Négociations commercialesLes éleveurs laitiers craignent un écrémage des prix

| AFP

« Il faut l'application de la loi, point ! » Les éleveurs laitiers s'échauffent à l'aube des négociations commerciales annuelles entre les grandes surfaces et leurs fournisseurs, redoutant de faire les frais de la course aux prix bas.

Verre de laitPour la FNPL, les coopératives laitières n'ont pas joué le jeu de la loi Alimentation. (©Pixabay)

Ils refusent que les revalorisations obtenues l'an passé soient effacées à l'issue de ces négociations qui vont se tenir jusqu'à fin février, et établiront les prix des produits mis en rayon en 2021. « On attend de façon très ferme les négociations », a prévenu lors d'une conférence de presse Marie-Thérèse Bonneau, vice-présidente de la Fédération nationale des producteurs de lait (FNPL), association spécialisée de la FNSEA. Le secrétaire général du syndicat, Daniel Perrin, est allé plus loin en laissant planer la menace de manifestations. « S'il faut déconfiner les épandeurs à fumier pour se faire entendre, nous le ferons », a-t-il lancé. Il visait plus particulièrement les coopératives, qui collectent plus de la moitié du lait en France et n'ont selon lui pas joué le jeu de la loi Alimentation, votée il y a deux ans et imposant que les prix tiennent compte des coûts de production.

Le Cniel, l'interprofession laitière qui rassemble producteurs, transformateurs et distributeurs, a estimé que les éleveurs devaient pouvoir se verser l'équivalent de deux Smics mensuels pour vivre correctement de leur métier. « Ce n'est pas un plafond, mais un plancher », fulmine Daniel Perrin. « Il faut l'application de la loi, point ! » peste l'éleveur de Meurthe-et-Moselle.

La FNPL a posé un « ultimatum » au 15 octobre aux coopératives, à charge pour elles de montrer qu'elles respectent la législation. « On n'a pas attendu l'ultimatum de la FNPL pour se mettre en conformité », rétorque auprès de l'AFP Pascal Lebrun, secrétaire général de Coop de France métiers du lait, qui réunit les coopératives laitières.

Évoquant un « faux procès », il concède que les coopératives ont eu jusqu'ici « plus de difficultés » à obtenir des revalorisations, du fait de leur importante implication dans la fourniture de produits vendus sous leur propre marque par la grande distribution (MDD) « qui ont moins bénéficié des hausses que les marques nationales ». « On va repartir au combat » lors des négociations annuelles, promet Pascal Lebrun, également président Agrial, la plus grosse coopérative agricole française.

« Naïvement »

La loi Alimentation visait notamment à sortir d'un effet domino : la guerre des prix entre les acteurs de la distribution les pousse à réclamer des tarifs toujours plus bas auprès de leurs fournisseurs de l'industrie agroalimentaire, qui eux-mêmes achètent à leur tour le moins cher possible la matière première agricole. Y figuraient deux dispositions phares mises en place début 2019 pour une expérimentation de deux ans : l'encadrement des promotions et le relèvement du seuil de revente à perte (SRP), imposant qu'un produit alimentaire soit revendu au moins 10 % plus cher que le prix auquel il a été acheté.

« On a cru naïvement que le relèvement du SRP allait atténuer la rudesse des négociations commerciales », remarque Jean-Michel Yvard, président d'une organisation de producteurs livrant le géant Lactalis dans le Grand Ouest (OPLGO). « Les industriels font pression sur les prix, à nous de savoir nous défendre et nous organiser », poursuit l'éleveur mayennais. L'OPLGO est membre de France OP lait, une association fédérant 20 organisations de producteurs qui entendent pouvoir piloter les volumes de lait mis sur le marché afin de peser sur les prix. 

Selon l'enquête mensuelle de l'organisme FranceAgriMer, le prix standard du lait de vache conventionnel était au mois de juillet 2020 de 326 euros les mille litres, soit 14 euros de moins qu'un an plus tôt. Se posant depuis plusieurs années comme un défenseur des producteurs agricoles français, Lidl France avait défendu, dans le cadre des discussions sur la loi alimentation, le principe d'un prix minimum garanti à l'éleveur. « Je vous garantis que si on augmente de 2 centimes le litre de lait, on n'en vendra pas un litre de moins », soutient auprès de l'AFP son directeur exécutif achats et marketing, Michel Biero.


