NormandieL'abattoir AIM Group en redressement judiciaire

| AFP

L'abattoir normand AIM Group, accablé par les dettes, a été placé mercredi en redressement judiciaire avec une période d'observation de six mois, a-t-on appris auprès du tribunal de commerce de Rouen.

L'abattoir, spécialisé dans l'abattage de porcs et la découpe, est criblé de dettes, dont principalement 2,1 millions d'euros à l'Ursaaf (2,7 millions d'euros avec les pénalités de retard), a précisé Sébastien Lafon, représentant des salariés dans la procédure en cours et ancien dirigeant d'AIM.

Une dette accrue par des loyers impayés à hauteur de 1,7 million au propriétaire des bâtiments, l'actionnaire minoritaire d'AIM Group, la SEM Imagine (45% département de la Manche, 45% région Normandie et 10% Caisse des dépôts et consignations), qui était prête à ramener cette dette à un million d'euros, a assuré à l'AFP Marc Lefèvre (DVD), président du conseil départemental de la Manche. Mais selon l'élu, la situation d'AIM Group aujourd'hui est surtout la conséquence d'un manque de liquidités dès l'ouverture de l'abattoir en 2015. « Ce qui a manqué c'est la confiance de la filière porcine » car dès son lancement AIM Group « a manqué de tonnage », a-t-il expliqué. Selon l'élu, « les producteurs de porc ont eu peur » de travailler avec l'abattoir normand à la suite du dépôt de bilan d'AIM en 2015 « et ils sont revenus trop tardivement ». Pendant plusieurs mois, l'activité d'abattage n'a pas dépassé 5 000 porcs par semaine, insuffisant pour se créer des liquidités, selon Marc Lefèvre, qui précise que l'abattoir est parti chercher des porcs jusque dans le Finistère, faute de fournisseurs locaux, pour atteindre 6 500 porcs par semaine actuellement.

En 2015, après le dépôt de bilan d'AIM et la reprise de ses sites, les Abattoirs industriels de la Manche avaient perdu la moitié de leurs effectifs, passant de 590 à 276 salariés. Le site d'AIM à Antrain (Ille-et-Vilaine) avait été repris par le groupe breton Chapin-Monfort. L'abattoir de Sainte-Cécile (Manche) avait lui été repris à 66 % par une SAS composée de salariés (Abattoir Salarié Solidaires Normandie, ASSN) et la SEM Imagine (45% département de la Manche, 45% région Normandie et 10 % Caisse des dépôts et consignations) à 34 %. Ils avaient bénéficié de prêts, notamment de l'État (2,5 millions d'euros à un taux d'intérêt de 6,5%) pour relancer l'activité.

Actuellement, l'emploi des 240 salariés d'AIM Group à Sainte-Cécile (Manche) et Villedieu-les-Poêles (Manche) est de nouveau menacé. Et pourtant le chiffre d'affaires de l'entreprise, qui abat entre 6 300 et 6 500 porcs par semaine, est au beau fixe : 39 millions d'euros en 2015 sur neuf mois d'exercice, 64 millions d'euros en 2016 et 70 millions d'euros en 2017, souligne Sébastien Lafon. Une nouvelle audience du tribunal de commerce de Rouen doit avoir lieu dans deux mois. Selon Marc Lefèvre, si la partie transformation et commercialisation pourrait trouver un repreneur, « sur la partie abattage c'est compliqué ».


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