Paroles de lecteursLes animaux sont-ils heureux dans la ferme des 1 000 vaches ?

| par | Terre-net Média

Certains lecteurs de Web-agri répondent "non" sans appel. Comment voulez-vous que des vaches qui ne sortent jamais et ne pâturent pas soient heureuses ? D'autres rétorquent qu'il vaut mieux être dans un bâtiment que dans la boue, sous la pluie... Au-delà des conditions de pâturage, vos commentaires posent la question du modèle d'élevage que la France, et notamment les consommateurs, souhaitent pour l'avenir. Le respect du bien-être animal est essentiel, mais celui de l'éleveur l'est tout autant, comme la préservation de son revenu et de la compétitivité de la filière laitière française vis-à-vis des autres pays.

michel welter ferme des 1 000 vaches « Ces vaches me font penser à la téléréalité, vous savez ces émissions où les gens sont enfermés », déclare Vik.(©Terre-net Média) 

MDR : « L'usine des 1000 vaches, symbole de la surproduction qui casse les prix au détriment des petits éleveurs ! »

Steph72 : « Quel intérêt un article comme ça ? La promotion des grands élevages où les vaches ne savent pas que c'est que brouter de l'herbe ? Web-agri nous fait encore l'apologie de ces usines à lait où la vache, qui est pourtant un ruminant, ne pâture jamais. »

Titian : « Quel intérêt Steph ? Celui de normaliser dans la tête de nos concitoyens le concept "dairy uber" des méga fermes d'investisseurs... »

Steph72 : « C'est tout sauf du développement durable. Il faut apporter à manger, transporter davantage de lisier, d'où plus de GNR consommé. Au niveau bilan carbone, il y a mieux. Quant à la biodiversité... »

Vik : « Vous savez à quoi ça me fait penser ces vaches de l'avenir ? À la téléréalité, vous savez les émissions où les gens sont enfermés... Je voudrais aussi savoir quelle est la quantité d'antibiotiques utilisée sur une année. »

Steph72 : « Des vaches toute l'année sur du béton et du lisier, ce n'est pas ce qu'il y a de mieux pour leur santé. Après trois mois d'hiver en stabulation, elles n'attendent qu'une chose : aller dehors au grand air. »

Kissot16 : « Mes vaches ont accès au pâturage 10 mois par an et jamais de parage des pieds ! Le nombre d'animaux est adapté aux hectares pâturables. Ce n'est que du bon sens. Et c'est rentable... »

Solar farmer : « Ils ont de la pluie 365 jours sur 365 peut-être ? Je suis en système logettes lisier et je peux vous dire que les vaches ne se font pas prier pour sortir en pâture. Il vaut mieux se mettre sur le côté à l'ouverture du portail ! On ne va pas tout faire gober aux consommateurs tout de même... »

Patrick : « Il pleut tous les jours, ce doit être un micro secteur vraiment désavantagé... Partout en France, les pâtures ne sont pas gorgées d'eau pendant au moins six mois, voire huit. Autant profiter de cette période pour avoir une conduite saine et économique, qui garantit un revenu correct aux éleveurs sachant travailler avec la nature. Au lieu de panser, alimenter, nettoyer, ils voient les vaches dans les champs, qui respirent, vivent... Ils ne sont pas contraints d'augmenter sans cesse la taille du troupeau pour gagner de moins en moins... »

Lebonmayennais : « Avec des gaillards comme ça, 98 % des gens vont devenir vegans ! »

Titian : « Certes le pâturage n'est évidemment pas la panacée par tous les temps, il n'en demeure pas moins que ce modèle d'exploitation ne fait pas envie aux consommateurs. Pire, il étaye l'argumentaire des écolos et vegans anti-élevage. »

Jbc7088 : « Les bêtes sont en bonne santé ? Nombre moyen de lactations sur l’exploitation : 2,5 actuellement. Une vache peut vivre 20 ans ! »

Lolo : « En 27 ans de carrière, je n'ai vu qu'une seule vache atteindre 13 ans et 10 lactations (130 000 l produits en tout). Mais comme je m'attache aux plus sympas, j'essaie de les garder un maximum de temps. Résultat : au bout de 6 ou 7 lactations, c'est l'accident et l'équarrissage. J'aimerais savoir ce que jbc7088 fait comme métier parce nous ne réformons pas nos vaches par plaisir, mais par nécessité économique. »

Oups : « Jbc7088 est un sacré rigolo ! Les humains peuvent vivre jusqu'à 122 ans, comme Jeanne Calment, mais ce n'est pas pour ça que tout le monde vit jusqu'à cet âge ! »

« Pendant ce temps-là, les Belges, Hollandais et autres Danois produisent plus, pour gagner plus... »

