Chevaux et savoir-faire équestreLa Chine mise sur la France pour développer sa filière équine

| Afp

La Chine mise sur la France pour développer sa filière équine dans un pays qui compte près de 7 millions de chevaux, mais dont la cavalerie est inadaptée à l'enseignement de l'équitation et à la compétition de haut niveau. Serait-ce un nouvel eldorado pour la filière équine française ?

 

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"Pour le Chinois le cheval est un luxe et on associe le cheval avec la France car elle représente le luxe. Pour développer le luxe, on a donc besoin des Français! ", explique Wang Jiyu. (© Terre-net Média)
"Avec le développement de notre économie, les Chinois veulent monter à cheval et notamment en compétition, mais notre filière n'est pas structurée. Nous comptons sur le cheval de race Selle Français qui est un bon cheval d'école", a expliqué à l'Afp Wang Jiyu, directeur général du Chia (China horse industry association), lors de sa première visite en France au Salon du Cheval de Paris. Seul organisme officiel du pays, le Chia a pour mission d'organiser et de réglementer la filière équine qui dépend du ministère de l'Agriculture.

Wang Jiyu a passé une commande de quinze poulinières Selle français pour un prix de 20.000 euros chacune dans différents élevages normands. Six d'entre elles doivent arriver pleines en janvier à Pékin. Mais l'intérêt des Chinois ne se limite pas aux seuls animaux. Ils comptent également sur les méthodes de dressage et d'élevage des Français pour développer leur filière. "Nous allons faire venir en Chine des vétérinaires, des maréchaux-ferrants et des moniteurs d'équitation pour qu'ils nous enseignent leur savoir", a poursuivi M. Wang Jiyu. "Nous voulons transformer notre équitation de tradition en équitation de loisir et de compétition car les jeunes Chinois veulent faire du jumping, du concours complet, du dressage et de l'endurance", a-t-il dit, rappelant que "l'histoire du cheval en Chine remonte à 5.000 ans".

Un marché potentiel de 10 milliards d'euros

Philippe Mauvenu, spécialiste de la filière équine en Chine, a indiqué pour sa part que "selon des experts américains, le marché équin chinois, tous secteurs confondus - chevaux, sport, tourisme, équipement et industrie -, représente un potentiel d'environ 10 milliards d'euros sur dix ans".

"Aujourd'hui, deux-tiers des chevaux sont à Pékin et parmi les quelques 30.000 cavaliers licenciés, il y a beaucoup de jeunes espoirs issus des milieux favorisés", a commenté M. Wang Jiyu, dirigeant du premier centre équestre à Pékin qu'il a créé en 1985. "Pour le Chinois le cheval est un luxe et on associe le cheval avec la France car elle représente le luxe. Pour développer le luxe, on a donc besoin des Français!", explique-t-il.

Les Jeux olympiques de Pékin en 2008 et les Jeux asiatiques de 2010 à Canton ont créé un regain d'intérêt pour les activités équestres, et le rapport avec l'animal fait désormais partie des loisirs des enfants chinois. Des centres équestres se montent dans toute la Chine, il en existe actuellement près de 500. Quant aux fabricants de produits équestres, ils étaient 800 en 2010, contre 247 en 2006. Pour monter sa cavalerie de compétition, la Chine fait depuis quelques années venir des chevaux des Etats-Unis, d'Allemagne, des Pays-Bas, de Belgique, de Suède, d'Argentine et de Russie.


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