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Paroles de lecteursL'or blanc pour les coops et les industriels, pas pour les éleveurs !

| par | Terre-net Média

"À la ferme St Paul (27), l'or blanc existe encore et il est produit à l'herbe" : le titre de ce reportage, paru il y a quelques semaines, a interpellé les lecteurs de Web-agri. Si certains préfèrent parler d'or vert, puisque la bonne valorisation du lait est liée au système herbager, d'autres déplorent que l'or blanc ne soit pas pour les producteurs mais pour les coopératives et l'industrie laitières.

paroles de lecteurs lait or blanc« Du temps libre, de l'argent et le sourire pour des éleveurs laitiers, ce n'est pas possible !! », selon Tintin ou plutôt Super coop, le nom qu'il s'est inventé pour faire parler une coopérative laitière fictive. (© Ilya_levchenko, Fotolia // Création Terre-net Média) 

Patrice Brachet : « Excellent ce reportage ! Tout est bien expliqué. Et bravo à Aurélien. Toutefois, je ne parlerais pas d'or blanc mais plutôt d'or vert ! Je voudrais aussi lui poser une question : qu'entend-t-il par "sécheresse" ? Mettre les animaux dehors permet certes d'économiser la paille mais chez moi, l'herbe ne pousse plus depuis juillet. (...) À certains endroits, c'est de la poussière brûlée !  »

Caliméro : « J'ai eu l'occasion de croiser Aurélien lors de mon stage d'installation au printemps (s'il me lit, je le salue). Il m'a expliqué sa démarche qui, dans un département comme le nôtre n'est pas fréquente. Je suis heureux de voir que son projet se concrétise. Cependant, je pense qu'il est nécessaire de prendre en compte les conditions pédoclimatiques car si on partage le même numéro de département, on a visiblement pas le même climat. Ici, au 15 juin, c'était grillé. Un voisin, en tout herbe, a obtenu des résultats bien différents... »

plutôt l'or vert que l'or blanc

Kami : « C'est quand même étrange, on ne voit que des articles sur les agriculteurs qui s'en sortent grâce à l'herbe. Il faut croire que les autres sont tous nuls et que c'est de leur faute s'il ne pleut pas. Nous avons énormément de difficultés cette année avec cette sécheresse qui n'en finit pas. Je crois que tout le monde fait ce qu'il peut avec ce qu'il a. »

Man : « Je suis d'accord avec toi Kami. Dans le Maine-et-Loire, les prés sont grillés depuis début juillet. Nous nourrissons les bovins comme en hiver. Pour moi, il est difficile de tout miser sur l'herbe. Sachant qu'en plus, nous avons eu un printemps humide qui nous a empêché de faire la mise à l'herbe avant fin mars/début avril. »

Kami : « La Normandie n'est pas la Moselle. Chez nous, les bêtes sont six mois dehors maximum. Dès qu'il pleut, c'est un vrai bourbier et le sol ne porte plus du tout. Ce système de pâturage est super mais pas ici, ou seulement les bonnes années. »

Patrick : « Il est évident que les systèmes ayant des coûts de production moindres seront les mieux placés, ce quelle que soit la région dans laquelle on est. Même si c'est plus facile en Normandie, il est possible d'avoir une part de pâturage partout ailleurs, qui apporte du bien-être aux animaux à un coût alimentaire peu élevé. Même en culture, tu peux être pénalisé par la sécheresse. En élevage, celui qui produit avec de l'herbe aura peut-être plus les moyens d'acheter des fourrages »

SDF : « Quel boulot de dingue pour amener l'eau dans les parcelles et couper les chardons sous les clôtures ! En période de canicule, les vaches ont sûrement du mal à trouver de l'ombre. À leur place, je ferais dix parcelles maximum et puisque l'herbe pousse si bien en année sèche, je développerais l'enrubannage. »

Un cas trop particulier pour certains, une source d'idées pour d'autres

Luc : « On prend un cas particulier pour montrer aux autres comment bien travailler ?! 1,8 UGB/ha avec que des prairies, pas d'intrants et 40 ha groupés autour de l'exploitation... Il y a des choses intéressantes mais beaucoup d'éleveurs n'ont pas le climat et ni les terres de cette exploitation. »

Debout : « Eh bien tant mieux que ces éleveurs s'épanouissent et gagnent leur vie dans leur système. Toutefois, c'est quand même incroyable de toujours voir les mêmes articles disant qu'avec des charges opérationnelles au ras des pâquerettes, on peut s'en sortir !? Pourquoi font-ils une conversation bio ? Pour avoir des primes en plus ? Ce reportage prouve en fait que l'élevage laitier français est en déclin. Une chute vertigineuse. On ne pourra plus faire du lait qu'en Normandie. Une bonne sécheresse dans cette région et la France ne produira plus de lait. Le débat est clos. »

Jmb67 : « Chacun doit adapter son système au climat, à sa région et à ses envies. Les échanges, les idées et les expériences des uns et des autres, permettent d'orienter ses choix, de se développer, de trouver de nouvelles solutions, de construire des projets. Il n'existe aucun modèle idéal. Nous sommes tous différents. »

Les reportages dans des exploitations d'élevage plaisent aux lecteurs. La preuve dans : Paroles de lecteurs − Les reportages en élevage plébiscités

De L'or blanc pour les industriels et les coops surtout !

Steph72 : « Idem chez nous. Il n'y a plus d'herbe dans les prairies malgré les 14 mm tombés la semaine dernière. Tant mieux pour ces éleveurs si l'herbe pousse, ils sont sans doute dans une zone favorable (températures moins élevées, terre profonde). En revanche, le titre de l'article est choquant et provocateur vis-à-vis des autres éleveurs. L'or blanc n'est pas pour les producteurs mais pour l'industrie laitière ! »

Patrice Brachet : « Effectivement Steph72, l'or blanc n'est pas pour nous ! Dans le sud, la production est en berne, les trésoreries à plat pour beaucoup de producteurs et les silos vides comme au mois de décembre. Et en plus, les vaches ne se remettent pas de la canicule estivale et rares sont les éleveurs qui n'ont pas de souci. À part ça, on est des veinards car on vit au grand air au milieu des animaux et des gazouillis des oiseaux. »

Tintin : « On m'appelle Super Coop et je vous dis qu'il ne faut pas faire comme Thierry et son fils. Les pauvres ne sont pas surchargés de travail et gagnent leur vie avec le sourire ! Du temps libre et de l'argent pour des éleveurs laitiers, ce n'est pas possible !! Ils doivent s'ennuyer...  (...). Et en plus, ils vont passer en bio avec une plus-value de 120 €/1 000 l et des primes ! Pourtant, nous les coops, nous avions bien fait attention lors de la mise en place de la Pac que des systèmes comme celui-ci ne puisse pas avoir d'aides ! Les primes Pac liées aux surfaces labourées, c'était le bon temps !!! Plus sérieusement, je dis bravo à Thierry et Aurélien. Beaucoup d'exploitations n'ont ni les terres ni le climat adaptés pour faire cela mais pour les autres... »


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DÉJÀ 1 RÉACTION


laiturgie
Il y a 23 jours
l'or blanc , il est pour ceux qui font de gros bénéfices avec !!
et visiblement , ce n'est pas dans les cours de ferme ,,,,,
et, couper la branche sur laquelle on est assis , peut trés vite changer la done ! certaines regions changent de paysage et pas dans le bon sens ,,,,
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