Tomy : « Des choses intéressantes sont dites dans ces propos. Mais, ce chef d'entreprise connaît la communication. Deux points me paraissent bien détournés. Premièrement, le pâturage : on nous dit "les vaches mangent de l'herbe", mais sous quelle forme ? D'après mes calculs, le maïs, ensilage je suppose, et le soja sont prédominants dans leur ration. Deuxièmement, le béton : oui, les VL sont 100 % sur le béton quand elles marchent. Leur bien-être doit être limité. Je ne voudrais pas boire ce lait ! Deux choses ne sont pas précisées non plus. Combien d'équivalents temps plein représentent les 20 salariés ? On peut supposer qu'il n'y a pas de salariés détachés ? Quelles sont leurs conditions de travail ? Quant aux remboursements d'emprunts, y en a-t-il ? Le parapluie de 10 000 m² est-il tombé du ciel ? On peut le penser vu que le propriétaire était un grand nom du TP. Dernière remarque : ce modèle d'exploitation n'est sûrement pas bon concernant le bilan carbone, hors méthanisation évidemment. Et est-il rentable ? Une structure de cette taille peut-elle voir le jour sans apport financier conséquent ? En outre, je remarque que dans le Grand Ouest, la majorité des gros élevages laitiers ont des difficultés sociales, d'organisation ou financières. Quelles structures laitières veut-on demain ? Si c'est des fermes comme ça avec des salariés (polonais ou non) et un financement par la grande distribution, 90 % des élevages sont amenés à disparaître. »

XS : « Depuis quand le béton a un impact sur le goût du lait ? On est tellement endoctriné dans cette société anti-production que même les plus grosses con... peuvent être écrites. Pendant ce temps-là, les Belges, Hollandais et autres Danois produisent plus, pour gagner plus... »

Steph72 : « Ces élevages ne sont pas rentables sans méthanisation. Il faut arrêter de croire que ces usines à lait sont compétitives, c'est un mythe ! En Allemagne, où il y a beaucoup de gros élevages, le prix de revient du lait est de 410 €/t. »

Patrice Brachet : « Je ne pense pas que les vaches soient plus malheureuses qu'ailleurs. Par contre, des animaux dehors dans la boue sous la pluie avec des râteliers vides... Ouvrez donc, un jour de pluie, la véranda d'un hôtel confortable, où la nourriture est excellente ! »

Oups : « Arrêtez d'être médisants comme cela ! Les vaches sont certainement plus heureuses dans cet élevage que dans beaucoup de petits structures même bio. Sortir les animaux presque toute l'année dans des parcelles boueuses, y a mieux niveau bien-être animal. J'ai 50 vaches laitières. Je n'ai rien contre les grands ateliers, ni contre les petits. Il y a de la place pour tous les systèmes ! »

Titian : « Le bien être animal, c'est bien, mais quand est-il des risques de troubles musculo-squelettiques pour les trayeurs ? »

« LA TAILLE DES ÉLEVAGES N'A RIEN À VOIR AVEC LE BIEN-ÊTRE ANIMAL »

XS : « Tout à fait d'accord, la taille n'a rien à voir avec le confort animal. Je ne comprends même pas comment on peut se poser la question. Quel intérêt un élevage de cette taille aurait-il à négliger le confort des vaches ? Pour perdre de l'argent ? Ce n'est pas le but je pense. »

Patrice Brachet : « Ce n'est pas une question de nombre mais de bien-être animal. Si les règles les plus fondamentales sont respectées, ça doit marcher, n'en déplaise à tous ceux qui vantent les vaches à l'herbe. Je peux vous prouver qu'avec une alimentation à base de méteil, même avec 40 degrés, les vaches ne tirent pas la langue. Si vous ne me croyez pas, renseignez-vous, cela s’appelle l'agro-écologie. On soigne aussi le sol pour avoir des prairies saines, avec une bonne valeur alimentaire. »

Patrick : « Que de clichés ! Il y a des animaux mal conduits dans tous les systèmes, y compris et surtout en intensif, car quelle que soit la conduite, un animal négligé et mal alimenté est toujours mieux à l'extérieur que cloîtré dans un bâtiment inconfortable. Cependant, il est clair qu'en intensif, cela ne dure pas longtemps, car les coûts dépassent rapidement les recettes. »

Lolo : « Allez visiter au lieu de dire des bêtises.
1. Les vaches sont calmes et en bonne santé et M. Welter paraît connaître son affaire. Mais je ne le trouve pas très sympa surtout quand il parle des salariés qui sont là pour travailler et la fermer.
2. Les animaux sont soi-disant dopés aux antibiotiques. Regardez le prix chez les vétos et vous comprendrez qu'on ne les utilise que si nécessaire. 
3. J'ai 56 ans et 27 ans de production laitière derrière moi. Si je trouvais des associés motivés je préfèrerais traire dans une grande structure pour pouvoir avoir une vie à côté. »

Tom : « Un débat qui revient sans cesse sur le tapis. En Europe, des troupeaux de 2 000 à 3 000 VL existent. Et pendant ce temps-là, l'agriculture française perd des parts de marché, régulièrement... »

