Système herbagerJ-F Glinec (29): « Nos vaches à 4000 l sont plus rentables que celles à 10 000 »

| par | Terre-net Média

Jean-François et Olivier Glinec sont éleveurs laitiers dans le Finistère. Ils ont témoigné de leur mode de travail dans le documentaire Terre à terre de l'association d'étudiants "Déterreminés". Comme deux autres éleveurs européens interrogés, les Bretons sont dans une démarche d'agriculture durable et économiquement rentable. En effet, en système tout herbe et avec des vaches à 4 000 litres de moyenne, les éleveurs parviennent à vivre correctement de leur métier et même « mieux que dans le système intensif dans lequel nous avons démarré. »

[Témoignage] Jean-François et Olivier Glinec, éleveurs laitiers à Saint-Urbain (29) :

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Dans le but de faire découvrir un modèle d'agriculture durable, quatre étudiants en école d'ingénieur en agronomie ont monté l'association Déterreminés. Ils ont alors réalisé un documentaire donnant la parole à des agriculteurs européens qui se sont impliqués dans une agriculture dite « respectueuse des hommes et de l'environnement », tout en assurant une rentabilité économique. Parmi eux, Jean-François et Olivier Glinec, éleveurs laitiers en Bretagne.

Découvrez la page Facebook de l'association Déterreminés pour en apprendre davantage sur le projet, ainsi que la chaîne Youtube pour découvrir les autres vidéos

On sort 2 500 €/mois chacun tandis qu'on ne gagnait rien auparavant en système intensif.« L'idée c'est de mettre en place et d'avoir ce qu'il faut sur la ferme pour sortir chacun ses 2 500 €/mois sans y être jour et nuit et massacrer la planète autour de nous. » En 30 ans, les deux éleveurs ont su faire évoluer leur système pour le rendre économique et fonctionnel. « La valeur globale est beaucoup plus forte que chaque valeur individuelle », témoignent ces derniers. En effet, sur leur ferme de 80 ha de prairies permanentes, ils ont su s'entourer de nouvelles personnes et donc de compétences en développant le maraîchage et la production de bière en plus de leur production laitière.

Mieux gagner sa vie en système extensif qu'intensif

Comme les deux autres éleveurs européens interrogés, Jean-François et Olivier expliquent : « On a démarré dans un système très intensif, où on ne gagnait rien. Petit à petit, on a adapté la conduite de la ferme à notre petite unité paysagère et maintenant on gagne bien notre vie. »

« On n'est pas obligé d'être pauvre, malheureux et avoir du travail par dessus la tête dans notre métier. ». Les éleveurs n'envient pas les grosses structures. D'ailleurs, ils préfèrent se débrouiller seuls pour la conduite du troupeau : « Sur la ferme, il n'y a plus ni technicien, ni contrôleur laitier, ni marchand d'aliment. »

Concernant l'alimentation du cheptel, le maïs n'en fait pas partie : « Ici c'est l'agriculture des années 60, avant que le maïs n'arrive. On a des animaux moins productifs mais plus rustiques, qui vivent mieux, et nous aussi. » En ration 100 % herbe (pâturage et ensilage d'herbe), les vaches ne dépassent pas les 22 litres au pic de production. Bien sûr, comme le rappelle Jean-François : « Nous ne représentons qu'une petite fraction des éleveurs de Bretagne. » Et pourtant, ils en sont convaincus : « notre vache à 4 000 litres/an est plus rentable que celle de nos collègues à 10 000 litres. »

« Il faut ramener des gens dans les campagnes »

Jean-François et Olivier ont repris la ferme en 1990. Ils se sont entretenus avec leurs voisins non agriculteurs pour mieux comprendre les attentes de la société. À titre d'exemple, ils ont réhabilité un chemin pour que les gens puissent se promener. Ces actions créent une « interface », comme ils la nomment, entre la ferme et les consommateurs. « Il faut ramener des gens dans les campagnes » : pour eux, c'est une obligation. « Quand on remplace 10 fermes par une seule, ça fait un trou dans le paysage. En termes de qualité de vie, ça devient compliqué. »

Ils sont conscients de la difficulté de s'installer pour les jeunes : « Celui qui n'est pas issu du milieu agricole entre en concurrence avec des exploitants prêts à mettre beaucoup d'argent pour obtenir la parcelle d'à côté alors qu'ils sont déjà bien développés. » De leur côté, ils ont permis à deux personnes de s'installer en louant une parcelle d'1,5 ha à Estelle pour son activité de maraîchage et mis un local à disposition de Gwen pour la fabrication de sa bière.

Découvrez le témoignage complet des trois éleveurs européens dans le documentaire ci-dessous (activez les sous-titres grâce au rectangle en bas à droite de la fenêtre du lecteur vidéo) :

