DouxLa justice examine les offres de reprise

| AFP

Le tribunal de commerce de Rennes a examiné mardi, à huis clos, les offres de reprise du volailler breton Doux, placé en liquidation judiciaire en raison de graves difficultés financières.

La décision du tribunal sera rendue vendredi à 16 h 30, ont indiqué à l'AFP des salariés de Doux. Les offres de reprise ont été présentées aux juges consulaires pendant une audience de plus de quatre heures, à laquelle quelque 600 personnes étaient convoquées (repreneurs, représentants du personnel, éleveurs de volailles, etc.).

Deux offres principales se font face : celle du volailler ukrainien MHP et celle du consortium réunissant notamment le leader français de la volaille LDC, l'actuel actionnaire Terrena et le groupe de distribution saoudien Al-Munajem. Les salariés ont exprimé leur préférence pour l'offre du consortium, qui devrait reprendre 908 emplois sur 1 187 et propose 249 offres de reclassement, selon la région Bretagne, qui soutient cette proposition de reprise. MHP entend lui garder environ 285 postes auxquels s'ajouteraient « environ 430 postes » au démarrage d'une nouvelle unité de production « d'ici deux ans ». « Rien n'est gagné, ça va être dur », a cependant jugé Nadine Hourmant, déléguée syndicale FO, soulevant des « réserves pour la pérennité de l'activité de l'usine de Châteaulin » (Finistère).

Le groupe Doux, qui exporte l'essentiel de ses poulets congelés au Moyen-Orient, a accusé l'an dernier une perte de 36 millions d'euros pour un chiffre d'affaires de 290 millions d'euros. Le volailler breton, qui produit quatre poulets par seconde et 22 000 œufs par heure, n'a quasiment jamais gagné d'argent depuis sa création en 1955, si on exclut les subventions européennes à l'exportation qu'il touchait jusqu'en 2013, a affirmé l'administrateur judiciaire en début d'audience, selon des participants. Après l'arrêt des subventions, la faillite était « inéluctable », selon la même source.

Racheté en 2016 par le groupe coopératif Terrena, Doux était en quête de repreneur depuis l'an dernier. Sur les 130 repreneurs potentiels contactés, 116 ont refusé immédiatement, trois ont négocié et seul MHP a fait une offre. Craignant de voir la société ukrainienne lui faire concurrence sur le marché français, le groupe LDC s'est finalement aussi lancé dans le processus de reprise, de même que le Saoudien Al-Munajem, le distributeur de Doux dans la péninsule arabique qui cherche ainsi à sécuriser son approvisionnement de volailles. Les deux candidats à la reprise veulent construire une nouvelle usine pour s'attaquer au marché français et européen du frais.  

L'usine actuelle traite en effet des poulets de 1 kg destinés au marché saoudien et n'est pas adaptée aux poulets de 2,8 kg du marché français. Or, 45 % des volailles vendues en France sont importées, selon la région Bretagne. « Le projet, c'est de transformer le modèle de Doux pour aller vers du poulet de qualité produit en France », a déclaré à l'AFP Loïg Chesnais-Girard, président de la région Bretagne, qui apporte 20 millions d'euros à l'offre de reprise de LDC. La région pourrait ainsi devenir actionnaire de la filière amont, à travers la société Yer Breizh (Poules Bretonnes), qui réunit LDC, Terrena, Triskalia et Al-Munajem. Par ailleurs, l'industriel britannique Chesterfield Poultry, spécialiste du poulet halal, a proposé de reprendre des sites vendéens, notamment l'abattoir de Chantonnay et ses 145 salariés. L'allemand Saria est lui candidat à la reprise de la production de farine animale à Châteaulin et le groupe Foch Investissement est intéressé par la reprise du site de Plouray (Morbihan).


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