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Exploitations laitièresLa hausse des charges pénalise à nouveau la trésorerie en 2019

| par | Terre-net Média

En 2019, l'augmentation des différents postes de charges grève encore la trésorerie des exploitations laitières, malgré une hausse des prix du lait pour certaines zones. Les revenus restent encore très bas. « Les années de crise récentes et les forts investissements réalisés dans les élevages génèrent des situations financières difficiles, parfois aggravées par la sécheresse », relève l'Idele dans un rapport publié début avril.

Synthétisant ses différents travaux issus des réseaux d’élevage Inosys, les résultats de l’observatoire de la situation financière, l’indicateur de marge MILC et les indicateurs technico-économiques de performance dans les exploitations, l’Institut de l’élevage a publié début avril une analyse des revenus 2019 des exploitations laitières.

La situation financière s’avère ainsi dégradée à la clôture de l’été 2019, pour les exploitations suivies par l’observatoire de l’endettement des trésoreries (principalement situées dans le Grand Ouest et le Cantal).

Une trésorerie négative pour un tiers des exploitations

Dans ces exploitations, on observe une nouvelle baisse du revenu disponible, en lien avec une hausse des charges dans un contexte de prix stable, note l’Idele. Le revenu disponible s’y établit en moyenne à 20 000 € par unité de travail non salariée, ne permettant pas de générer une marge de sécurité. Les prélèvements privés se maintiennent à 21 000 € par UTANS.

L’évolution des investissements diffère en revanche selon les zones. Dans le Grand Ouest, les niveaux d’emprunts à long et moyen terme restent supérieurs aux investissements nets réalisés. Par contre, après une année 2018 en forte baisse dans le Massif Central, ils augmentent en 2019, financés par l’emprunt.

1 ferme laitière sur 3 a un ratio annuité/EBE > 40 % et un ratio dettes totales/actif > 40 %De plus, avec 102 € les 1 000 litres en moyenne, les dettes court-terme des élevages restent élevées. Un tiers des exploitations observées avait une trésorerie négative lors de la clôture d’été, et un autre tiers est endetté à long ou moyen terme, soit avec une trésorerie nette globale positive, mais un ratio annuité/EBE supérieur à 40 % et un ratio dettes totales/actif supérieur à 40 %. La trésorerie des exploitations reste donc très tendue, même si l’on note une amélioration depuis 2017 : la proportion d’éleveurs en trésorerie négative était alors de 41 %, et celle des éleveurs peu endettés était de 25 %, contre 33 % en 2019. Cependant, la sécheresse qui a sévi cet été dans le Massif Central risque d’aggraver la situation des exploitations de la zone.

L’Ipampa, l'indice des prix d'achat des moyens de production agricole, s’est maintenu à des niveaux élevés pour le lait de vache en 2019, dépassant son niveau de 2013 avec 104,1 (+ 1,3 % par rapport à 2018, qui marquait déjà une hausse de + 3,6 %). Les charges augmentent surtout du fait de la hausse des prix des matériels neufs (+ 1,3 €/1 000 l), de celle des aliments (+ 0,55 € /1 000 l) et de celle des engrais (0,54 € / 1 000 l).

Réseau Inosys : revenus stables malgré un prix du lait à la hausse

Dans le réseau Inosys, réseau qui associe 1 400 éleveurs et plus de 220 ingénieurs sur l’ensemble du territoire français et dont les performances sont globalement supérieures à la moyenne des exploitations laitières françaises, les prix du lait sont globalement en hausse en 2019, mais la croissance parallèle des charges empêche une augmentation des revenus.

Après une décennie difficile pour la plupart des éleveurs laitiers, ceux-ci semblent donc se stabiliser en 2019, avec deux années successives plutôt favorables à l’ensemble des systèmes, même si les zones de montagne et les piémonts du sud de la France ont été fortement impactés par la sécheresse. Dans ce réseau, les systèmes de plaine, bio et conventionnels, et les systèmes AOP de l’Est obtiennent de rémunérations supérieures à 30 000 €/UMOex, indique l’Idele qui y voit un « fait rare pour la décennie ». En revanche, les revenus restent très bas dans les élevages du Sud.

