[Carte interactive] Industrie laitièreLes leaders laitiers français investissent en masse à l'étranger

| par | Terre-net Média

Selon les chiffres du Cniel, présentés lors de la conférence annuelle sur les marchés mondiaux organisée par l'Institut de l'élevage, les industriels laitiers français ont poursuivi de manière soutenue leur développement à l'international. Après avoir beaucoup investi dans la valorisation des ingrédients secs, ces derniers misent davantage sur les fromages.

Les investissements à l'étranger des principaux transformateurs laitiers français ont été davantage orientés vers la production de fromages.Les investissements à l'étranger des principaux transformateurs laitiers français ont été davantage orientés vers la production de fromages. (©Fotolia)

Alors que la première coopérative laitière française Sodiaal a repris, le 12 mars dernier, « l’activité de réception et de production de l’unité de séchage et le laboratoire » du chinois Synutra sur le site de Carhaix, les autres principaux transformateurs laitiers français – coopératifs ou privés – ont développé « de manière soutenue » leurs investissements hors de nos frontières. Et ce, malgré des chiffres d’affaires stables voire en diminution pour certains.

En Europe d’abord, Agrial a racheté la société allemande Rotkäppchen Peter Jülich Group, spécialisée dans les fromages de vache et de chèvre. Laitnaa, la coopérative de l’Aisne et des Ardennes, a acquis 3 % de la société belge Solarec. Lactalis, qui a racheté l’entreprise allemande Routhier (fabrication de feta en Grèce et distribution de fromages en Allemagne), poursuit lentement le rachat de Parmalat : avec un nouveau chèque de 328 M€ pour 6,18 % des parts, le numéro un mondial du lait détient désormais 95,81 % de l’entreprise italienne.

Lactalis investit aussi en Afrique. Le groupe a racheté Greenland, un groupe fromager égyptien, et l’activité de nutrition infantile de l’entreprise sud-africaine Aspen pour 830 M€. Pour sa part, Savencia, qui détenait déjà 42,5 % des parts, devient co-propriétaire à 50 % de la Société Compagnie fromagère, filiale du groupe tunisien Délice holding.

Des investissements sur tous les continents

Principaux investissements des industriels laitiers français à l'étranger

Passez votre souris sur les logos pour voir les détails. Liste non exhaustive. Source: Cniel

Depuis début 2018, Lactalis et Savencia ont aussi renforcé leur présence en Amérique du Nord et en Amérique du Sud. Aux Etats-Unis, Lactalis a racheté Siggi’s, spécialiste des yaourts de type islandais, pour environ 300 M€. Savencia s’est emparé de Rogue Creamery, un fabricant de pâtes persillées. Au Brésil, Lactalis a investi dans une nouvelle ligne de lait UHT en bouteille. Savencia y a acheté une usine en cours de construction du groupe Calu. Au Québec, Bel construit une fromagerie à Sorel-Tracy. Lactalis a acquis la division canadienne de fromages « naturels » de Kraft Heinz pour plus d’un milliard d’euros !

Lactalis et Savencia ont aussi investi en Asie, notamment en Inde, aux Philippines ou en Malaisie. Savencia et Danone ont aussi construit et mis en service des usines en Russie.

Selon Benoît Rouyer, économiste au Cniel, qui a dressé un panorama non exhaustif de ces investissements lors de la conférence sur les marchés mondiaux du lait organisée par l’Institut de l’élevage, les entreprises s’orientent davantage vers des projets dans le domaine des fromages et, par conséquent, un peu moins vers des projets pour les ingrédients secs.

Une tendance qui vaut aussi pour les investissements en France. L’économiste a recensé une vingtaine de projets dans le domaine des fromages, pour un total avoisinant les 140 M€.

Selon les chiffres du Cniel, Nestlé a vu son chiffre d’affaires encore fortement diminuer en 2018, à 11,4 Mds€ en 2018 contre 12,1 Mds€ l’année précédente et 15,4 Mds€ en 2012. Ceux de Savencia, Bel, Eurial-Agrial et Lactalis sont restés stables – respectivement à 4,9 Mds€, 3,3 Mds€, 2,4 Mds€ et 18,5 Mds€.

