Revenu agricole 2015Un revenu en hausse malgré les crises de l'élevage

| AFP

Le revenu net par actif non salarié en 2015 devrait augmenter de 16,2 %, porté par les hausses de prix des productions végétales et malgré un repli marqué des produits de l'élevage, en particulier le lait et le porc.

Vaches laitièresLa valeur de la production laitière diminue de plus de 10 % en 2015. (©Terre-net Média)

Pour voir l'analyse des revenus agricoles prévisionnels de 2015, cliquez sur  : Le revenu net des agriculteurs augmenterait de plus de 15 %

Les agriculteurs devraient dégager un revenu global avant impôt de 26,1 milliards d'euros cette année, sur une production hors subventions estimée stable à 74,6 milliards d'euros, d'après les prévisions publiées mardi par l'Insee. Le revenu agricole bénéficie d'une baisse de 2 % des dépenses de production (aliments pour animaux, énergie, engrais) et d'une nette hausse des subventions, qui avoisinent 10 milliards d'euros.

La production végétale baisse en volume, mais s'apprécie de 3,4 % en valeur, à 44,1 milliards d'euros, grâce aux bonnes récoltes de blé et d'orge et aux hausses de prix du colza, du tournesol, de la pomme de terre et des fruits et légumes. En revanche, les productions de maïs et de betterave sont en net recul.

L'élevage suit la tendance inverse, avec un volume de production en hausse, mais une valorisation en déclin de 4,5 % à 25,7 milliards d'euros, lestée par les baisses de prix prononcées du lait et du porc. La valeur de la production laitière diminue ainsi de plus de 10 %, et celle des produits porcins de plus de 6 %, selon les données publiées sur son site internet par Agreste, le service statistique du ministère de l'agriculture.

Le ministère, qui publiait d'ordinaire en décembre une première estimation du revenu agricole moyen par exploitation et pour chaque catégorie de producteurs, a décidé d'en reporter la diffusion à l'été suivant à compter de cette année, en raison d'erreurs récurrentes ayant entraîné d'importantes corrections.

Après « l'effondrement » de 2012 et 2013, puis la reprise amorcée en 2014, « les revenus de l'année 2015 sont identiques aux niveaux de 2011 », commente l'Assemblée permanente des chambres d'agriculture (APCA) dans un communiqué. « Pour la première fois », le ministère « n'apporte pas d'éclairage sectoriel », alors que « l'année 2015 est marquée par une crise sévère dans le domaine de l'élevage et aussi par des tensions importantes sur les cours des grandes cultures », ajoute l'APCA.

Pour l'union des producteurs de grandes cultures (céréales, oléagineux, protéagineux) Orama, l'estimation de l'Insee est même « incompréhensible ». L'association affirme dans un communiqué que le revenu moyen de ses membres sera « pour la troisième année consécutive (...) au plus bas de l'échelle » et qu'il « avoisinera zéro avant impôts et cotisations ».

La FNSEA estime pour sa part que l'annonce d'« un revenu prévisionnel en hausse est une véritable provocation » et que « cette publication de décembre n'a plus lieu d'être. »


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DÉJÀ 2 RÉACTIONS


stephane
Il y a 1399 jours
Un prix du lait ou il manque 50 e et c'est le revenu qui baisse de moitié,donc un revenu en dessous du smic dans beaucoup d'exploitations. Un prix du porc ou il manque au minimum 50 e par rapport et c'est le revenu qui part en fumée
Des jeunes qui ont du mal à vivre de leur métier,des employeurs qui terminent parfois avec des revenus négatifs ( et ce sans avoir du matériel neuf....) voila la situation de nombreux eleveurs..
Indigne quand on connait les bons resultats de certains industriels privés.
Les eleveurs sont devenus des apporteurs de minerai corvéables et serviables à merci,
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vik
Il y a 1399 jours
Je n'ai pas investis tracteur 850e , salle de traite 1400e ,un saisonnier donc cherché l'erreur je payerais 400e d'impot hihihi
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