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Témoignages d'éleveursIls ont répondu à l'appel de réduction volontaire des volumes de lait

| par | Terre-net Média

Ils sont producteurs laitiers dans les Ardennes, les Côtes d'Armor, le Doubs, la Sarthe ou encore la Somme et ont quasiment tous répondu à l'appel de baisse des volumes produits de l'interprofession. Tarissement avancé, réforme, changement de système de pâturage, diminution des concentrés... : ils nous expliquent leurs stratégie pour réduire leur production laitière.

Éleveurs laitiersGhislain, Valérie, Marc, Gérard, Dominique : ils sont éleveurs laitiers et ont répondu à l'appel de l'interprofession de réduire les volumes. Chacun explique sa stratégie. (©Cniel)

On le sait tous maintenant, l'interprofession laitière appelle les éleveurs à réduire leur production pour éviter un engorgement des marchés et une chute du prix du lait.

Caroline Le Poultier, directrice générale du Cniel s'exprimait récemment sur le sujet : « Les industriels font face à des difficultés de main d'œuvre et de logistique. Certains ont perdu de nombreux marchés et d'autres tournent à plein régime pour assurer l'approvisionnement. Le pic de production saisonnier apporte une difficulté supplémentaire. Et notre premier objectif est d'éviter de jeter du lait. »

Un fonds de 10 millions d'euros pour indemniser la baisse de production

« Nous comparerons vos livraisons du mois d'avril 2020 à celles d'avril 2019 et si une baisse d'au moins 2 % est constatée et dans la limite de 5 %, une compensation de ce lait non produit vous sera versée à hauteur de 320 €/1 000 l », explique-t-elle. Pour ceux qui n'ont pas de référence laitière à avril 2019, ou si le volume contractuel a augmenté depuis, la référence à mars 2020 sera prise en compte.

Des éleveurs qui jouent le jeu

Sur la chaine Youtube du Cniel, plusieurs éleveurs témoignent de leur engagement dans cette démarche de réduction volontaire :

Valérie Barrois, productrice dans les Ardennes (08) :

« Nous avons été informés par notre coopérative courant mars qu'il ne serait pas possible de faire de dépassement sur l'année puis en avril, avec la crise du coronavirus qui s'amplifiait, on nous a demandé de réduire notre production », explique l'éleveuse.

Pour ce faire, Valérie et son mari ont revu leur plan de pâturage en redécoupant les parcelles en petits paddocks afin de limiter la consommation d'herbe et donc le pic de lactation. Ils ont également tari certaines vaches plus tôt que prévu et ont changé leur aliment de complémentation. Elle s'explique dans la vidéo ci-dessous :

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Marc Jourdain, producteur dans les Côtes d'Armor (22) :

Avec une production annuelle d'un peu plus d'1 million de litres, Marc a consulté son logiciel de prévision de production pour simuler la baisse de volume. « Cette simulation m'a montré qu'en tarissant de façon anticipée six vaches et en réformant deux vaches, ma production devrait baisser de 5 % sur avril 2020. C'est ce que j'ai fait dès que l'interprofession a annoncé le fonds de compensation. » Découvrez son témoignage vidéo :

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Gérard Guyot, producteur dans le Doubs (25) :

« On a tari des vaches un mois plus tôt. Comme elles avaient encore du lait, on préfère ne pas les sortir donc on les laisse à l'étable avec du foin uniquement », explique Gérard. « Concernant la production par vache, on ne peut pas faire grand chose au pâturage. » Pour l'éleveur, « c'est double peine de réduire la production en cette période de l'année ! »

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Ghislain de Viron, producteur dans la Sarthe (72) :

Dans la vidéo ci-dessous, Ghislain liste ce qu'il a mis en place pour réduire sa production : il a réformé des vaches de façon anticipée, il a aussi tari quatre vaches plus tôt que prévu et a réduit la distribution des concentrés. En tout, l'éleveur estime une baisse de 2 à 3 % de sa production pour avril. Découvrez son témoignage :

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Dominique Dengreville, producteur dans la Somme (80) :

Dans la Somme, la coopérative laitière de Dominique ne demande pas encore de réduction car elle commercialise principalement aux GMS. « À l'inverse de ce qui est demandé, la coop a besoin de volumes, d'autant plus que nous sommes dans des systèmes assez peu herbagers donc on n'a pas ce pic de production comme il en existe ailleurs. » Il l'explique dans la vidéo ci-dessous :

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DÉJÀ 2 RÉACTIONS


rebelle
Il y a 190 jours
ceux qui chantent en pleine pousse de l herbe ,danseront surement quand l été sera venu ....
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rebelle
Il y a 190 jours
appel solidaire .....????solidaire de quoi.....????dans un mois si la météo ne change pas on sera tous solidaires ....et dans trois de plus on se plaindra de ne plus avoir assez de production de lait pour couvrir nos charges ....
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