Leurs concurrents étrangers ont vu eux aussi leur chiffre d’affaires stagner ou diminuer entre 2017 et 2018.


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DÉJÀ 15 RÉACTIONS


Marius
Il y a 3 jours
L'on voit les coops défendre le producteur français. Elles achètent des fromageries à l'étranger et vont venir inonder le marché français avec ces produits. Le long désastre des coops entrepris continue. Merci chers administrateurs
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Ingalls
Il y a 5 jours
Oui mais dans les structures qui investissent lourdement dans le lait, y'a souvent une majorité des associés qui sont bien plus proches de la fin que du début. Ces gens là vantent leur nouveau confort de travail, ils revivent soi-disant mais quand sonne l'heure de la retraite, ils ne cherchent pas tellement à faire du rabe, ils s'empressent vite de récupérer leurs billes et de quitter le navire en laissant les autres se démerder avec la main d'œuvre à remplacer, qui souvent est longue à trouver (en même temps c'est normal quand on voit la taille des exploitations maintenant, le métier d'eleveur s'apparente plus à de l'esclavage qu'autre chose)
Donc ceux qui investissent, c'est beau uniquement vu de l'extérieur...
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M50
Il y a 5 jours
Chez nous même ceux qui se portent bien financièrement sont dégoûtés. Ils arrêtent le lait soit pour faire des céréales ou du taurillon etc... ceux qui cherchent à loger leurs caravanes et camping car ne vont pas avoir de difficultés... D’autr encore grossissent encore et toujours au plus grand bonheur de l’industriel qui ramasse le lait... les tanks de 16000 à 220000 deviennent une mode! Voyez le travail de mafia .
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prudence
Il y a 6 jours
Ils investissent ailleurs parce qu'il savent très bien qu'en FRANCE ,les charges sont trop élevées et qu'ils sont en train de couper la branche sur laquelle ils sont assis .
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Terminé
Il y a 6 jours
Lactalis à son musée du lait en son siège, maintenant il peut mettre les fermes laitières françaises en musée, chez moi encore deux aujourd'hui en liquidation judiciaire...
Ça va bien l elevage n est-ce pas.. Je pense que web agri vous devriez aussi diffuser chaque jour le nombre d exploitations qui arrêtent, disparaissent chaque jour..
Avoir toutes ces industries en France, on devrait en être fier... Mais là je pense que la situation est carrément dramatique...
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steph72
Il y a 6 jours
Mais quand toute une génération va partir ,il va y avoir un grand vide.
Dans le département les exploitations laitières reprises vont pour faire des cultures .
Les jeunes ne veulent plus de lait,c'est normal on dégouté tout le monde.
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debutant
Il y a 6 jours
Olmer c etait en 2009 c est fini !! par ici se sont les retraites qui portent a bout de bras les fermes .Je pense a un eleveur suite a l emission cash qui me disait que sa coop ne gagnait pas de fric a savoir sodiall .Et que les 300 320 c etait deja pas mal alors que veux tu ........la maman a 65 ans et turbine tjs ....chez nous tout est dehors et nous sommes chez bel heuresement! si non tu peux bien declancher la 3e guerre mondiale qu ils en auront rien a branler .La fnsea a lacher le morceau depuis une pause :methanisation methanisation tu nous sauveras
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titian
Il y a 7 jours
Olmer, c'est juste l'orchestre du Titanic.
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Olmer
Il y a 7 jours
Le problème, c est que les éleveurs laitiers se taisent et continue de produire du lait à gogo, participent aux assemblées générales sans ouvrir leurs gueules,et se precipitent au space pour aller boire un coup aux stand des laiteries.FRANCHEMENT BOUGEZ VOUS LE C...
Portez plainte,engagez des actions pur et dure
ON DOIT VIVRE DE NOTRE MÉTIER !
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debutant
Il y a 7 jours
et pendant ce temps de toutes petite fromagerie familiale se projettent pour payer 400 en prix de base alors que les plus gros emmènent le fric ailleurs
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