AlimentationLa charcuterie aux sels nitrités ne sera finalement pas taxée

| AFP

Pas de feu vert de l'Assemblée jeudi à la taxation de la charcuterie contenant des sels nitrités : la mesure qui avait été adoptée en commission a été retoquée, après des débats émaillés par la question des lobbies agro-alimentaires.

L'amendement défendu par le député Richard Ramos (MoDem) entendait instaurer une taxe de 0,10 centime d'euros par kilogramme sur les produits de charcuterie contenant des additifs nitrés (nitrite, nitrate et/ou sel nitrité). Ceux-ci allongent les durées de conservation et donnent une couleur rose au jambon mais sont accusés de favoriser les cancers colorectaux. La mesure défendue par une cinquantaine d'élus LREM, UDI-Agir, PS ou LFI, avait été adoptée en commission malgré les réticences du rapporteur général Olivier Véran (LREM). « Au-delà de la question du sel nitrité, cet amendement porte sur le bien manger français », a défendu Richard Ramos évoquant la malbouffe de ceux qui avalent un « jambon-coquillettes » faute de temps ou de moyens.

Rappelant le classement de la charcuterie industrielle par l'OMS comme agent cancérigène, il a haussé le ton parlant de « 550 députés qui ont reçu hier de lobbyistes de fausses informations sur la santé ». « Ce vote passera ou ne passera pas, mais il restera sur la conscience des députés », a-t-il tonné, avant que la vice-présidente de l'Assemblée Annie Genevard (LR) lui demande de se calmer : « On ne va pas s'échauffer pour un jambon coquillettes... qui est d'ailleurs très bon », s'est-elle amusée. « Je ne suis pas soumise à la pression des lobbies de l'alimentation », a souligné la ministre de la santé Agnès Buzyn qui assure ne pas avoir reçu de courrier. Olivier Véran a également affirmé être « très peu sensible aux arguments des lobbyistes ».

Sur le fond, la ministre a jugé l'amendement prématuré et inefficace. « Pour l'Agence européenne de la sécurité alimentaire, il n'y a pas d'association entre l'ingestion de nitrates et la survenue de la plupart des cancers. L'effet néfaste serait dû à la transformation des nitrates en nitrite, mais cette conversion dans l'organisme humain est très variable et insuffisamment documentée », a expliqué Agnès Buzyn évoquant « des travaux en cours sur ce sujet à l'Anses » (sécurité sanitaire). Elle a également souligné l'inefficacité d'une si petite taxe pour changer les comportements des producteurs ou réduire la consommation des acheteurs.


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