Impact du Covid-19Les coop et négoces craignent pour la trésorerie des agriculteurs

| par | Terre-net Média

Pour les coopératives et négoces, le confinement et, plus largement, la pandémie a généré des difficultés supplémentaires pour un volume d'activité relativement similaire à l'année passée. La majorité s'inquiète notamment de la solidité économique des agriculteurs et du risque de défaut de trésorerie de ces derniers.

CamionsLes coopératives et les négoces redoutent des difficultés de trésorerie chez les agriculteurs suite à la crise sanitaire. (©Terre-net Média)

Une enquête réalisée pendant le confinement auprès de 40 dirigeants de structures coopératives ou de négoces (représentatives de la diversité des structures françaises) par l'institut d'études IDDEM et le cabinet de conseil Decid & Risk, met en évidence les principales difficultés liées à la pandémie de Covid-19 sur la distribution agricole.

Pour un volume d’activité considéré comme relativement équivalent à celui de 2019 à la même période, 83 % des répondants estiment avoir des difficultés pour travailler par rapport à l’année passée. Si l’ensemble des fonctions de l’entreprise sont touchées, certaines sont plus problématiques. En premier lieu, les aspects administratifs et financiers sont cause de difficulté pour 68 % des entreprises, à égalité avec les relations et le suivi clients sur le terrain, suivis par la logistique (approvisionnement et collecte), dont le fonctionnement a été entravé pour 65 % des entreprises.

À noter que les situations diffèrent en fonction du type d’activité des clients : les entreprises dont les clients sont en cultures pérennes ou en maraîchage rencontrent plus de difficultés que les autres, les entreprises dont les clients sont éleveurs déclarent rencontrer moyennement des difficultés, tandis que celles en zone de grandes cultures sont globalement moins touchées par les difficultés. Ces dernières sont principalement touchées par des problématiques logistiques sur les achats. Très peu d’entreprises ont mentionné avoir rencontré des difficultés concernant l’organisation du travail de production.

Une inquiétude principale : le règlement des factures par les clients

Si les entreprises continuent d’identifier la gestion administrative comme un facteur de difficulté dans un futur proche, notamment à cause de nouvelles modalités organisationnelles, les répondants prévoient surtout d’importantes difficultés de trésorerie des agriculteurs, avec des répercussions sur leur propre structure. 71 % des sondés estiment ainsi qu’après la crise, la solidité économique des agriculteurs sera moins bonne qu’avant, pour 29 % qui estiment qu’elle sera identique. Les proportions sont, à peu de choses près, similaires concernant leur vision de la solidité économique des distributeurs.

C’est en zone d’élevage et de cultures pérennes (et surtout sans doute en viticulture) que les entreprises de la distribution agricole craignent le plus des défauts de trésorerie de leurs clients agriculteurs et les problèmes de main d’œuvre, indiquent par ailleurs les auteurs de l’étude.

En revanche, les répondants considèrent de façon homogène que l’image de l’agriculture sera améliorée auprès du grand public (à 74 %) et des politiques (pour 51 % des répondants). Quant au retour à une activité économique normale, 40 % des répondants misent sur l’automne.

D'après l'un des derniers sondages réalisés sur Terre-net.fr, le coronavirus ne devrait pas forcément impacter à la baisse les intentions d'investissements des agriculteurs pour 2020.

Lire > Santé économique des exploitations : le coronavirus ne plombe pas davantage les intentions d'investissements

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DÉJÀ 3 RÉACTIONS


suzanne
Il y a 134 jours
Les cooperatives et les negoces peinent beaucoup a nous regler des justes prix pour nos productions souvent pas de complements de prix en juin par exemple recolte de sorgho en 2019 115 euros honte !
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Fgreg16
Il y a 135 jours
Ils y contribuent très fortement à la perte de trésorerie en ne payant pas nos produits et en augmentant sans cesse les intrants. De plus les compléments de prix arrivent un an après la récolte maintenant. Ils vivent tous bien sur notre dos. Si nous étions tous rémunérés à la goutte de sueur bcp de ces gens qui travaillent dans ces structures n'aurai pas grand chose à la fin du mois
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maxens
Il y a 136 jours
Pas dur, les coop et les négoces n'ont qu'à mieux rémunérer au lieu de se constituer des bas de laines, ou d'investir à l'étranger ou encore au lieu d'embaucher des gratte papiers déconnecter du terrain...
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