DouxL'avenir du volailler une nouvelle fois en suspens

| AFP

Une histoire qui se répète : le volailler Doux, en difficulté, pourrait être repris par un groupe ukrainien, mais non sans pertes d'emploi. En cas d'échec des « discussions » en cours ce serait la liquidation pour le groupe breton qui a déjà supprimé un millier d'emplois en 2012.

L'industriel, qui se présente comme le leader de la volaille en Ukraine, a confirmé lundi être « en discussions » pour la reprise de Doux, avec une  restructuration à la clé. Il a cependant contesté vouloir supprimer 550 des 1 200 postes du volailler, ainsi qu'indiqué dans la presse. « Des discussions sont en cours avec les actionnaires du groupe Doux et les parties prenantes impliquées dans la restructuration du groupe », a confirmé une porte-parole de MHP à l'AFP. « Il n'y a pas d'offre ferme sur la totalité  du groupe », a-t-elle souligné, évoquant un projet « robuste et pérenne ». Selon des sources proches du dossier, l'offre ne comprendrait pas le site de Chantonnay, en Vendée, qui emploie quelque 300 personnes, ni le siège de Châteaulin (Finistère), où travaillent une centaine de salariés. La fédération CFDT de l'agroalimentaire s'est d'ailleurs dite lundi « extrêmement inquiète sur la pérennité de l'activité et des emplois sur le site de Chantonnay ». « La fermeture du site devient probable », assure dans un communiqué la FGA-CFDT. Côté syndicats, c'est une nouvelle fois la douche froide. « C'est sûr qu'il y aura de la casse, mais on ne nous a pas dit le nombre, ni rien du tout », a réagi auprès de l'AFP Patrick Moigne, délégué syndical central CGT de Doux. « Ça va se décanter cette semaine si c'est oui ou non avec le partenaire, si c'est non c'est la liquidation », a-t-il ajouté. Un comité d'entreprise central doit se tenir mardi matin au siège du groupe. « Aujourd'hui, soit les pouvoirs publics répondent présents, ce qu'ils n'ont pas fait depuis 2012, soit c'est l'hécatombe », a noté de son côté Nadine Hourmant, déléguée syndicale centrale FO. Selon le journal Challenges, MHP demanderait pas moins de 70 millions d'euros de subventions publiques pour un investissement total de 150 millions d'euros.

« Choix par défaut »

« Soit on veut sauver la filière avicole française soit on veut être tributaires de la filière avicole étrangère », a estimé Nadine Hourmant, en en appelant au président Emmanuel Macron qui s'était rendu en 2015, en tant que ministre de l'économie, chez le volailler à Châteaulin pour lui assurer du soutien de l'État au moment où le groupe annonçait la création de 200 emplois. « On est face à un choix par défaut », a en outre souligné la syndicaliste de FO. Côté à la Bourse de Londres, MHP avait déjà fait une offre de reprise sur un des sites de Doux : l'abattoir de Graincourt dans le Pas-de-Calais qui employait 250 personnes. Au dernier moment, il avait toutefois abandonné son projet et le site avait été fermé. L'abattoir n'avait pas été repris dans le cadre du plan de restructuration du volailler breton, placé en redressement judiciaire en juin 2012, en raison d'importantes dettes. Dans la foulée de ce plan, près d'un millier d'emplois avaient été supprimés. En partie restructuré, le troisième leader mondial de la volaille est entré dans le giron de Terrena en mars 2016. L'ambition du deuxième groupe coopératif agricole français était alors de devenir un « champion de la volaille » grâce à la complémentarité que lui offrait l'acquisition de Doux. Cependant, Terrena a assuré début mars qu'il ne pourrait pas soutenir « éternellement » le volailler, à la recherche de 100 millions d'euros pour changer de modèle économique. « Les pertes de Doux, 35 à 36 millions d'euros par an, ne sont pas soutenables », avait indiqué à l'AFP Terrena. « Les Brésiliens ont inondé le marché saoudien, c'est pas qu'on n'a pas de clients, c'est les prix le problème. À chaque tonne qu'on produit, on perd de l'argent », a expliqué Patrick Moigne. Le volailler a aussi pâti d'une parité euro-dollar défavorable, ainsi que de la grippe aviaire.


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