Paroles de lecteursLe Lait de pâturage fait couler de l'encre

| par | Terre-net Média

La marque collective "Lait de pâturage", créée par des éleveurs de l'ouest de la France, a du mal à convaincre les lecteurs de Web-agri. Certains craignent que la grande distribution en profite pour « faire plus de gras sur le dos des producteurs », d'autres que le cahier des charges « trop léger » selon eux fasse perdre à la démarche « tout son sens » et quelques-uns encore que cette promotion des systèmes pâturants exacerbe les critiques envers les élevages en stabulation toute l'année. De toute façon, « un bon éleveur est soigneux, en bâtiment comme au pré », non ?

paroles de lecteurs marque lait de paturage« Comment voulez-vous que le consommateur s'y retrouve » dans tout ce foisonnement de marques ?, s'inquiète l'un des lecteurs commentateurs les plus actifs de Web-agri, Patrice Brachet. (©Cécile Julien/Lait de pâturage // Création Terre-net Média)

Patrice Brachet : « Chers collègues, il faut travailler autrement, pour moins cher certes car il y aura un peu moins de lait, mais sa qualité sera meilleure tout comme l'état des vaches (...). Le "Lait de pâturage" est sûrement le lait de demain, à moins que des lobbies industriels ne fassent barrage. »

« Les GMS vont encore faire du gras sur notre dos »

Titian : « (…) Patrice a raison, tout est bon pour faire du gras sur notre dos avec ces vendeurs de science infuse, surtout lorsqu'en plus, ils veulent faire de l'écologie. »

The germs : « Moi, c'est ce qui me freine pour le bio. Pour le "Lait de pâturage", c'est pareil. À quoi bon faire des efforts, si c'est pour ne rien gagner en plus et que les GMS se fassent une bonne image et des bénefs sur notre dos ! C'est pour cela que j'y vais petit à petit. Il faut être sûr de son système et le consolider avant de franchir le pas. »

Pas vraiment de cahier des charges

Marius : « Sur internet, la démarche est expliquée en détail : les races concernées, les charges/ha, l'alimentation, etc. Si seulement la moitié des producteurs laitiers avaient un cahier des charges identique ! Ils seraient plus riches, ne travailleraient plus comme des forcenés et auraient un bon ratio performances sanitaires/production. »

The germs : « L'idée de créer un "label pâturage" part d'un bon sentiment, mais si le cahier des charges est trop léger, ça n'aura aucun sens. Trois mois en pâtures minimum, ce n'est vraiment rien. J'imagine qu'il s'agit d'exclure le moins d'éleveurs possible. Il va falloir mettre le curseur au bon endroit. »

La Chouette : « Les cahiers des charges des différents laits de pâturage sur le territoire français sont à la convenance de ceux qui les écrivent : associations d'éleveurs, GIE, etc. Ensuite, des entreprise de collecte et des distributeurs s'y intéressent, en partenariat avec les producteurs. Pour autant, il y a une grande liberté dans ces cahiers des charges et les contraintes ne sont pas du tout les mêmes que pour les AOP, AOC ou IGP : les autorisations et interdits n'y sont pas clairement stipulés. Pour preuve, les laits de pâturage ne sont pas présents dans la liste officielle des appellations et labels du ministère de l'agriculture. »

Patrice Brachet : « Si tout le monde fait sa sauce dans son coin, croyez-vous que le consommateur va s'y retrouver ? »

L'éternelle guéguerre entre le hors-sol et le 100 % pâturage

Steph72 : « Et les vaches toute l'année sur le béton, les pattes dans le lisier et qui finissent par boiter, c'est mieux ? La plupart des éleveurs, qui font pâturer leurs bêtes, les gardent quatre mois en stabulation et au moment de la mise à l'herbe, elles sont contentes de sortir... Et puis le pâturage limite le travail d'astreinte : moins de curage, de paillage et, dans certains cas, plus du tout d'alimentation à l'auge. Il y a de moins en moins de producteurs en système pâturant car les cheptels se sont beaucoup agrandis. Alors pourquoi vouloir taper sur eux, d'autant qu'ils ont souvent des troupeaux plus petits ? »

Patrick : « C'est la guéguerre de basse classe et la caricature simpliste. Il y a des vaches qui vivent dans la m... en stabulation et d'autres très propres au pâturage. Un bon éleveur est un éleveur soigneux, en bâtiment comme au pré. Une chose est sûre néanmoins : augmenter la part de pâturage est bénéfique au bien-être l'animal, à la qualité du lait et aux coûts de production des élevages. Alors tant mieux pour celui qui peut produire principalement à base d'herbe. Pour les autres, il faut faire au mieux et éviter de se mettre dans une situation irréversible. Être trop catégorique ne conduit pas forcément au meilleur système. »

MDR : « C'est quoi ces clichés de m... où les vaches dans les systèmes pâturants auraient de la boue jusqu'au ventre ! Pas besoin de faire d'études pour connaître les vertus de l'herbe sur la composition du lait. Je ne vois rien de révolutionnaire à faire pâturer ses bêtes, c'est juste du bon sens ! »

Et si on parlait un peu de méteil ?

The germs : « J'ai arrêté le méteil ensilé au profit de mélange hivernaux affouragés en vert. Avec un peu de betterave et de maïs, cela permet d'avoir des taux (en moyenne 48 de TB et 37 de TP en hiver) et de diminuer les concentrés énergétiques et azotés, ainsi que les minéraux. C'est un peu plus de travail, mais sortir couper de "l'herbe" en plein hiver quand il y a un rayon de soleil, c'est déjà le printemps ! »

Nicolas Hautot : « Je suis un peu déçu par le méteil. Je fais des essais depuis plusieurs années et les résultats ne sont pas terribles au niveau des taux de matière sèche et d'UFL. Par contre, le maïs derrière est très beau. »


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DÉJÀ 3 RÉACTIONS


Momo
Il y a 78 jours
Le lait que vous achetez ne caille pas bien vite car c'est sans doute du lait UHT (traité à ultra haute température), ce qui fait qu'il se conserve en dehors du frigo pendant un certain temps. De ce fait tous les germes sont tués et il faut qu'il soit recolonisé pour pouvoir cailler. Si vous voulez faire des yaourts, par ex, il faut l'ensemencer avec un yaourt nature que vous achetez dans le commerce. En vous souhaitant une bonne journée.
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mimi
Il y a 79 jours
Que se passe t il avec ce lait par rapport a la conservation ? J ai fais l'expérience plus d"une fois. Je n'ai pas de frigo. Après l ouverture, 15 jours plus tard il ne caille pas. Du lait "entier" ? je me pause des questions en tant que consommateur
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Momo
Il y a 296 jours
Le lait de pâturage est sans doute une bonne idée car si les pays du nord de l'Europe s'en sont emparés c'est qu'il y a certainement un avantage économique : reste à vérifier la démarche. D'autre part, petit rappel : la vache est un herbivore et la nourrir comme les cochons est peut être une hérésie? Il n'y a qu'à regarder le coût de production aux 1000 litres pour comprendre qu'il est possible qu'on se soit fourvoyé en retirant les vaches des prairies... La course aux records techniques (production par lactation) ne remplit pas toujours le porte monnaie de l'éleveur mais plutôt celui des techniciens qui gravitent autour. Je me rappellerai toujours les propos d'un agriculteur proche de la retraite : "il ne faut pas confondre chiffre d'affaires avec bénéfice". Je crois que remettre un peu de bon sens dans les pratiques agricoles contribuera au bien être des animaux mais aussi au bien être des agriculteurs : il est grand temps...
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