40 ans des services de remplacement« Il faut chaque année se battre pour maintenir le crédit d'impôt », selon Nicolas Fischer

| par | Terre-net Média

Les services de remplacement emploient plus de 12.000 salariés. Ils fêtent, du 22 au 24 mai 2012 dans le Maine-et-Loire, leur quarantième anniversaire. Répondant à la demande de remplacement croissante des agriculteurs, la structure nationale doit se battre chaque année pour conserver le crédit d'impôt dont les agriculteurs peuvent bénéficier depuis 2006.

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En 2011, les services de remplacement ont passé le cap des 600.000 journées effectuées. (© Terre-net Média)

Ce mardi 22 mai 2012 s’ouvre le quatrième congrès de Service de remplacement France, qui se tient jusqu’à jeudi 24 mai à La Pommeraye, dans le Maine-et-Loire. Une occasion pour fêter le quarantième anniversaire d’un service qui ne cesse de se développer pour répondre aux besoins grandissants des agriculteurs en matière de remplacement.

En 2000, les services de remplacement, implantés sur l’ensemble du territoire, avaient effectué environ 400.000 journées de remplacement. En 2011, les 450 structures locales de remplacement ont franchi le cap de 600.000 journées effectuées, soit 50 % de plus en 12 ans.

Le succès est tel qu'en employant 12.000 salariés dont 2.400 en Cdi, les structures locales, fédérées au sein d’une organisation nationale, concentrent une masse salariale digne d’une grande entreprise et se posent véritable acteur du territoire.

« Les services de remplacement ne sont plus considérés par les agriculteurs comme un service que l’on utilise pour partir en vacances, mais bien comme une assurance, explique Nicolas Fischer, président de Service de remplacement France. Les agriculteurs y adhèrent pour avoir la garantie d’être remplacés en cas de problème. »

Si le développement des services de remplacement a permis à de nombreux agriculteurs de prendre plus facilement des congés, la maladie, l’accident ou le décès constituent, avec 38 % des demandes, le principal motif de remplacement, contre 28 % pour les congés.

Professionnaliser les agents

Après 40 ans d’existence, ces services entrent dans une phase de maturité. « Tout en répondant à la demande croissante des agriculteurs, nous cherchons à professionnaliser nos agents de remplacement, poursuit Nicolas Fischer. Ils doivent s’adapter aux nouvelles techniques et pratiques des agriculteurs. Dans les stabulations, les robots de traite sont de plus en plus nombreux. Les agents doivent savoir utiliser ces nouveaux matériels. »

Les besoins de formation concernent aussi les agriculteurs adhérents. « Expliquer les procédures, transmettre des consignes claires et donner les clés de l’exploitation pour quelques jours à quelqu’un qui ne la connaît pas bien, ça s’apprend ! »

Les services de remplacement en chiffres

40 ans après leur création, les services de remplacement, ce sont :

  • 450 structures présentes sur l’ensemble du territoire ;
  • 70.000 chefs d’exploitation adhérents ;
  • plus de 40.000 personnes remplacées chaque année ;
  • 600.000 journées de remplacement annuelles;
  • 12.000 agents de remplacement, dont 2.400 salariés en Cdi ;
  • 2.900 salariés équivalent temps plein ;
  • 3.000 bénévoles et 200 salariés administratifs pour assurer la gestion des structures
Les responsables des services de remplacement affichent aussi leur volonté de professionnaliser la relation entre l’agent et l’agriculteur, grâce à des outils de gestion des ressources humaines informatisés.

Un crédit d’impôt remis en cause chaque année

Reste que, outre le souci d’améliorer le service apporté aux agriculteurs, la structure nationale doit se battre toujours plus pour pérenniser le financement des 450 associations locales. « Le budget des services de remplacement est constitué de 40 à 60 % de fonds publics. Avec la crise, il nous est difficile de maintenir les aides des collectivités. »

Depuis 2006, les agriculteurs bénéficient d’un crédit d’impôt égal à 50 % des dépenses engagées dans la limite de 14 jours par an et d’un plafond annuel d’environ 970 €. Un crédit d’impôt qu’il faut renégocier chaque année auprès du ministère des Finances. « Tous les ans, nous devons défendre les services de remplacement à Bercy pour obtenir le maintien de ce crédit d’impôt. Malgré l’utilité grandissante des services, le ministère des Finances considère toujours le crédit d’impôt comme une niche fiscale, et non pas comme un outil social. »

Dès cet été, Nicolas Fischer ira défendre une dernière fois le crédit d’impôt auprès des services du ministère des Finances, avant de céder sa place de président, en septembre, et comme le stipule les statuts de la structure nationale, à un autre administrateur du syndicat Jeunes agriculteurs.


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