Contractualisation laitièreLes banques apprennent à travailler avec la fin des quotas

| par | Terre-net Média

« Pour le moment, nous n'exigeons pas des porteurs de projets la présentation de contrats signés avec des clauses particulières », explique Sébastien Baudelet, responsable du marché de l'agriculture au crédit mutuel Océan.

La restructuration de la production laitière se poursuivra
La restructuration de la production laitière se poursuivra
tout au long des dix prochaines années. (© Terre-net Média)

Selon Sébastien Baudelet, responsable du marché de l’agriculture au crédit mutuel Océan, la contractualisation est comme pour les quotas l’assurance d’un débouché. Et pour les projets à financer d’ici 2015 et après, ce sont les références actuelles qui sont prises en compte car personne ne peut savoir dans quelle mesure de nouvelles allocations seront attribuées.
Mais pas de panique. Même si certains industriels font pression pour regrouper la production, ils auront dans tous les cas besoin de lait pour faire fonctionner leurs usines. Par ailleurs des décisions politiques et professionnelles pourront limiter les concentrations.
Enfin, les enjeux environnementaux réduiront la course à l’agrandissement.

Les projets d’installation et d’agrandissement seront établis par rapport à l’existant en prenant en compte une marge de sécurité (variation de prix de vente et des intrants). Ils intégreront les prêts qui restent à rembourser (mises aux normes, bâtiments), quitte à les étaler au cas par cas si nécessaire.

« Pour le moment, nous n’exigeons pas des porteurs de projets, la présentation de contrats signés avec des clauses particulières », explique Sébastien Baudelet : « Nous faisons confiance aux professionnels aux faits des négociations pour que les contrats ne contiennent pas des clauses restrictives notamment en matière de cessibilité ».

Le nord de l’Europe davantage pénalisé

Les éleveurs nord européens craignent plus la fin des quotas que les français, et c’est pour eux qu’une période de transition a été instaurée. Aux Pays Bas ou au Danemark, les éleveurs doivent intégrer dans leur bilan la dépréciation de leurs actifs incorporels, composés essentiellement des quotas, que certains continuent à financer.

« Mais si en production laitière, comme dans les autres secteurs de production, les incertitudes restent importantes, nous constatons une réelle prise de conscience des agriculteurs qui, à la lumière des années difficiles, raisonnent leurs projets avec plus de prudence. Ils ont désormais intégré que la volatilité des prix fait partie intégrante de leur métier ».

Les actifs n’ont donc aucune raison d’être dévalués si l’outil de production est viable. Sur le foncier non plus, nous n’attendons pas d’incidence particulière de la réforme de la Pac, car ce sera d’abord la conjoncture économique en général, la pression urbaine ou les normes environnementales (plans d’épandage) qui influenceront les prix.

 


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