Ventes en recul de 22 %L'agroalimentaire a plongé pendant le confinement

| AFP

(Article mis à jour à 17h56) Le chiffre d'affaires des industries agroalimentaires en France a reculé de 22 % durant la période du confinement, une baisse qui a touché plus de deux entreprises sur trois, a indiqué mardi le syndicat professionnel du secteur.

« Depuis mars, la baisse de chiffre d'affaires constatée par les industries agroalimentaires se chiffre à 22% », indique l'Association des industries agroalimentaires (Ania) dans son dernier baromètre, qui prend en compte les réponses de quelque 602 entreprises début mai. « Plus de 70 % des industries agroalimentaires mettent en avant une baisse de chiffre d'affaires, supérieure à 50 % dans 22 % des cas », selon l'Ania.

Elle évoque ainsi le secteur de l'épicerie sucrée, avec des résultats très contrastés selon les types de produits. « Les consommateurs se sont remis à faire de la pâtisserie », a souligné Richard Girardot, président de l'Ania, rappelant l'explosion des ventes de farine, un phénomène qui a pu nuire ainsi à la pâtisserie industrielle ou à la biscuiterie, tandis que les conserves de fruits ont vu leurs ventes exploser de 20 % à 25 %. Autre secteur très touché par le confinement, celui des boissons, notamment la brasserie et particulièrement la brasserie artisanale.

Principale cause de ce recul, qui touche avant tout les TPE-PME, la fermeture de la restauration hors domicile (cafés, hôtels, restaurants et cantines), un débouché qui représente « près de 30 % de l'activité » de cette industrie, selon l'Ania. « 50% du poisson finit dans la restauration, quelle qu'elle soit, donc il y a eu un déséquilibre complet de la filière pêche », a notamment rappelé Richard Girardot lors d'un entretien avec l'AFP.

L'Ania pointe par ailleurs des « surcoûts » provoqués par la crise sanitaire, qui ont mis à mal la rentabilité des entreprises du secteur : « les hausses de prix de matières premières, transports, maintenance ou équipement de protection des salariés augmentent les coûts de production en moyenne de 9 % depuis le début de la crise ».

Richaud Girardot a appelé en conséquence les autres acteurs de l'alimentation, particulièrement la distribution, à « continuer à faire preuve de solidarité et partager les surcoûts qui sont arrivés dans cette période », même si certains acteurs de la distribution tentent d'y échapper en mettant déjà en garde contre un risque d'inflation.

Les entreprises agroalimentaires réclament un « plan de relance volontariste », notamment afin d'assurer « le sauvetage économique d'entreprises ou de marchés sinistrés » (TPE-PME et restauration hors domicile) et de permettre « des investissements massifs pour la modernisation des outils industriels indispensables à la relance durable du secteur ».

Sans pouvoir chiffrer les montants visés, Richard Girardot a évoqué le « besoin d'une meilleure capacité de stockage, dans le frais, dans le surgelé », et « d'investissements sur les produits dits sensibles », comme le pain, notant une désaffection pour les produits « qu'on peut toucher, au profit du pain emballé », depuis la crise sanitaire. Concernant l'emploi, il est « beaucoup trop tôt » pour savoir quel sera l'impact de cette crise, selon Richard Girardot, qui donne rendez-vous à la fin de l'été.


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DÉJÀ 1 RÉACTION


Chris
Il y a 131 jours
Mouais, et record de chiffre d'affaire pour les gms samedi 9 mai, comme pour Noël dixit un responsable de rayon !!!!!
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