[Paroles de lecteurs] Aliment du bétailCoronavirus : l'augmentation des prix nourrit vos griefs envers les fournisseurs

| par | Terre-net Média

L'annonce du Snia (Syndicat national de l'industrie de la nutrition animale), qui prévoit une hausse des prix de l'aliment du bétail dans les mois à venir à cause du covid-19, est dure à avaler pour les lecteurs de Web-agri. Ils reprochent aux industriels de profiter de cette crise alors que les éleveurs, eux, sont dans une situation très difficile. Pour faire face, ils proposent néanmoins plusieurs solutions : opter pour d'autres matières premières ou accroître l'autonomie alimentaire des élevages par exemple.

«paroles de lecteurs augmentation prix aliment du betail avec le covid 19 « À force de tirer sur la corde », le secteur de l'alimentation animale va « tuer sa poule aux œufs d'or !! », prévient ceres. (©Terre-net Média)

Rebelle, indigné, est sûr que les marchands et industriels de l'alimentation animale « vont continuer à s'en mettre plein les f..., puisque c'est toujours aux éleveurs de payer ».

steph72 renchérit : « C'est comme La Poste : ils ont moins de clients, donc ils vont compenser par une augmentation des prix de l'aliment du bétail. Mais le problème est qu'à ce jeu-là, les producteurs se tourneront vers d'autres matières premières... »

fxg rebondit : « (...) Le covid-19 va être une magnifique opportunité d'augmenter leurs prix pour certains fournisseurs de l'agriculture (et pour les acheteurs de baisser les leurs !) sans avoir à se justifier. C'est la faute du coronavirus, un point c'est tout, maintenant circulez, il n'y a rien à voir ! »

Le coronavirus, la bonne excuse...

« Ça va être dur pour certains éleveurs »

ceres prévient : « À force de tirer sur la corde, ils vont tuer leur poule aux œufs d'or !! »

Jb voit la situation du point de vue inverse : « Ça tombe bien ! Faut produire moins de lait à cause du covid-19 alors on achètera encore moins d'aliment pour les vaches si leur prix augmente ! (...) »

D'autres matières premières ou acheter moins d'aliment.

Moty craint qu' « effectivement, cela coince pour certains éleveurs ». « Hausse des charges d'un côté alors que les laiteries nous demandent de diminuer la production laitière avec le coronavirus et baissent en même temps le prix du lait ! Conclusion : pour les éleveurs qui peuvent être le plus autonomes possible, le bonheur est dans le pré ; pour les autres, les plus dépendants des marchands d'aliments, ils vont vraiment souffrir !! Quelques-uns décideront même peut-être de changer de système... Bon courage à tous en tout cas !!! »

« Jouer à fond l'autonomie alimentaire »...

Arrêtons de payer les fournisseurs d'aliment !

Patrice Brachet témoigne : « Après avoir été un gros consommateur de concentré, nous avons joué à fond l'autonomie de l'alimentation pour les vaches. (...) Le seul bémol : pouvoir produire une alimentation de base de très grande qualité. L'autonomie alimentaire d'un troupeau ne supporte pas les "à peu près" et je pense que nous avons encore un bout de chemin à parcourir pour supprimer les derniers 500 g de concentré. »

Olmer déplore : « Malheureusement, le monde agricole ne se défend pas assez, n'est pas uni et se montre trop individualiste. » « Arrêtons tous de payer les fournisseurs qui vivent grassement sur notre dos !! », propose-t-il.

... Ou « Nourrir les vaches avec des patates »

Jeuneagri suggère plutôt « d'acheter des patates » pour nourrir les vaches, car les stocks s'accumulent avec le coronavirus !

Fabien 53, lui, se réjouit « d'avoir changé de système » : il « n'achète plus d'aliment pour les vaches » mais seulement « pour les génisses jusqu'à 6 mois et un peu de luzerne pour les 6-18 mois, soit environ 8 t/an ». Quant au minéral, il est « basique sans oligo, ni vitamine ». « La hausse du prix de l'alimentation animale n'aura pas d'incidence chez moi ! », insiste-t-il.

L'aliment du bétail ne sera pas le seul à augmenter !

debutant conclut, fataliste : « Les prix vont augmenter dans de nombreux secteurs malheureusement, sauf ceux payés aux éleveurs, même s'ils n'ont qu'une simple fourche à la main !! »

Et sur Facebook :

posts facebook augmentation prix aliment du betail avec le covid 19 (©Page Facebook de Web-agri) 

Aparté avec un nutritionniste

« Pendant 20 ans d'élevage conventionnel (je suis passé au bio il y a quatre ans en pâturage tournant dynamique) (...), je me suis fait entuber par des fournisseurs peu scrupuleux !!, raconte popeye76. Aujourd'hui, j'ai retrouvé mon indépendance d'esprit et l'autonomie fourragère et financière ! Je vous laisse calculer mon coût de production malgré toutes mes terres en fermage, une traite en salle de traite avec pré et post trempage des trayons, des clôtures entretenues... mais aucun engrais ni phytos, et un prix du lait TPC de 510 € le mois dernier. »

Yan Mathioux, le nutritionniste du cabinet rédacteur de l'article "Conseils de nutritionniste − Des rations simples pour faire 35 litres sans aliment miracle ni produit magique", lui répond : « Popeye, je suis certain que ce que vous affirmez se vérifie. Mais il en faut pour tous les goûts dans les articles, et quitte à vouloir produire beaucoup de lait, c'est déjà mieux de le faire avec des matières premières simples et d'excellents fourrages. Malheureusement, de nombreuses stabulations ne sont tout simplement pas posées au milieu des pâtures et de ce fait chez certains, c'est très compliqué de mettre en place un système pâturant performant, qui a fait ses preuves en indépendance et en rentabilité. »

Fabien 53 rétorque : Certains prônent « (...) toujours du soja OGM très bon pour la planète et une grande place accordée au pâturage !! »

Yan Mathioux lui explique : « Fabien, je partage votre avis, et le sens de l'histoire est probablement tourné vers davantage de pâturage, pas d'OGM, etc. Si vous lisez régulièrement les articles, vous vous en rendez compte. Après il y a des éleveurs, chefs d'entreprises avec leur capacité de décision, et leurs stratégies, qui souhaitent augmenter la productivité. C'est bien leur droit, et s'ils sont encore là, ils n'ont sûrement pas complètement tort non plus. Pour ceux là, il est souhaitable, je pense, de produire de gros volumes de lait avec des produits simples, plutôt que du granulé industriel. »


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