OMC/agricultureLes adversaires des subventions tirent les premiers

| AFP

CANCUN (Mexique), 10 sept (AFP) - Les pays hostiles aux subventions agricoles menacent de bloquer la conférence de l'Organisation Mondiale du Commerce (OMC) à Cancun (Mexique), rejetant le projet de déclaration finale qui fait selon eux la part trop belle à l'Europe et aux Etats-Unis.

"S'il n'y a pas de progrès sur l'agriculture, il n'y a pas de progrès sur Doha et il n'y aura pas de progrès à Cancun", a averti le ministre brésilien de l'Agriculture, Roberto Rodrigues, avant l'ouverture de la conférence mercredi. Le Brésil s'est réuni mardi avec les 16 autres pays du Groupe de Cairns, qui rassemble les grands exportateurs de produits agricoles.

La 5ème réunion ministérielle de l'OMC doit relancer le cycle de négociations multilatérales décidé en novembre 2001 à Doha, la capitale du Qatar. A l'époque, les pays riches avaient accepté le principe d'ouvrir davantage leurs marchés aux produits agricoles des pays en développement et plus spécifiquement d'arriver progressivement au "retrait total" des exportations subventionnées.

"Le Groupe de Cairns ne sacrifiera pas les ambitions de Doha simplement pour obtenir un compromis rapide qui ne tiendrait pas compte de nos ambitions", a déclaré le ministre australien du Commerce, Mark Vaile. Selon lui, un accord sur l'agriculture est un préalable indispensable à la réussite de la conférence sur l'ensemble des sujets.

La conférence va travailler sur la base d'un projet de déclaration finale présenté par le directeur général de l'OMC, Supachai Panitchpakdi, et le président du conseil général, Carlos Perez del Castillo, basé largement sur un accord euro-américain obtenu à la mi-août. Les Etats-Unis et l'UE avaient alors proposé d'éliminer progressivement les subventions aux exportations, mais seulement pour certains produits cruciaux pour les économies en développement.

Mais 21 pays en développement (G21), dont plusieurs font aussi partie du groupe de Cairns, exigent que la conférence prenne également en considération un texte qu'ils ont déposé une semaine après l'accord euro-américain et qui réclame la fin des subventions agricoles des pays riches.

Les 21 pays, parmi lesquels des poids lourds comme la Chine, l'Inde, le Brésil, le Mexique ou l'Afrique du Sud, revendiquent plus de la moitié de la population mondiale et 65% de la population active agricole de la planète. "La conférence ne réussira que si les besoins des pays en développement sont pleinement pris en considération", a prévenu le ministre chinois de l'Agriculture, Du Qinglin.

Plus modéré, le Canada, seul pays du Groupe de Cairns à faire partie du G7, a indiqué par la voix de son ministre de l'Agriculture, Lyle Vanclief, qu'il chercherait à "obtenir l'élimination de toutes les formes de subventions à l'exportation dès que possible". Sergio Marchi, ambassadeur du Canada à l'OMC, a convenu que le projet de texte final "est une base de discussions".

Cible principale des pays en développement, l'Union européenne maintient ses positions. Le commissaire au Commerce, Pascal Lamy, a indiqué mardi qu'il attendait que les pays en développement lui soumettent une liste des produits pour lesquels ils souhaitent la disparition des aides à l'export.

Quant au représentant américain pour le Commerce, Robert Zoellick, il a estimé que le projet de déclaration finale était une bonne base de départ, jugeant "difficile" de faire travailler ensemble les 146 pays membres.



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