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Troupeaux ovins et bovinsLa transhumance, entre enjeux économiques et écologiques

| par | Terre-net Média

L'activité pastorale, avec mouvements des troupeaux, concerne de nombreuses régions françaises : Provence-Alpes-Côte d'Azur, Languedoc-Roussillon, Rhône-Alpes, Auvergne, Pyrénées,.. Elle contribue à l'entretien des paysages et à la prévention des risques naturels.

Chien de troupeau ovin L’élevage de brebis est capable de s’adapter à de nombreux contextes
et systèmes d’exploitation dans toutes les régions de France (©Terre-net Média)
« Tradition de 6.000 ans, c’est une forme de vie pastorale étroitement associée aux régions montagneuses. La transhumance des animaux permet de pallier la sécheresse qui sévit l’été et jaunit les pâturages des plaines. Dès le mois de juin, les troupeaux gagnent alors les montagnes les plus proches, où l’herbe renait après la fonte des neiges. Les troupeaux redescendront entre septembre et novembre, avant que la neige ne les recouvre de nouveau.

L’élevage ovin contribue fortement au maintien d’un paysage sans broussaille. En Paca, 60 % de l’espace pastoral et herbager est entretenu par les brebis. Cet élevage participe à la prévention des risques naturels, façonne les paysages et favorise la biodiversité. Il participe ainsi pleinement à la gestion des espaces. Par sa conduite extensive, l’élevage ovin est tout à fait en phase avec les attentes de la société vis-à-vis de l’agriculture. Un grand nombre de groupements pastoraux intègrent les enjeux environnementaux en participant à la mise en place des mesures agri-environnementales sur les alpages. Avec leurs espaces, ainsi entretenus, les communes sont valorisées en termes d’image patrimoniale et culturelle.

L’activité pastorale est également génératrice d’emplois saisonniers (bergers, aides bergers, tondeurs…). Avec l’expansion du loup, menaçant l’équilibre de cette activité, les besoins de main-d’œuvre ont considérablement augmenté.

Berger, un métier qui se professionnalise

L’élevage ovin transhumant est employeur d’un nombre relativement important de bergers, tout particulièrement pour assurer la garde des troupeaux pendant les trois à quatre mois d’été en alpage.

Ces bergers sont également recrutés pour la période des gros travaux d’agnelage, au retour de l’alpage ou encore pour le gardiennage sur les parcours d’hivernage ou d’intersaison. Le nombre annuel de ces emplois, majoritairement saisonniers, est estimé à plus de 500. Des formations spécifiques ont donc été créées pour assurer la qualification et l’insertion de ces candidats au métier de berger salarié transhumant. L’ensemble des candidats trouve un emploi dès la fin de la formation. Certains d’entre eux décident à leur tour de s’installer éleveur ovin.

L’école des bergers, au Merle, en Paca attire des candidats majoritairement issus du monde urbain, hommes et femmes, âgées de 20 à 30 ans, diplômés à des niveaux divers (3ème à bac +3) et en situation de recherche d’emploi ou de réorientation professionnelle. Elle forme ainsi une vingtaine de bergers par an, hors cadre agricole.

Une filière avec des débouchés assurés

Grâce au rééquilibrage des aides de Bruxelles, obtenu en 2009, et aux perspectives que laisse entrevoir la nouvelle Pac, les conditions d’installation sont favorables. L’élevage de brebis est capable de s’adapter à de nombreux contextes et systèmes d’exploitation dans toutes les régions de France et peut largement trouver sa place en tant qu’atelier complémentaire : complémentarité avec un atelier bovins allaitants sur l’utilisation des pâtures hivernales, valorisation des couverts végétaux, etc. Dans le cadre d’une installation, l’élevage ovin demande un besoin limité en capitaux par rapport à d’autres productions. La haute technicité de cette activité en fait également une production captivante avec la satisfaction d’être le propre patron de son entreprise.

La filière ovine est aujourd’hui caractérisée par une forte demande en main-d’œuvre. Des repreneurs sont recherchés, ainsi que des salariés qualifiés (salariés d’exploitations ovines, de groupements d’employeurs, de services de remplacement, salariés d’organisations professionnelles agricoles…). En effet, la filière bénéficie d’un marché favorable et de prix stables. La production française de viande ovine ne couvre que 40 % de la demande des consommateurs ; il y a donc de la place pour ceux qui désirent s’installer ou développer un atelier ovin sur l’exploitation et prendre part au dynamisme de la filière. Par ailleurs, dans les 10 années à venir, 58 % des éleveurs de brebis partiront à la retraite. Ils détiennent 43 % du cheptel français. Pour conserver son potentiel actuel de production, la filière doit installer 10.000 éleveurs dans la prochaine décennie. »

 

 


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