Après la fin des quotasLes exploitations laitières resteront des producteurs importants de viande

| par | Terre-net Média

Après la suppression des quotas laitiers en 2015, une bonne partie de l'activité des exploitations laitières spécialisées restera la production de viande. Explications de l'Idele (Institut de l'élevage).

Jeunes bovins charrolais.La fin des quotas ne conduira pas les exploitations laitières à renoncer à élever des vaches allaitantes et à engraisser des bovins viande. (©Terre-net Média.)

Qu'elles soient spécialisées ou mixtes, avec ou sans atelier d’engraissement, les exploitations laitières resteront les principaux producteurs de viande bovine en France après 2015 selon l'Idele. La fin des quotas ne les conduira pas à renoncer à élever des vaches allaitantes et à engraisser des bovins viande. Mais des choix s’imposeront dans certaines exploitations si le fourrage venait à manquer pour nourrir à la fois des vaches laitières et un cheptel de bovins viande.

Au niveau national, la croissance de la production laitière de 16 % d’ici 2020 reposera en partie sur une augmentation de 2,8 % des effectifs d’animaux traits. Cela se traduira par des réformes supplémentaires alors que, dans le même temps, le nombre de vaches allaitantes réformées diminuera de 150.000 environ. 

Par conséquent, il ne faudra pas s’attendre à un afflux de viande bovine sur les marchés, les effectifs d’animaux en moins n’étant pas compensés par ceux en hausse. Et surtout, les livraisons à l’abattoir resteront très dépendantes de la conjoncture laitière : une baisse importante du prix du lait conduira à une décapitalisation immédiate en cheptel.

De nombreux élevages laitiers conserveront un troupeau de vaches allaitantes ou des bandes de jeunes bovins pour diversifier leurs sources de revenus ou pour valoriser des prairies éloignées. Notons aussi que l’engraissement de bandes de taurillons est dorénavant plus rentable en France qu’en Italie.

Des ateliers d'engraissement reconfigurés

L’agrandissement des bâtiments d’élevage pour loger des animaux supplémentaires pourrait aussi constituer un obstacle important à la spécialisation des élevages compte tenu des capitaux à investir. Un éleveur laitier aisé évitera de se lancer dans de nouveaux travaux de modernisation et conservera par conséquent une activité de production de viande bovine. Le seuil de 10 vaches primables pour être éligible aux Pmtva n’est pas, de toute façon, très discriminatoire.

Au final, la production de viande bovine des exploitations laitières après 2015 va surtout être liée à une nouvelle recomposition du cheptel et à leur redéploiement entre les régions d’élevage.

La généralisation du sexage va conduire à l’élevage d’un nombre plus important de génisses que de jeunes bovins mâles (56 % conte 44 %) avec un recul prononcé des croisements industriels. Davantage de veaux laitiers mâles seront alors produits et seront engraissés. Les croisements industriels resteront moins fréquents.

La convergence des aides Pac des éleveurs de veaux de boucherie incitera beaucoup d’entre eux à abandonner leur activité sauf si les intégrateurs les rémunèrent davantage pour compenser leur manque à gagner.

Enfin, l’engraissement de jeunes bovins pourra être préféré au maintien de troupeau allaitant pour des raisons fiscales. Les Dpi (dotations pour investissements) permettent en effet de financer la constitution d’un stock d’animaux et de réduire l’assiette fiscale par rapport à laquelle sont calculés les prélèvements sociaux et fiscaux. Mais les petits ateliers d’engraissement disparaîtront pour laisser la place à des vaches laitières supplémentaires.

Le redéploiement de l’élevage sera aussi constaté à l’échelle des régions. D’après l’Idele, la mixité des troupeaux sera, par exemple, plus fréquente dans l’Est de la France, avec davantage de bœufs et de vaches allaitantes pour pâturer les prairies. Dans l’Ouest, l’engraissement de jeunes bovins reculera puisque les producteurs se spécialiseront davantage.

N.B : Source Idele http://idele.fr/recherche/publication/idelesolr/recommends/conference-grand-angle-viande.html

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