Robin, de journaliste à éleveurÉtape 6 : le financement du projet d'installation

| par | Terre-net Média

Robin Vergonjeanne entre dans la dernière phase de son parcours à l'installation sur lequel il revient, avec un peu de recul, dans une série d'articles, en précisant ce qui s'est bien passé et les difficultés auxquelles il a été confrontées, tout en donnant quelques préconisations. Cette ultime phase correspond au financement de son projet d'élevage de vaches allaitantes et de porcs bio près de Grenoble, en Gaec avec une amie rencontrée pendant ses études.

robin vergonjeanne eleveur de vaches allaitantes a la ferme de bellevue en isereRobin jette un dernier regard sur son parcours à l'installation, à travers le financement de son projet, avant de « plonger dans le grand bain ». (©Robin Vergonjeanne) 

« Quand les taux sont autour de 1,20 à 1,40 % comme en 2017, il est plus judicieux d'emprunter que de financer soi-même son projet d'installation en agriculture, même partiellement », constate Robin. Ou alors il faut être très riche ! » Anne et lui ont, en effet, peu d'apport personnel. Ils se disent aussi qu'il vaut mieux garder de la trésorerie pour le premier exercice afin de pouvoir payer les factures de véto, médicaments, aliments, carburants, électricité... Car celles-ci peuvent très vite s'accumuler !

Auparavant, les jeunes installés pouvaient bénéficier de prêts bonifiés. Mais ceux-ci, négociés quand les taux d'emprunt étaient bien plus élevés − 5 à 6 % selon les cas − sont devenus moins intéressants et le ministère de l'agriculture a décidé de les supprimer et de relever le montant de la DJA (dotation jeune agriculteur). Ce qui est préférable d'après Robin car « ce sont des espèces sonnantes et trébuchantes » utilisables pour payer les intrants ou investir.

« Aller à la pêche aux aides locales »

Si le financement du projet des futurs producteurs de vaches allaitantes et de porcs est relaté dans le dernier article de la série présentant leur parcours à l'installation, cela ne signifie pas pour autant qu'il ne faut s'en préoccuper qu'à la fin. Au contraire, Robin recommande d'aller voir les banques très en amont. Et d'être conscient que « certains conseillers adhéreront tout de suite, d'autres moins ».

Le conseil de Robin :
Aller très tôt voir les banques et solliciter les financements de la région, du département, de la communauté de communes.

« Il ne faut pas non plus hésiter à aller à la pêche aux autres financements, de la région, du département, de la communauté de communes, etc., conseille-t-il également. Attention cependant, les montants ne sont pas identiques partout en France. » En outre, « ces aides locales n'existent pas toujours et ne sont pas forcément pérennes ». Anne et Robin, eux, ont touché chacun 5 000 € du conseil régional et 7 000 € de la com com.

Retrouvez également la série sur les banques et l'installation.

« Attention aussi, ces dotations sont souvent liées à l'octroi de la DJA, un avantage supplémentaire en faveur de l'installation aidée », fait valoir le jeune agriculteur qui avait envisagé par ailleurs de faire appel au financement participatif mais avait abandonné parce qu'il ne voulait pas être « redevable envers sa famille, ses amis, ses connaissances plus éloignées, pas plus que vis-à-vis de concitoyens inconnus, même si les sommes engagées ne sont généralement pas énormes ».

Un passage chez Pôle emploi et chez le notaire

Selon Robin, ce qui coûte le plus cher, ce ne sont pas les emprunts bancaires mais les assurances. D'où l'importance de « comparer les contrats proposés par les différents organismes en matière de santé comme de revenu ou de prêts ». Sur le plan financier, il souligne, de plus, l'intérêt de s'inscrire à Pôle emploi pour percevoir les indemnités chômage le temps que l'installation soit effective. Mettre un peu de cet argent de côté permet de mieux appréhender les premiers mois d'activité où les jeunes installés ont souvent du mal à dégager la moindre rémunération. 

Le conseil de Robin :
Attention au coût des assurances, d'où l'intérêt de comparer plusieurs contrats.

À côté de toutes les démarches que Robin a déjà détaillées au fil des articles, il ne faut pas oublier le passage à office notarial. Objectif : évaluer la ferme, notamment le cheptel, pour fixer un prix de reprise qui soit le plus juste possible. Vous l'avez bien compris, le parcours à l'installation comprend de multiples étapes qui s'entremêlent bien plus qu'elles ne se succèdent. La dernière néanmoins, il n'y en a qu'une et c'est la même pour tout le monde : la signature chez le notaire ! « Alors, c'est le plongeon dans le grand bain. Le plus dur commence... », conclut Robin.

Suivez la vie sur l'exploitation et le travail de Robin et Anne, au quotidien ou presque, sur la page Facebook de la Ferme de Bellevue :


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