Éric : « Si ce projet n'était pas viable sur le plan économique ou agronomique, il ne serait pas né. Le problème est ailleurs : la société française semble ne pas vouloir ce modèle pour des raisons environnementales, éthiques, sociales, voire romantiques, et préfère des exploitations "à taille humaine". Un refus du gigantisme (tout relatif !) qu'elle voudrait laisser aux pays voisins ou aux autres parties du monde. Cette vision est tenable tant que la société, via l'aval des filières et notamment les consommateurs, assume ces choix par des débouchés spécifiques et un prix correct payé à ces petites structures familiales qu'elle prétend vouloir maintenir. Si tout vient à se résumer "au marché mondial", l'agriculture familiale, telle qu'on l'a connue, risque bien de se réduire encore plus et les fermes de 1000 vaches et plus de se multiplier. »


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DÉJÀ 15 RÉACTIONS


The germs
Il y a 10 jours
On se focalise beaucoup sur ces méga structures, supposées affaiblir les plus petits, mais on oublie trop souvent de rappeler que la péréniter de nos exploitations se trouve chez nous!! Aujourd'hui, quand on voit que les marges brutes en lait vont du simple au triple, entre les moins bon et les meilleurs, ça n'est pas normal. Et qu'importe la taille de l'exploitation... d'ailleur, l'augmentation des troupeaux ne rimes par forcément avec meilleurs marges.
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stivi
Il y a 14 jours
regarder l amour dans les prés chaque année il y a 2-3 fermes ou c est la honte a ne pas montrer...
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PATRICE BRACHET
Il y a 5 jours
Je suis pas spécialiste en tout sauf en bêtises mais pour info une prairie toujours pâturée est un sacré problème quand on est en zone vulnérable c’est là que l on trouve le plus de nitrates avant fertilisation minérale ( dernière normes zone vulnérable) après la pâture reste la pâture quand on peut
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steph72
Il y a 8 jours
Je parle des prairies qui stockent plus de carbone que des cultures meme avec des intercultures.
Le paturage fait des economies d'energie (.pas de nourriture à l'auge,moins de fumier à epandre et transporter,moins de paille....)
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PATRICE BRACHET
Il y a 8 jours
Monsieur Steph si vous ne labourez pas oui sinon le bas carbone attention vous stockez 5 fois moins de carbone en labourant qu en tcs et si vos terres ne sont pas couvertes en inter culture il y a beaucoup de chance que vous ne soyez pas bon c est très complexe
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PATRICE BRACHET
Il y a 13 jours
Il n y’a pas de charge contre le glyphosate simplement des essais très concluants tout ça Pour dire à Monsieur Massol que les éleveurs avec grand troupeau s ils appliquent certaines règles très strictes peuvent avoir les mêmes qualités de lait que leur collègues avec que de l herbe je n impose rien a personne je décris mais y’a marre des a bas les grands troupeaux vive l herbe donc je provoque mais pour info j ai reçu mon analyse de lait le rapport oméga 6 sur 3 :3,46 !donc on peut faire avec les vaches à l étable mais avec une certaine alimentation
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titian
Il y a 13 jours
Mr Brachet ça a quoi à voir la charge sur le glypho avec l'article ?
Parce que il faut être sérieux le semis direct sous couvert dans la durée avec de la pertinence économique sans cet herbicide ou sans retour à la gratouille, je demande à voir !
Aucuns précurseur de la technique en France, hors vendeurs d'agriculture de conversation n'a cette prétention.
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steph72
Il y a 8 jours
Question bilan carbone et biodiversité ,vous avouerez que c'est le paturage le plus econome,peu d'energie fossile.
Moins de fumier et de bouffe à transporter....
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PATRICE BRACHET
Il y a 14 jours
Monsieur Massol vous pouvez nous fournir une analyse de lait comme vous la décrivez ? Moi oui dans quelques jours je l ai faite faire par un laboratoire indépendant et j attend le résultat avec impatience car mes vaches sont toute l année dedans avec 50% de surface non couverte Elles ont du méteil et du maïs un peu de colza non ogm je pratique l agro écologie et pour vous prouver que je suis proche de la nature j affirme qu en inter culture l on peut se passer de glyphosate simplement en implantant certaines plantes !
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Massol
Il y a 14 jours
Au Danemark ,ils sont passé de 9000€ d'endettement par vache à 12000,de plus les caillebotis vont être interdit ,il en est aussi question en Europe .les banques appliquent des taux d'intérêts en fonction de la vulnérabilité .en 2016 les plus vulnérables ont emprunté à un taux de 8% quant en France on emprunte à 1% .cote zootechnique il y a une grosse différence entre la qualité fine d'un lait selon le mode d'élevage (en oméga ,riboflavine ,qualités des acides aminés ...) la c'est énorme la différence ,le seul point commun c'est la couleur et encore .Et enfin on connais aujourd'hui l'importance du microbiote sur notre santé et l'importance de notre alimentation sur ce dernier.pour finir je vous direz que le collectivisation néo libérale n'aura pas plus de succès que la collectivisation communiste .a bon entendeur salut
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