Sécheresse / caniculeL'agriculture attend un signe fort de l'Etat vendredi

| AFP

PARIS, 20 août (AFP) - Gel, sécheresse, canicule : la conférence agricole, tenue vendredi à Matignon, sera l'occasion de dresser une première estimation du coût des aléas climatiques pour l'agriculture et d'annoncer certaines mesures financières pour aider ce secteur sinistré.

L'ordre du jour de cette conférence présidée par le Premier ministre, Jean-Pierre Raffarin, et à laquelle participeront le ministre de l'Agriculture, Hervé Gaymard, et des représentants du Conseil de l'agriculture française (CAF), a été quelque peu bouleversé par la crise que traverse l'agriculture depuis le début de l'été.

"A l'origine, j'avais sollicité cette réunion pour demander au gouvernement quelles étaient ses orientations en matière de politique agricole après l'accord sur la réforme de la politique agricole commune (PAC), et avant les négociations de l'Organisation Mondiale du Commerce (OMC) prévues en septembre", a expliqué à l'AFP Jean-Michel Lemétayer, président du CAF et également de la FNSEA, le syndicat agricole majoritaire. La loi sur les Affaires Rurales devait également être évoquée.

Avec la sécheresse et la canicule qui sévissent, la discussion devrait se focaliser sur les moyens que compte prendre le gouvernement pour aider "un secteur économique totalement sinistré et l'aider à passer le cap", selon M. Lemétayer. "Tous les agriculteurs attendent un signe fort de l'Etat", a-t-il indiqué.

"L'Etat a toujours été là en cas de problème et sera encore là", soulignait-on début août au cabinet de M. Gaymard.

Outre un point de la situation --et l'on ne mesure pas encore toutes les conséquences de la sécheresse--, "nous allons demander que le Fonds national de calamités agricoles fonctionne à son maximum et que le budget (agricole) qui ne sera pas suffisant puisse être abondé par l'Etat à hauteur des besoins", a déclaré M. Lemétayer.

Des aides pour les agriculteurs en difficultés ainsi qu'une "année blanche" pour les charges financières et sociales des agriculteurs victimes de la sécheresse seront également réclamées.

M. Lemétayer requiert également une diminution du taux des prêts "calamités", actuellement de 4%, qui pourrait passer "à 1,5% pour la majorité des agriculteurs et à taux 0% pour les plus endettés". Quantifier le coût de la sécheresse et de la canicule, "c'est très difficile, les chiffres pourraient faire peur", avoue M. Lemétayer. "2003 sera une année noire. Nous avons déjà un fort déficit fourrager de l'ordre de 60%. Et chaque jour qui passe sans pluie alourdit la note", prévient-il.

Cette réunion avec le CAF, constitué par la FNSEA, les Jeunes Agriculteurs, ainsi que l'Assemblée permanente des Chambres d'agriculture (APCA), et la CNMCCA (Confédération Nationale de la Mutualité, de la Coopération et du Crédit Agricole), suscite déjà le vif mécontentement des autres organisations agricoles qui n'y ont pas été conviées.

"Nous sommes très surpris, abasourdis de cette décision de réunir (uniquement) le CAF", a déclaré à l'AFP Nicolas Duntze, porte-parole de la Confédération Paysanne qui déplore "le retour au syndicat unique". Il aurait souhaité que "tout le monde soit autour de la table pour pouvoir gérer" cette situation.

"Dès le début, nous avons demandé l'instauration de vraies cellules de crise sous tutelle administrative", a-t-il insisté.

M. Duntze préconise l'instauration temporaire d'un Revenu minimum agricole (RMA) "qui pourrait être géré collectivement" ainsi qu'une participation des firmes agroalimentaires "à l'effort de solidarité".

La conférence agricole a été instituée en 1974 alors que Jacques Chirac était Premier ministre. La dernière, présidée par Alain Juppé, a eu lieu en février 1997.



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