Crise et protection socialeLa MSA veut renforcer son ancrage sur les territoires

| par | Terre-net Média

Confortée, lors de la crise Covid, dans son rôle de protection sociale dans les territoires, la MSA entend renforcer ses actions d'accompagnement des populations agricoles et rurales, dans la lignée de son Livre Blanc publié en février dernier. L'organisme souhaite notamment accompagner les populations les plus vulnérables, des agriculteurs fragilisés aux personnes en situation de dépendance [mise à jour le 6 octobre à 13h10].

Le président de la MSA (au centre) a rappelé le 5 octobre la volonté de l'organisme d'être au plus près des populations agricoles et rurales.Le président de la MSA (au centre) a rappelé le 5 octobre la volonté de l'organisme d'être au plus près des populations agricoles et rurales. (©Terre-net Média) 

« On doit jouer un rôle important qui relève de la sécurité sociale dans les territoires, mais nous sommes aussi une organisation professionnelle agricole, ce qui nous impose d’être un opérateur de l’ensemble de la population agricole », a rappelé Pascal Cormery, président de la MSA, lors de la conférence de presse de rentrée de l’organisme, le 5 octobre. Face à une fracture territoriale qui s’accroît, la MSA entend aussi jouer pleinement son rôle aux côtés de toutes les populations rurales.

« Nous sommes un partenaire de premier plan de l’État en matière de cohésion des territoires, précise Pierre-Emmanuel Blanc, directeur général de la MSA. Nos engagements se poursuivent, nous les renforçons ». La MSA est notamment partenaire de l’agence nationale de la cohésion des territoires : « notre action correspond à l’ambition de l’agenda rural, notamment en termes de présence physique des services publics, par exemple à travers notre proposition de porter 200 maisons France Services », poursuit le directeur général. Un livre blanc, dévoilé à l’occasion du salon de l’agriculture en février dernier, réunit ainsi l’ensemble des solutions proposées par l’organisme de sécurité sociale pour davantage de cohésion dans les territoires.

renforcement des services

Dans cette même dynamique, la MSA souhaite maintenir et renforcer ses services existants, comme Agri’Ecoute, numéro qui permet aux agriculteurs en détresse psychologique de contacter des professionnels de santé pour être soutenu et orienté. Le service, qui a enregistré 3 100 appels en 2019, en a reçu plus de 1 130 au premier semestre 2020. Depuis le mois de juin, on observe une augmentation des appels, indique la MSA. « Il n’y a pas d’autre organisation professionnelle qui a organisé un tel système », souligne Pascal Cormery, même si davantage d’agriculteurs pourraient y avoir recours. Car malgré tout, il faut que les personnes acceptent d’être aidées, ajoute le président de la MSA, qui souhaite renforcer le maillage et les partenariats sur le territoire, « par exemple avec les vétérinaires ruraux, car le premier signe qu’un éleveur va mal, c’est parfois la dégradation de son cheptel ».  

Agri’Ecoute n’est cependant pas le seul service développé par la MSA, qui met également en avant les appels à projets jeunes, l’insertion professionnelle pour personnes en situation de handicap (Solidel), l’accompagnement aux diagnostics territoriaux, ou encore le maintien en autonomie à travers, notamment, les Marpa, dont elle souhaite faciliter le déploiement. La MSA se félicite ainsi de la création, dans la loi du 7 août 2020, d’une cinquième branche de la sécurité sociale pour le soutien à l’autonomie.  

TO-DE, congé paternité… : un avis favorable sur le PLFSS 2021

Le conseil d’administration de la MSA a par ailleurs émis un avis favorable sur le projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) pour 2021, et en salue plusieurs mesures. Le prolongement du dispositif TO-DE (exonération liée à l’emploi de travailleurs occasionnels demandeurs d’emploi), très attendu, « contribue au soutien de la compétitivité des entreprises agricoles », notamment dans les secteurs impactés par la fermeture de la restauration hors domicile, lors du confinement, explique Pascal Cormery.  

