Procès SpangheroFoodwatch demande de « briser le cercle infernal des scandales alimentaires »

| AFP

L'ONG Foodwatch espère que le procès Spanghero, de la viande de cheval vendue pour du b½uf, qui ouvre lundi à Paris, permettra de « briser le cercle infernal » des « scandales alimentaires », d'améliorer la transparence de la filière viande et d'augmenter les contrôles.

Ce procès, qui concerne deux anciens dirigeants de la société Spanghero, entreprise de transformation de viande, et deux traders néerlandais, doit permettre de « revenir sur l'opacité, le manque de traçabilité de la viande », et « les sous-effectifs criants au sein des organes de contrôle », estime Karine Jacquemart, directrice de Foodwatch France, citée dans un communiqué. L'enquête a révélé que plus de 4,5 millions de plats cuisinés à partir de viande frauduleuse ont été écoulés en Europe, dans plus de 13 pays via un trafic de viande de cheval qui s'opérait par le biais de traders néerlandais, dont la société est basée à Chypre. Selon des tests ADN menés en 2013 dans 27 pays de l'Union européenne, la France était le pays le plus touché par la fraude à la viande de cheval avec 13,3 % de produits testés positifs (contre 4,6 % en moyenne ailleurs en Europe).

Foodwatch reconnaît que quelques mesures de transparence ont suivi : l'étiquetage de l'origine de la viande dans les plats préparés depuis fin 2016, la multiplication par dix des amendes en cas de tromperie décidée par la loi Hamon, et la création d'un réseau européen pour une meilleure collaboration entre États membres, le Food Fraud Network. Mais « six ans après, le constat reste accablant et il est impératif d'aller beaucoup plus loin», estime l'ONG. Foodwatch demande en particulier des améliorations sur la traçabilité dans la législation alimentaire de l'UE. « Dans les faits, on en est loin », estime l'ONG, en citant notamment les œufs contaminés au fipronil et l'affaire du lait contaminé Lactalis. L'ONG demande également moins d'opacité.

Près de 10 000 personnes ont déjà signé une pétition lancée par Foodwatch pour réclamer plus de transparence sur les contrôles alimentaires menés par les autorités. Enfin, Foodwatch réclame des agents publics supplémentaires pour mener les contrôles sanitaires dans les entreprises, alors que l'atmosphère budgétaire est plutôt à « l'écrémage alarmant » des services spécialisés comme la DGCCRF (répression des fraudes), « qui doit perdre 90 agents sur la période 2018-19 ». « Le nombre des inspections sur la sécurité sanitaire des aliments est passé de 86 239 en 2012 à 54 000 en 2017, soit 37 % de contrôles en moins », souligne l'ONG.


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