Revenus des exploitations laitières 2015Un résultat divisé par deux, sauf en zone AOP

| par | Terre-net Média

La chute de revenu des exploitations laitières entre 2014 et 2015 est douloureuse, et les perspectives pour 2016 ne sont guère réjouissantes. Inosys Réseaux d'élevage et l'Institut de l'élevage ont évalué les revenus de six principaux types de fermes laitières ou mixtes avec des bovins viande ou des céréales.

Seul le lait transfromé en Comté ou tommes et Reblochon de Savoir semble capable de nourrir son homme. Seul le lait transformé en Comté, Tomme et Reblochon de Savoie semble capable de nourrir son homme. En plaine, un quart des exploitations spécialisées ont des revenus négatifs. (©Terre-net Média)

Pour la plupart des éleveurs laitiers, le revenu agricole a été divisé par deux entre 2014 et 2015. En se basant sur un échantillon de 311 exploitations laitières françaises, Inosys Réseaux d’élevage, animé par les Chambres d’agriculture et l’Institut de l’élevage, parvient à décrire le revenu annuel réellement perçu par les exploitants.

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La baisse du prix du lait est bien évidemment le premier facteur explicatif, mais pas seulement. La conjoncture défavorable a été amplifiée par la sécheresse. Hormis dans les zones défavorisées de montagne, la baisse des aides Pac contribue aussi à cette situation. Selon l’Institut de l’élevage, les baisses de charges (prix des concentrés et de l’énergie…) n’ont eu qu’un impact très limité sur les résultats 2015. Ces mauvais résultats fragilisent une large proportion des exploitations laitières. Les exploitations en croissance (nouveaux investissements…) sont les plus affectées.

Estimation des résultats courants avant impôts et cotisations sociales (RCAI) des principaux systèmes d’élevage bovins lait en 2015.Estimation des résultats courants avant impôts et cotisations sociales (RCAI) des principaux systèmes d’élevage bovins lait en 2015. (©Geb-Institut de l'élevage d'après Réseaux d'élevage)

16 200 €/UMO en plaine

Les Réseaux d’élevage dressent un portrait alarmant pour les exploitations en lait spécialisé de plaine (grand Ouest, Nord-PDC, Lorraine, piémont pyrénéen) dont le revenu est divisé par deux. Ainsi pour une exploitation de 1,9 UMO exploitant, avec 78 vaches/582 000 litres vendus et 105 ha dont 78 ha de surface fourragère (SFP), le résultat économique entre 2014 et 2015 chute de 18 200 €. Le résultat courant avant impôts et cotisations sociales (RCAI) passe de 34 500 €/UMO en 2014 (32 400 € en 2013) à seulement 16 200 €/UMO en 2015. Il était de 19 100 €/UMO l’année de la crise de 2009. D’après l’Institut de l’élevage, le quart des exploitations de plaine présentent des revenus négatifs en 2015.

Résultat courant avant impôts et cotisations sociales (RCAI)/UMO exploitant en lait spécialisé de plaine.Résultat courant avant impôts et cotisations sociales (RCAI)/UMO exploitant en lait spécialisé de plaine. (©Geb-Institut de l'élevage d'après Réseaux d'élevage)

Cette crise se fait aussi durement ressentir dans les systèmes mixtes lait-viande de plaine (Bretagne, PDL, Normandie, Lorraine). Avec 77 vaches laitières et 68 UGB viande, ces exploitations voient un nouveau recul du produit de l’atelier viande. Le résultat courant passe de 36 700 €/UMO en 2014 à 19 400 €/UMO en 2015. Cette crise a été accentuée par la sécheresse dans l’est de la France.

Pour les exploitations associant lait et cultures de vente, le rebond de 2014 est suivi d’une lourde rechute l’an dernier. Ces grosses structures (84 vaches/697 000 litres de lait avec 118 ha de culture de vente) ont des revenus très variables d’une année à l’autre selon la conjoncture des céréales : jusqu’à 60 900 €/UMO en 2011 pour tomber à 21 300 €/UMO en 2015. « La conjoncture laitière explique principalement le repli du résultat, néanmoins la mixité conforte la résilience de ce système », ajoute l’Institut de l’élevage.

46 200 €/UMO en AOP de montagne

Une seule filière laitière parvient à tirer son épingle du jeu en 2015 : les exploitations en AOP (lait à Comté et fromages des Savoies) pour qui le RCAI augmente de 6 900 €/UMO entre 2014 et 2015 pour atteindre 46 200 € de RCAI/UMO en moyenne (39 300 € en 2014 et 33 800 € en 2013). Le revenu des exploitations des montagnes de l’est bat son record en 2015 et poursuit sa progression entamée depuis une dizaine d’années. Le lait de montagne a profité l’an dernier d’une excellente valorisation en AOP et IGP. La sécheresse a relativement peu impacté ces systèmes de montagne et la réforme de la Pac 2015 leur a été favorable.

14 400 €/UMO en lait de montagne avec maïs

C’est sans doute la pire situation : celle des éleveurs de moyenne montagne avec du maïs, sans valorisation particulière de leur lait. Ces exploitations laitières de la Loire (42), Haute-Loire (43), Aveyron (12) ou des Pyrénées, accusent le coup après une année marquée par la canicule et une collecte laitière stable à cause de la conjoncture morose. Le résultat courant avant impôts (RCAI) est d’à peine 14 400 €, contre 28 700 € en 2014.

Ce n’est pas beaucoup mieux pour le lait de montagne en système herbager du massif central (Cantal, Haute-Loire, Puy de Dôme, Lozère). Le RCAI est en baisse de 46 %, passant de 33 000 €/UMO en 2014 à 17 300 €/UMO. Le déficit fourrager a été important pour ces petites exploitations (54 VL) qui comptent près de 93 % d’herbe dans leur SAU et des litrages peu élevés (317 000 litres de lait pour 1,9 UMO exploitant).


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