Boucher bio agressé à ParisLe procès de deux militants antispécistes renvoyé au 4 juin

| AFP

Le procès de deux militants antispécistes, une femme et un homme qui devaient être jugés mardi en comparution immédiate pour l'agression d'un boucher bio samedi à Paris et pour avoir déversé du faux sang dans son commerce, a été renvoyé au 4 juin.

Le couple de militants a demandé un délai pour préparer sa défense. Ils ont tous deux été placés sous contrôle judiciaire dans l'attente de leur procès devant le tribunal correctionnel de Paris pour « violences et dégradations en réunion ».     

Cet étudiant en mathématiques de 21 ans, arborant un tee-shirt avec un immense œil coloré, et cette ex-caissière sans emploi de 30 ans, aux cheveux multicolores, sont soupçonnés d'avoir attaqué le boucher bio sur son stand du marché couvert Saint-Quentin, près de la gare de l'Est dans le Xe  arrondissement de Paris.     

« Tous les deux regrettent d'avoir déversé le faux sang mais ils contestent les violences. Tous deux sont pacifistes et défenseurs de la cause animale », a affirmé l'avocate des militants, Emélie Samson.   

Le boucher bio, qui s'est constitué partie civile, a dit s'être fait prescrire une incapacité totale de travail (ITT) de sept jours pour une côte  fêlée.     

Deux fromagers travaillant sur un stand voisin, ainsi que la Fédération de la boucherie et l'interprofession des viandes bovines Interbev, se sont également portés parties civiles. 

« Qu'ils ne veulent pas en manger (de la viande, NDLR), je respecte. (...)  Mais qu'ils nous respectent aussi », a déclaré avant l'audience le boucher,  Steevens Kissouna. « Nous sommes des artisans, nous ne sommes pas des assassins. On ne se lève pas le matin pour se faire taper, pour se faire agresser par des personnes », a ajouté ce commerçant de 33 ans.

Mardi matin, le ministre de l'agriculture Didier Guillaume qui s'est rendu sur son stand a qualifié cette agression d'« inacceptable et d'intolérable ». « C'est un boucher qui est dans la filière bio. Ce monsieur est dans une démarche de proximité, de suivi du bien-être animal », a affirmé à l'AFP Jean-François Guihard, président de la Confédération française de la boucherie, boucherie-charcuterie, traiteurs (CFBCT). « On ne peut pas laisser impunément des gens agir comme ça, on est dans un Etat de droit. On a tous des droits, mais on a aussi des devoirs et parmi nos devoirs, il y a le respect de l'autre et là, on a dépassé les bornes », a-t-il ajouté depuis Francfort où se tient le Salon international du secteur de la viande.

Depuis plusieurs mois, les actes de vandalisme se multiplient contre des boucheries et commerces de bouche tagués de revendications antispécistes par des activistes opposés à toute hiérarchie entre les espèces, et qui prônent une alimentation végétalienne.


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