« Pour la troisième année consécutive, le prix du lait est à la hausse pour l’ensemble des systèmes de production étudiés », indique le rapport, précisant que cette hausse est généralisée mais modérée (de l’ordre de 4 € les 1 000 litres en bio, une dizaine d’euros en conventionnel et une quinzaine pour les AOP de l’Est). Ce signal encourageant est renforcé par une hausse plus modérée de l’indice Ipampa lait de vache, à + 1,3 %, alors qu’il était de + 3,6 % en 2018.

Malgré ces éléments encourageants, il faudra sans doute tempérer son optimisme concernant les trésoreries 2020, la crise de Covid-19 impactant de façon directe la filière laitière française, alors que l’année avait pourtant bien commencé.


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DÉJÀ 24 RÉACTIONS


Capitaine
Il y a 32 jours
http://www.web-agri.fr/universpro/point_entree.asp?idRub=2777
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hautot nicolas
Il y a 33 jours
quand on entend que les industrielles veut investir que long de la manche car il voient trop arrêt collecte autre par. sa sens le roussi avenir laitière et une hausse du prix du lait.
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Patrice Brachet
Il y a 33 jours
Bob j habite en Perigord actuellement pas de pollution, pas de chant du coq pas d odeur de lisier pourtant une majorité des résidences secondaires sont occupées. C est pas bizarre ? Et pourtant on n est pas faux cul car un coup de téléphone et tout le monde revient à la case départ. Pour la pac un collègue l a écrit sans pac la nourriture c est plus 30/50% donc on serait gagnant alors s il vous plait passez votre chemin
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Oups
Il y a 33 jours
Bah oui bob , c'est quoi ton problème ? Tu es certainement un de ces bobos qui pensent être les meilleurs du monde, qui ne polluent pas, respectueux de tout , qui pensent que Paris est la capitale du monde et que les parisiens sont les plus beaux , les plus intelligents du monde ,.............
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Jeuneagri
Il y a 26 jours
Votre commentaire est bel et bien méprisant -_-
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Jeuneagri
Il y a 31 jours
Une stabul à 100m et vous croyez tout savoir sur la vie des agriculteurs... Cela confirme bien mes propos, vous êtes un millitant d'une assoc. qui cherche à nous tailler ...
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bob
Il y a 32 jours
jeunevrabri
tout le monde a le droit de lire web agri . nous tailler à bon. moi bobo là je rigole si je suis un bobo ben toi aussi moi il y a une stabul à 100 mètres de ma baraque et tout ce qui va avec ça me dérange pas du tout au contraire ce qui me fatigue c est lire des pleurnichas toujours raconter des mensonges et franchement pas très constructif tes réactions on peut pas dire que tu as l'esprit ouvert
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Marius
Il y a 26 jours
Votre commentaire démontre l'intolérance pour les non exploitants. Vous pleurez que l'on n'est pas aimé. Mais avec vos propos d'intolérance c'est l'arroseur arrosé. Il faut accepter le compromis. Vous êtes l'exemple type. : Je fais mon métier comme je veux et moi seul sait faire. Vous les non-ruraux vos gueules. Mais content que ceux-ci paient des impôts pour nos aides. Un peu de respect et toujours du partage. Tous les jours, je rencontre plus de non-ruraux que d'agriculteurs aigris (atteints du pleunichard). Et depuis, que je les rencontre (vente directe) ils voient le métier différemment mais je n'oublie jamais de leur dire la mentalité de certains qui pourissent notre métier (en réponse pas d'insultes cela vous rehaussera).
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Jeuneagri
Il y a 33 jours
Bob l'éponge
Dans quelle but venez vous ici? Nous taillez? Nous empêcher de dire ce qu'il ne va pas?? Je ne comprends pas votre démarche, vous nourrissez le mal-être de notre métier ??..... En revanche nourrir des bobo comme vous, ça m'exaspère... Donc si vous n'êtes pas content, partez sur une île déserte jouer au Robinson ! Des idéologistes de votre genre doivent dégager !
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bob
Il y a 34 jours
mais bien sur il y a même un site pour voir combien vous touchez par agri
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