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DÉJÀ 52 RÉACTIONS


The germs
Il y a 129 jours
Tu n'a pas tord Ingals, mais en Bretagne aussi les exploitations lait disparaissent vitesse grand V... et il n'y a plus beaucoup de village avec 10 exploitations en lait dans cette région, comme dans d'autres...
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Ingalls
Il y a 129 jours
Au delà de la linéarité, il faut bien se dire que c'est plus facile à faire dans une région très agricole avec 10 exploitations laitières par village et où le laitier peut se permettre de faire un crochet de 500 mètres pour venir chercher un faible litrage que dans une région où le lait est en déclin avec 1 exploitation laitière tous les 10-20 km et où la laiterie n'aura pas vraiment envie de faire l'effort de venir pour 200-250.000 litres / an.
Attention donc à ne pas nous vanter des modèles tout fait comme étant une solution. Mais l'article est très intéressant, bien plus que ceux parlant de grosses exploitations qui n'ont rien de vertueux !
Le tout est de ne pas entrer dans les extrêmes, un troupeau de 70 vl à 6-7000 litres avec zéro achat extérieur, juste ce qu'il faut de cultures pour nourrir le troupeau et faisant vivre 2 UTH peut-être tout aussi vertueux !
Dehors le contrôle laitier, les centres d'insemination qui en voulant toujours faire plus vite nous pondent des m..des, les nutritionnistes et j'en passe !!
Toutefois Félicitations à ces éleveurs d'avoir osé sortir du système du toujours plus 👍?
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Fink
Il y a 131 jours
Y en a on se demande jusqu’à quel degrés ils sont capables de s’endettet? C ahurissant. Au point de mal finir et polluer la planète. En plus quand on constate que la consommation de lait liquide en France en 2018 a diminué de 2.9 milliards de litres , il est préférable d’être prudent. Mieux vaut maîtriser les charges que d’enfumer les voisins .
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steph72
Il y a 131 jours
Beaucoup d'agriculteurs sont dans une logique intensive,parce que le bâtiment neuf,le robot et le matériel il faut l'amortir .
Les seuls gagnants sont les banques,les marchands de de feraille,les fabriquant d'aliments....
Par contre le producteur il lui reste parfois même pas de quoi vivre.
Ça fait vivre tout un système qui vit bien grâce au boulot de l'éleveur.
Alors arrêtons d'écouter les conseillers et travaillons pour vivre et non l'inverse.
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fink
Il y a 132 jours
ce reportage est une belle vitrine: réussite environnementale,économique et sociale.Aujourd'hui en france parmi les 3 éléments que je cite dans 8 fermes sur 10 il en manque 1 ou 2 quand c pas les3!!! est-ce que je me trompe?moi j'ai passé ma ferme en acs je prélève convenablement et je ne veux pas etre responsable des étendues de chiendent qui envahi la plus grande baie d’Europe a cause des nitrates en provenance des élevages industriels de porcs et vaches laitières; vous la connaissez tous c la nôtre :la baie du Mont Saint Michel! au train ou ça va la filière des moutons aop 'prés salés' est en péril . ainsi que tout l'ecosystème maritime .les chercheurs on mis au point l'huitre triploïde pour remplacer la sauvage en raison de la perturbation du phytoplancton. veut on la fin de cette planète et des paysans pauvres?
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The germs
Il y a 131 jours
La chouette. C'est pour cela que je parle de "logique d'exploitation". Ce n'est pas toutes les exploitations qui peuvent se permettre de dégager une vache parce quelle serait "hors saison" de vêlage, surtout qu'il y a déjà pas mal de critères rédhibitoires, bien avant celui là, pour faire le trie dans le troupeau...
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Marius
Il y a 132 jours
L'ensilage de maïs a été le loup dans la vacherie. Depuis le prix du lait n'a cessé de diminuer. Regarder la Bretagne quelle plus value à son lait (emmenthal entremont. Pas un fromage AOP. La Normandie suit perte de label du camembert (de Normandie). Maïs égal intensif. Les producteurs meurent en se faisant le mal eux mêmes. Regardez le prix du lait des producteurs de comté beaufort st nectaire par exemple. Sans avoir des vaches à 10 000 litres. Cette année sur un comice un producteur se vantait que ses vaches dépassaient les 10 000. Je lui ai demandé à combien son lait était payé réponse 301. Puis combien de lactations par vache réponse moyenne 3. Et bien moi mon lait transformé à 1,07. Plusieurs de mes vaches ont dépassé 10 ans. Depuis la génétique trois lactations en plus. Et des veaux vendus à plus de 200 euros (croisés). Et non à 4,30 euros comme lus et je ne parle pas de ceux e uthanasies dès la naissance.
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Olivier GLINEC
Il y a 132 jours
A vu de nez, il y a une moitié de la production française qui n'est pas concernée par la linéarité: en gros tout ce qui se sèche ou se conserve longtemps. Par contre il est évident que les usines préfèrent être remplies tout les jours, mais il faut rappeler de temps en temps aux laiteries pour produire 1 l de lait dans une ferme il faut mobiliser 3 € (terre, bâtiments matériels stocks en valeur à neuf) alors que l'usine pour traiter ce même litre de lait ne coûte que 30 centimes. D'ailleurs la plus grande frousse de l'industrie c'est le manque de lait dans les années à venir et pour ce que j'en sait, tant que les trayeurs de vaches sont content d'aller bosser, elle est prête a les laisser donner libre court à leur fantaisies.
Pour ce qui est du bio, il n'a de sens que dans le cadre d'une autonomie alimentaire à peu près totale. D'ailleurs les opérateurs mettent en garde certains convertis qui s'imaginent faire du bio comme on fait du conventionnel alors que les filières porcines et avicoles font main-basse sur toutes les céréales bio disponibles et ce à n'importe quel prix
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La chouette
Il y a 132 jours
Ta vache qui est hors délais par rapport aux autres tu la vend c pas plus compliqué que ça ou tu l’envoi au crochet. Sur une ferme des temps qui courent il est question d’argent et non de sentiments.
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La chouette
Il y a 132 jours
A thé germe ( le message est décalé)
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