[Témoignage] « Mon projet, mon avenir »Ludovic Marty : « Je fais parrainer mes vaches pour sortir de la crise »

| par | Terre-net Média

Spécialisée en production de veau sous la mère, l'exploitation de Ludovic Marty a été très endommagée par une tempête en 2014, sa première année d'activité. Pour tenter de redresser ses comptes, l'éleveur propose le parrainage de ses vaches aux citoyens afin de financer le renouvellement et l'agrandissement de son troupeau.

Ludovic Marty s'est installé à Revel, en Haute-Garonne, sur l'exploitation familiale: une petite structure de 48 ha et 14 vaches allaitantes en production de veaux sous la mère, Ludovic Marty s'est installé à Revel, en Haute-Garonne, sur l'exploitation familiale : une petite structure de 48 ha et 14 vaches allaitantes en production de veaux sous la mère. (©Ludovic Marty)

« Après mes études agricoles, j’ai souhaité m’installer sur l’exploitation familiale car je ne voulais pas voir disparaître l’élevage de veaux sous la mère. En mars 2014, j’ai donc repris les 48 ha et 14 vaches allaitantes que compte la ferme. La reprise est assez conséquente : outre le rachat de l’exploitation évalué à 150 000 €, il faut remettre le bâtiment d’élevage aux normes et envisager le renouvellement du troupeau vieillissant.

Trois mois après mon installation, ma première année d’activité s’est très sérieusement compliquée. Le 6 juillet 2014, j’ai subi une tempête de grêle qui a détruit entre 80 et 90 % de mes récoltes et une bonne partie des toitures des bâtiments. De quoi faire disparaître en quelques minutes tous mes rêves.

Entre la remise en état des parcelles, l’achat de fourrages pour compenser les pertes de cultures et la partie de remise en état des bâtiments, les pertes induites sont difficiles à évaluer, mais on peut les estimer entre 30 000 et 50 000 €.

Toutes mes économies sont passées dans le manque à gagner subi par la tempête, pour maintenir mon troupeau dans de bonnes conditions. Avec le soutien de ma banque, de l’Etat et de mes parents, je finance ma stabulation. Mais les banques ne me suivent plus pour renouveler et agrandir le cheptel. Or l’idéal serait de passer le troupeau de 14 à 40 vaches en 2018. Il me faudrait donc acheter 25 vaches ou génisses pour un investissement d’environ 30 000 €. Pour m’aider à financer cet agrandissement de troupeau, j’ai eu l’idée de recourir au financement participatif et proposer aux consommateurs de parrainer une vache et son veau.

Créer du lien avec les voisins et les consommateurs

L'ensemble des veaux de la ferme est vendu à une boucherie sur Revel L'ensemble des veaux de la ferme est vendu à une boucherie sur Revel "La ferme du Lauragais". (©Ludovic Marty)Aux consommateurs et citoyens, l’idée était de proposer un lien fort avec les animaux de la ferme en plus de les sensibiliser aux difficultés à maintenir et développer une production de veaux sous la mère. Ma campagne de financement participatif a été lancée au moment du salon de l’agriculture 2017. L’événement m’a permis de médiatiser mon projet. Les journaux locaux, quelques radios et journaux nationaux ont participé à la communication de mon histoire et de ma démarche. A tel point que la campagne de financement a été un réel succès : l’objectif de collecte de 6 000 € - correspondant à 20 % de mes besoins pour acheter des vaches, a été très largement dépassé. J’ai finalement récolté 18 000 € !

Parrainer un animal constitue un engagement solidaire et convivial qui va m’aider à poursuivre mon élevage. Pour les parrains et marraines et leurs enfants, c’est créer un lien fort et sensible avec la vache et son veau, avec la possibilité de découvrir ou redécouvrir une exploitation traditionnelle du Sud-Ouest.

Chaque parrain ou marraine d’un animal peut suivre son actualité via la page Facebook de la ferme, pendant les quatre premiers mois pour les mâles et pendant un an pour les femelles. Il peut aussi choisir son nom. J’ai également proposé des visites de la ferme ainsi que des paniers de produits locaux. J’ai d’ailleurs reçu beaucoup de visiteurs cet été.

Avec un objectif atteint à 300 %, la campagne de financement aidera à financer l’alimentation du troupeau. »

Chaque mois, retrouvez « Mon projet mon avenir » #MPMA, un témoignage réalisé en partenariat avec MiiMOSA , le premier site de financement participatif exclusivement dédié à l’agriculture et à l’alimentation.

Miimosa, premier site de financement participatif exclusivement dédié à l’agriculture et à l’alimentation.

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DÉJÀ 1 RÉACTION


babast50
Il y a 11 jours
C'est une idée très intelligente.En effet le citoyen va se rapprocher du paysan et vis verssa.Un exemple à suivre...
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