Journée mondiale du lait« Même pas peur d'être éleveur ! »

| par Émilie Durand | Terre-net Média

À l'occasion de la journée mondiale du lait, ce samedi 1er juin, le Cniel, le BTPL et le centre de formation de Poisy ont réalisé un film volontairement positif sur le métier d'éleveur laitier. Il circulera bientôt en région, accompagné d'un débat avec les protagonistes.

film meme pas peur d etre eleveur laitierCe film vise à redonner une image valorisante du métier d’éleveur laitier. (©Cniel, BTPL, Centre d'élevage de Poisy) 

"Même pas peur d’être éleveur !", tel est le titre du film présenté le 28 mai à Paris par le Centre national interprofessionnel de l'économie laitière (Cniel), le Bureau technique de promotion laitière (BTPL) et le centre d'élevage de Poisy, en prévision de la Journée mondiale du lait, le 1er juin. À travers lui, l’objectif des professionnels est, comme le rappelait Thierry Roquefeuil, président du Cniel, de « faire découvrir nos métiers, nos savoir-faire », de susciter le débat et de motiver les jeunes à devenir éleveur. « Même dans nos campagnes, des gens pensent connaître la filière laitière mais en fait, ils la découvrent », soulignait-il.

Via ce film, il s’agit surtout de redonner une image valorisante du métier d’éleveur laitier, « bien dans sa tête et bien dans ses bottes », comme le relevait Marie-Thérèse Bonneau, première vice-présidente de la Fédération nationale des producteurs de lait (FNPL). Et effectivement, les éleveurs filmés prennent des risques mais ils restent conscients de leurs limites. Pauline, Hélène, Patricia, Myriam, Pascal, etc. : tous évoquent leur réflexion stratégique quant à leur organisation de travail, la transmission de leur exploitation ou leurs valeurs.

Écouter l'interview réalisée à propos de ce film au Space 2017 :
« Même pas peur », un documentaire consacré à la passion de l'élevage

Une réflexion stratégique avant l’installation

Pauline, installée en hors cadre familial et dans une région de montagne, aborde avec clairvoyance son entrée dans le Gaec familial de son compagnon : « J’ai des parts dans la société, j’ai le droit de dire ce que je pense », témoigne-t-elle. Elle ajoute : « Notre objectif, c’est de se libérer du temps. » Myriam aborde de son côté une reprise pas si facile, avec l’arrivée du premier enfant, la construction de nouveaux bâtiments et une place à trouver, pour chacun, avec les parents. « Pour elle, vivre sans vache, ce n’était pas possible ! », souligne, avec humour, son compagnon.

presentation film eleveur laitier meme pas peur journee mondiale du laitPrésentation du film le 28 mai, quelques jours avant la journée mondiale du lait, ce samedi 1er juin. (©Émilie Durand) 

De son côté, en partant, obtenir un diplôme universitaire à des kilomètres de la ferme familiale, Hélène a « voulu montrer qu’elle était capable de faire autre chose que d’"être la fille de"». Quelques années plus tard, elle est venue reprendre la ferme de ses parents. Elle gère ses 70 vaches, en plus d’un élevage de poissons d’ornement, avec un apprenti et un salarié.

Entrepreneur ou salarié, une place existe pour chacun

Découvrez le teaser du film, grâce à une vidéo publiée sur Youtube :

À ce titre, la question du salariat en agriculture apparaît à plusieurs reprises dans le film, notamment avec Hermjan et Elke, un couple non issu du milieu agricole, venu des Pays-Bas et installé en France après des visites d’exploitations en Russie, Nouvelle-Zélande, Danemark ou encore Allemagne. Avec un prix du foncier abordable, ils estiment que ce qu'ils ont « réalisé en France », ils n’auraient « pas pu le faire ailleurs ». Avec 220 vaches, 250 ha et quatre enfants, ils arrivent malgré tout à se dégager du temps grâce à leurs quatre salariés. « Il est possible de s’occuper des vaches et de travailler 35 heures par semaine », constate Hermjan au sujet de ses salariés.

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Pascal, 51 ans, a relaté sa troisième installation en lait, avec ses voisins cette fois, toujours en Gaec, après avoir été avec ses parents puis seul. Un projet de méthanisation est en cours ce qui permet d’installer un jeune maraîcher avec lui et probablement de faciliter la transmission de sa ferme.


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DÉJÀ 9 RÉACTIONS


jérémie
Il y a 18 heures
Il faut indiquer aussi que les professionnels de l’élevage sont exposés à risques supérieurs à la moyenne, induisant de nombreux accidents du travail. Il est donc indispensable de prévenir ces situations dangereuses en mettent en œuvre des mesures de formation et de prévention collective et individuelle : La prévention des risques des métiers de l’élevage : http://www.officiel-prevention.com/formation/fiches-metier/detail_dossier_CHSCT.php?rub=89&ssrub=206&dossid=280
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remi
Il y a 17 jours
le titre n est pas bon .le slogan qui serait plus aproprié serait :installez vous en lait pour faire vivre tous les vautours qui graviteront autour de vous .EN contre partie vous travaillerai beaucoup pour un faible salaire
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The germs
Il y a 17 jours
Le titre est plutôt mal choisi, car justement, aujourd'hui, être éleveur, ça fait peur. Entre les structures qui disparaissent, la difficulté au quotidien, les charges qui augmentent, les végans qui s'introduisent partout, les scientifiques et journalistes qui plaident pour la disparition de l'élevage... et j'en passe; il a de quoi avoir peur!!!!
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titian
Il y a 17 jours
Combien a coûter le slogan titre à l'interprofession ?
Franchement difficile aussi de trouver aussi nul !
Pour rebondir sur le post de tintin, si la peur inhibe bien la capacité de réflexion, les certitudes aussi...
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Francis COUSIN
Il y a 18 jours
Et respect à tous les éleveurs...
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MC KINLEY
Il y a 16 jours
Bien dit.
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steph72
Il y a 18 jours
Messieurs du cniel préoccupez vous du prix du lait ,il y aura pas besoin de comm pour inciter les jeunes à s'installer avec un prix du lait rémunérateur.
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Moty
Il y a 17 jours
Complétement en accord avec " tintin " , j'ajouterai que si l'on veut un prix rémunérateur, il faut être capable collectivement de maitriser les volumes de production. En production laitière, je trouve qu'un nombre important d'éleveurs n'incitent pas des jeunes à s'installer . Pour la majorité, ils sont pris dans l'engrenage trop d'investissements , trop de travail, peu de temps libre.
Eleveur depuis 25 ans , j'ai toujours trouvé que la vie était Belle dont 15 ans en couple. Sur une petite ferme, 3 enfants dont 2 ( 17 et 21 ans ) souhaitent s'installer à moyen terme.
Mais il faut effectivement, beaucoup d'autonomie et notamment de l'autonomie décisionnelle. ( chose que le monde agricole à tendance à perdre , en déléguant beaucoup ... )
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tintin
Il y a 18 jours
oui il faut être jeune et ne pas trop s avoir ce qui vous attend...
pourquoi ne pas questionner des éleveurs qui ont 20 ou 30 ans d expérience et leur demander si il
seraient d accord pour recommencer?
moi je serais d accord pour recommencer mais en sachant ce qui se passe derrière le rideau!!!
fini de rouler pour les banques et les coops : faire du lait en toute autonomie...
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