Le président de la MSA regrette cependant la mise en place, à partir de 2022, d’une obligation de déclaration et de versement dématérialisée des cotisations et contributions sociales, pour les non-salariés agricoles, alors que les zones blanches sont encore une réalité dans un certain nombre d’endroits.

L’allongement du congé paternité et d’accueil de l’enfant est également salué, mais un travail reste à faire pour « trouver, dans les départements, suffisamment de main d’œuvre », précise enfin Pascal Cormery.


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DÉJÀ 42 RÉACTIONS


emilie
Il y a 54 jours
payer plus de quarante pour cent de notre revenu agricole ! aucune profession ne paie cela ni aucun agriculteur dans les autres pays LA REVOLUTION GRANDE
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jack
Il y a 55 jours
Bien sur qu'il est injuste, la question ne se pose même plus! Tous le milieu agricole est en conflit avec et quel que soit son statut! Pour les exploitant c'est le parcours du combatant pour ramassé quelque peanuts et même pour les salarié et les saisonnier c'est une horreur!
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Lau
Il y a 55 jours
Bonjour
Comment un régime de sécurité sociale peut il déclencher autant de commentaires hostiles? Je pense qu'il doit être profondément injuste aussi bien pour ceux qui paient beaucoup que pour ceux qui paient peu!
La solution serait de rejoindre le régime général mais notre syndicat majoritaire ne doit pas être prêt à l envisager !
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Anti système
Il y a 55 jours
Mutualité soviétique agricole ! Suppression. Vive le régime général unique !
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Olmer
Il y a 55 jours
Alors que la part salariale de cotisations sociales d’un salarié s’élève à 23,01 % de son salaire brut, celle d’un exploitant non salarié agricole (NSA) représente 39,37 % de son revenu fiscal avant impôts (abaissée de 7 points par le décret 2016-392 du 31 mars 2016).
De plus, il est spécifiquement appliqué à ce dernier une assiette minimum de 600 SMIC pour l’AVA, 800 SMIC pour l’AVI et 1820 SMIC pour la Retraite Complémentaire Obligatoire (RCO) et ce, même si son revenu est inférieur à ces montants, voire nul ou négatif. Excellent principe pour achever les plus fragiles !
En comparaison, le salarié qui ne perçoit pas de salaire ne cotise pas. Il est exonéré de cotisations sociales sur son allocation chômage dès lors qu’elles font chuter le montant de son allocation en dessous de 1459,68 € par mois.
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Olmer
Il y a 55 jours
De son côté, la cour des Comptes faisait également état dans l’un rapport daté de septembre 2014 d’une « politique salariale avantageuse » et y indiquait notamment que « la rémunération principale brute annuelle des agents de direction s’élève en moyenne à 95 000 € (96 679 € au régime général ; 89 517 € au Régime Social des Indépendants (RSI) ; 100 956 € à la MSA). »

En plus de ses coûts de fonctionnement excessifs, notre système spécifique de protection sociale et de retraite présente des injustices qui sont certainement ignorées de nombre d’exploitants à en juger par la pérennité de ce système ! Pourtant, ces inégalités sont bien réelles.

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debutant
Il y a 55 jours
le niveau de retraite ? pour bosser 7 sur 7 , et les femmes en agriculture .......qui en parle
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debutant
Il y a 55 jours
ils passent en Mayenne les 134 zbirs ?
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Anti-MSA
Il y a 55 jours
C'est pas une pub pour la CR (j'en suis pas mais l'article est intéressant), c'est juste pour ce qui veulent en savoir plus sur le sujet: https://www.coordinationrurale.fr/msa-organisme-de-protection-de-discrimination/
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michel64
Il y a 55 jours
je m'adresse a terre net envoyer les commentaires a la msa pour pour voir ou en est le monde agricole un génocide organiser par ces gens et souvent dirigeants
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