheresse
Nicolas Coudert : « 7 800 € d'indemnisation pour acheter du fourrage, ça aide ! »

Après la sécheresse estivale ayant grandement pénalisé le pâturage, les pluies d'octobre ont permis aux vaches de ressortir et aux éleveurs de souffler enfin. Les semis des céréales se sont cependant déroulés dans des conditions difficiles.

Au final, pour de nombreux départements, 2019 s'est avéré être la deuxième année de sécheresse consécutive. Les yeux sont désormais rivés sur 2020. Selon les premières tendances météo à long terme de MeteoNews, les premiers mois de cette nouvelle année devraient être assez pluvieux, souhaitons-le pour les éleveurs éprouvés par deux années difficiles.

Retrouvez toutes les prévisions météorologiques de vos parcelles en vous connectant sur : Observatoire météo de Web-agri.fr


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