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DÉJÀ 11 RÉACTIONS


Eric Schneider
Il y a 47 jours
Bonjour,
pour info, nous avons changé de collecteur de lait il y a 1 mois et demi et de laboratoire d'analyses aussi.
Nous avons fini à presque 600000 cellules avec l'ancien labo.
Première analyse avec le nouveau labo : 270000 cellules !!!
Bizarre, non?
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Moty
Il y a 47 jours
En accord , avec vos commentaires : " au debut nous avons des vaches à lait et ensuite nous devenons des vaches à lait " . Lactalis ( Besnier ) engrange bcp d'argent sur notre dos OUI. Mais les grosses coopératives de l'Ouest ne paient pas mieux le lait !!! Y'a comme un problème !!!
En France, le lait mieux rémunéré est celui qui est sous label ( Comté, Beaufort, Bio...) , pour ces creneaux les volumes sont maitrisés , c'est toute la différence avec le lait normal où le volume c'est toujours ++ et par conséquent le prix devient moins moins. Quand j'étais en conventionnel, je me bagarrais toujours avec le directeur de la coop en réunion sur ces notions ( Prix - Volume ) . La majeure partie
de l'assemblée acceptait de produire ++ sans se soucier du prix . Aujourd'hui, il y a des gros degats de fait. C'est pas fini, mais on sent un tournant
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debutant
Il y a 48 jours
cette revolte a existe !!!! L APLI bordel
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Christophe nicolas
Il y a 48 jours
Ce qui est amusant c'est que nous voyons le prix des produits laitiers augmenter dans les GMS au nom de la loi egalim a côté de cela les agriculteurs ne vois rien venir. A qui profite le crime?

Mais il existe un plus gros scandale qui va arriver dans quelques jours ou semaines. Mon véto qui est aussi un spécialiste en qualité du lait a découvert et prouver que le lait tarage français n'est pas bon en cellules. Où autrement dis quand votre centre d'analyse du lait (urcil en Bretagne) vous annonce que votre lait est a 300 000 cellules ce n'est pas vrai, vous avez beaucoup moins de cellules. Ce qui veut dire qu'aujourd'hui vous êtes pénalisé de façon injuste. Cela n'est pas la faute de ceux qui collecte votre lait ou de la société qui l'analyse mais la faute de l'entreprise qui fournit le lait de tarage en France. Le pire dans cette histoire c'est que le responsable du lait de tarage c'est que son lait n'est pas bon depuis 2008. Cela fait donc 12ans que les agriculteurs sont injustement pénalisé mais pour l'entreprise en charge du lait de tarage et le cniel il n'y a pas de problème
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Popeye76
Il y a 48 jours
Les industriels comme la grande distribution ne visent le profit qu'a court terme...les cessations(76% des exploitations d'elevage ont disparu entre 1988 et 2016)consequence les plus petits arretent ,les plus gros en font toujours plus a grand renfort de surrendetement et finissent sur la paille depossedes de leur moyen de production...fin de l'histoire...si vous voulez dresser vos coops commencez par ne plus rien leur acheter jusqu'a obtenir un prix remunerateur pour votre lait et vos animaux car c'est le meilleur moyen de pression!!!soyez forts ne vous soumettez plus!
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Olmer
Il y a 49 jours
Tu n es pas le seul.
Il faut mettre un terme à toutes ces racailles de coops, interprofessions et autres qui nous sucent jusqu'à l os!!!!!
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Jeje 24
Il y a 48 jours
Tout a fait raison a quand la révolution des éleveurs laitiers .nous sommes des vrais vaches à lait et maintenant en plus ont vas nous parlé du référendum sur le bien-être animal vaste fumisterie .les gars ont se réveillera trop tard ils nous bouffent.
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Gerard
Il y a 48 jours
N'y a t'il pas déjà un problème quand on voit celui qui doit défendre les producteurs, manger dans 2 auges... je ne sais comment on peut faire confiance. Dire il faut augmenter le prix quand il est avec les agris , et baisser le prix pour rassurer les financiers! Mais ils sont élus, donc dans le monde agricole , il y a plus de brebis galeuses que certains pensent. Tout le problème agricol depuis plusieures décennies. A suivre,... mais il n'y aura bientôt plus d'agriculture. En France on a une capacité énorme, ... a tout détruire .
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Daniel GOUEZ
Il y a 48 jours
Moi je pense pareil que toi. Au début de mon installation en 1986 le prix plancher pour un veau c'était 1000 francs soit 150€.A cette époque on vivait correctement. Ce n'est plus le cas aujourd'hui !!!
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Jc
Il y a 48 jours
Cela fait plus de trente années qu'on nous mène en bateau depuis qu on a laissé collecteurs effectués les factures du prix du lait de la viande nos chers syndicats ne peuvent rien car tu parle de trop tu te fais lynchée nous sommes rendus dans une dictature générale exemple du covid
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