Hautes-PyrénéesFeu vert pour le projet contesté d'une porcherie industrielle

| AFP

La préfecture des Hautes-Pyrénées a accepté mercredi l'enregistrement d'un projet contesté de porcherie industrielle, entre Lourdes et Tarbes, pouvant accueillir jusqu'à 6 420 porcs par an, provoquant la colère des opposants qui mettent en garde contre des « nuisances importantes ».

Porté par la société Sélec'Porc, filiale à 100 % de l'entreprise Fipso, basée à Lahontan (Pyrénées-Atlantiques), ce projet prévoit la construction d'un bâtiment de 2 600 m2 sur le site d'une ancienne porcherie sur la commune d'Ossun (Hautes-Pyrénées).

Cette exploitation pourrait recevoir 2 928 porcs et porcelets de manière permanente dans le but d'y être engraissés, sur un modèle breton d'élevage intensif hors-sol. « L'instruction qui a été conduite pendant sept mois par les services de l'État, en toute impartialité et neutralité, a permis de conclure que le dossier était complet et conforme à la réglementation en vigueur. Il n'y a donc pas, en droit, d'éléments qui me permettent de dire "je refuse d'enregistrer ce dossier" », a déclaré à la presse Brice Blondel, le préfet des Hautes-Pyrénées.

« Monsieur le Préfet cherche l'affrontement, il l'aura », a réagi de son côté Michel Hourné, membre de l'association « No Porcharan », qui s'est constituée en décembre contre le projet. « Ce dossier n'est pas complet et régulier et il le sait. On ne comprend pas. C'est la preuve que l'avis de la population ne compte pas. C'est la confrontation entre la société civile et l'administration », a-t-il ajouté. « Nous ne voulons pas de cette porcherie, d'abord en raison des nuisances importantes qu'elle provoquerait, mais aussi à cause d'un possible risque sanitaire et d'une problématique qui concerne la distribution d'eau, puisque le réseau actuel n'est pas prévu pour pouvoir fournir l'eau suffisante à ce type d'installation », a renchéri José Astorga, le président de l'association « No Porcharan ».

1,5 emploi

De plus, « ce projet n'apporterait rien à la commune, car il est porté par Fipso Industrie et non pas par un paysan, et il ne génèrerait que 1,5 emploi sur le site. On connaît la situation en Bretagne, elle ne sera pas différente ici », selon lui. Le président de l'association « No Porcharan », a d'ores et déjà attaqué le permis de construire devant le tribunal administratif. Jeudi 21 mars, une manifestation d'opposants a rassemblé 540 personnes à Tarbes, selon les chiffres de la préfecture. Les adversaires de cette porcherie ont également reçu le soutien de nombreuses associations environnementales et de défense des animaux, dont celui de la fondation Brigitte Bardot. L'ancienne actrice avait notamment écrit une lettre ouverte au préfet des Hautes-Pyrénées pour lui demander de mettre un terme au projet, qualifiant ce type d'élevage de « camps de concentration ».

« Ce projet est difficilement accepté par la population locale », a reconnu Brice Blondel. « C'est pourquoi je vais convoquer le porteur de projet la semaine prochaine, sans attendre d'éventuels recours, pour lui demander d'engager la concertation nécessaire pour s'assurer de l'acceptabilité de ce projet », a-t-il précisé. « Aujourd'hui, dans un contexte de baisse du nombre d'élevages d'engraissement de porcs dans le Sud-Ouest, les porcs qui naissent à Montardon, à moins de 70 km d'Ossun, faute de solutions locales, peuvent être transportés jusqu'en Bretagne pour y être engraissés puis revenir pour approvisionner la consommation locale. C'est une aberration ! », affirme dans un communiqué la FDSEA65, qui soutient le projet. « Cette porcherie correspond aux besoins alimentaires de la population des Hautes-Pyrénées et participe au maintien de tissus d'élevage local », selon elle. Sollicitée par l'AFP, l'entreprise Fipso n'a pas souhaité réagir.


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