Zones de non traitementLa mise en place des ZNT est censée s'accélérer cet automne

| AFP

Depuis cette année, les agriculteurs sont tenus de respecter des distances de sécurité interdisant d'épandre des pesticides de synthèse au ras des propriétés des riverains. Après quelques mois de « pédagogie », la réglementation doit pleinement s'appliquer sur les semis d'automne.

Soulignant un effet d'accumulation « entre le Covid et la sécheresse », Philippe Noyau, chargé des questions d'agronomie à Chambres d'agriculture France, constate qu'il y a « beaucoup de réticences du côté des agriculteurs ». Mais « pour moi ils vont y aller », estime-t-il.

« Ce sera surtout visible sur les implantations qui vont se faire à l'automne », précise l'agriculteur, également président de la chambre régionale d'agriculture du Centre-Val de Loire, la mise en place des zones non traitées (ZNT) s'imposant véritablement à l'ensemble des cultures depuis le 1er juillet.

Jusqu'ici, le ministère de l'agriculture - qui n'a pas répondu à l'AFP - entendait de toute façon « privilégier, dans les premiers mois, la pédagogie et l'appropriation du contenu des dispositions réglementaires, tant par les agriculteurs que par les riverains », selon son site internet.

L'État a fixé à la toute fin 2019 des distances minimales : cinq mètres pour les cultures dites basses comme les légumes et céréales, dix mètres pour les cultures hautes, fruitiers ou vignes, 20 mètres pour les substances considérées comme les plus dangereuses.

Les distances de sécurité de cinq et dix mètres peuvent être ramenées respectivement à trois et cinq mètres. Il faut pour cela que l'agriculteur utilise des équipements limitant la dérive, c'est-à-dire le dépôt en dehors des zones traitées, et que la préfecture ait validé la « charte d'engagement » des utilisateurs de produits phytosanitaires - c'est le cas dans plus de la moitié des départements métropolitains.

Cette charte peut formaliser la possibilité de s'affranchir des distances de sécurité, par exemple lors des périodes d'inoccupation d'un gîte ou d'un camping, ou quand la parcelle jouxte une grande propriété. À noter que les produits dits de biocontrôle, d'origine naturelle, ne sont pas visés par la réglementation et peuvent continuer à être épandus dans les ZNT.

La mesure était intervenue dans un contexte de fronde de maires, puis de collectivités locales, qui avaient multiplié les arrêtés interdisant ou limitant l'usage de pesticides. Arrêtés systématiquement attaqués par l'État et pour la plupart retoqués par la justice administrative.

Mais en juin 2019, le Conseil d'État - saisi par les ONG Générations futures et Eau et rivières de Bretagne - avait pressé le gouvernement de revoir sa copie, jugeant qu'un arrêté de 2017 réglementant l'utilisation des produits phytosanitaires ne protégeait pas suffisamment la santé des riverains ni l'environnement.

Les nouveaux textes sur les ZNT sont à leur tour contestés en justice par les maires anti-pesticides et des associations. Parmi elles, France nature environnement. « On comprend la volonté de concilier les impératifs de production et la nécessité de préserver l'environnement, mais négocier la santé à ce point là, sur des distances aussi faibles, ça ne nous convient pas », résume Thibault Leroux, chargé de mission agriculture de l'association.


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DÉJÀ 10 RÉACTIONS


phil59
Il y a 57 jours
S'ils nous laissent encore imposé leurs lois , demain ce sera quoi ? Ne faites rien , ce sera la meilleur solution pour dire que nous contestons puisque nous nous n'avons pas droit a la parole !
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PàgraT
Il y a 61 jours
En Champagne, ils rasent pour planter .... de la vigne !!!
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Bzh
Il y a 61 jours
Il y a une maison à vendre près d'une parcelle, pas chère, je vais l'acheter pour la rasée. Comme ça, pas de soucis de znt.
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Assez !
Il y a 61 jours
Rendez vous tous à Bourges vendredi 9 octobre à 18h30 Salle du Duc Jean, 4 place Marcel Plaisant. Les 134 "citoyens" tirés au sort d'imPaACtons! se réunissent pour débattre de l'avenir de l'agriculture. Ou plutôt pour finir de nous enterrer ! Ce débat est organisé par les mêmes que la convention citoyenne pour le climat donc on connaît leurs désirs, tuer l'agriculture française et laisser les frontières ouvertes aux importations ! Nos demandes : que nos revenus soient la priorité nr1, pas d'interdiction sans solution économique et technique (phytos), compensation financière pour toute mesure nous faisant perdre de l'argent (znt par exemple) et interdiction d'importation de produits agricoles cultivés avec des produits interdits en France où élevés dans des fermes qui ne seraient pas autorisées en France. Faîtes le savoir sur les réseaux sociaux et partout autour de vous dans la vie réelle. Il faut que l'on soit le maximum alors laissez votre soirée de semis et venez vous faire entendre. Le 9 octobre à 18h30 à Bourges on va commencer à faire changer les choses et arrêter de se faire commander par ces gens qui ne connaissent rien à l'agriculture !
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J-c
Il y a 61 jours
Je a tout les agriculteurs de ne pas respecter cette loi complètement absurde moi je paye fermage et impôts jusqu'à la limite donc je cultive jusqu'à la limite que font nos syndicats bientôt se sera l'engrais qu'on ne pourra plus mettre alors non ce n'est pas possible
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erick28
Il y a 62 jours
logiquement , il faudrait que chaque agriculteur qui implante une znt ,
- soit face une demande se dégrèvement des impots foncier sur ces bandes. a sa commune .
-ou envoi la facture du manque gagner au ministère de l'agricuture .
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m.c
Il y a 62 jours
Ça me saoule a un point ces c... je ne m'en suis toujours pas préoccupé même pour les cultures d'etes, et pour cet automne on verra après les semis si j'ai le courage
Si ça avait le moindre intérêt pour la santé je ne dis pas, mais la franchement 3m 10m etc pour la dérive qu'es ce que ça va changer?? Le plus important reste que le paysan fasse bien son travail aller traiter sans vent! ou une haie a la limite on imagine comment cela pour avoir effet mais la, que dire....
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Réaliste
Il y a 61 jours
La grande distribution propose en rayon ce qui se vend. Le problème avec elle et les industriels ce ne sont que nos prix d'achat. Quant aux citoyens ils ont le choix, pourquoi payer du bio 4x le prix du conventionnel alors qu'aucun bénéfice n'a été avéré ? Les seuls problème est que nous ne fixons pas nos prix et les injonctions aberrantes d'une infime partie de la population qui dans son idéologie écolo-communiste veut juste mettre l'agriculture française par terre via la décroissance et le retour 200 ans en arrière.
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barbe
Il y a 61 jours
Au lieu de vous en prendre aux décideurs écolos vous feriez mieux de pester contre la grande distribution et vos concitoyens qui préfèrent mettre leur argent dans des gadgets électroniques, dans une belle voiture ou que sais-je encore plutôt que dans une alimentation de qualité.
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polo
Il y a 62 jours
et le revenu des agriculteurs Français est cense augmenter cet automne !!apres quelque mois de pedagogie on fera payer les consequences a nos décideurs ecolos! souvenez vous en le moment venu ;et ne plus batir a cote de nos champs serait certainement la meilleure solution ;;
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