Filière volailleMaintenir les restaurants fermés pendant les fêtes serait « une catastrophe »

| AFP

Le maintien de la fermeture des restaurants pendant les fêtes serait « une catastrophe » pour les producteurs de foie gras, a indiqué mardi à l'AFP Marie-Pierre Pé, directrice du Comité interprofessionnel des palmipèdes à foie gras (CIFOG), alors que l'hypothèse circule et affole plus largement la filière volaille.

Interrogé sur une fermeture des restaurants jusqu'en février pour endiguer l'épidémie de coronavirus, le ministre de l'agriculture Julien Denormandie a botté en touche mardi matin : « c'est au ministre de la santé et au Premier ministre de le dire. »

« On espère pouvoir rouvrir tout le plus vite possible, mais vous voyez comme moi la situation épidémique qui perdure dans le pays », a ajouté Julien Denormandie sur l'antenne de la radio RMC, estimant que « pendant cette période-là, notre rôle, c'est d'accompagner toutes celles et ceux qui sont dans la détresse ». « C'est une catastrophe, si c'est ça », a réagi auprès de l'AFP Mme Pé.

Interrogé également mardi matin sur RMC/BFMTV sur une réouverture des bars et restaurants avant début janvier, le ministre de la santé, Olivier Véran, a expliqué ne pas pouvoir « répondre de façon formelle à cette question, je peux vous dire qu'ils ne rouvriront pas début décembre, ça c'est un fait ».

Pour Mme Pé, la survenue en Corse d'un premier cas d'influenza aviaire est en comparaison un « non-événement ». « Pour nous, l'influenza aviaire, c'est presque un non-événement, tellement on est beaucoup plus mobilisés pour être auprès des consommateurs pour réussir ces fêtes de fin d'année, pour nous, la tracasserie elle est plus là », a-t-elle ajouté.

« Bon an mal an, c'est plus de 50 % (des ventes) qui dépendent de la restauration », a indiqué Mme Pé, dont « 40 % pour le marché français » qui représente plus que jamais l'essentiel des ventes de la filière, qui n'a pas encore regagné les parts de marché perdues à l'exportation lors des dernières épizooties d'influenza aviaire.

Plus inquiets par le coronavirus que par la grippe aviaire

Concernant la propagation de l'épizootie, elle s'est voulue confiante, compte tenu des mesures mises en place ces dernières années pour « très vite circonscrire les mouvements d'animaux » et « alerter très rapidement » grâce à une base de données informatique.

« L'année 2020 va être compliquée car on va devoir adapter notre production par rapport au marché. Une filière responsable ne peut pas avoir trop de volumes par rapport à un marché baissier », a réagi de son côté Benjamin Constant, éleveur dans le Gers et président de l'association gersoise pour la promotion du foie gras et de l'aviculture.

Si par-dessus, l'épizootie d'influenza aviaire « devait déraper, je ne sais pas comment on ferait pour s'en relever », craignait Jonathan Lalondrelle, éleveur de poulets Label Rouge à Vielle-Soubiran (Landes), près de Mont-de-Marsan, et secrétaire général des Jeunes Agriculteurs pour la région Nouvelle-Aquitaine.

« Le Covid est venu donner un dernier coup derrière la tête à cette filière d'excellence. Il faut que les Français nous aident et consomment du canard et que les grandes surfaces mettent en avant nos produits français comme le canard, le foie gras. Car si on continue comme ça, il n'y aura bientôt plus de canard en France », a-t-il conclu.


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