ViandeÉleveurs et industriels du Massif Central créent une marque basée sur l'herbe

| AFP

Éleveurs et industriels de la viande du Massif Central ont annoncé le lancement vendredi d'une marque commune de viande, 1886, qui se veut environnementale et équitable.

De la taille de l'Irlande, le Massif Central, qui héberge plus d'un tiers du cheptel bovin français destiné au marché de la viande, a réuni autour de cette initiative cinq coopératives, trois industriels privés et un groupement de producteurs, a indiqué à l'AFP Bruno Dufayet, président de la Fédération nationale bovine (FNB).

La fédération a mené plusieurs années de discussion avec des associations environnementales et de défense du bien-être animal autour de l'amélioration de l'élevage. « Nous avons voulu prendre en compte les attentes de la société et des consommateurs, issues des États généraux de l'alimentation, et faire en sorte qu'éleveurs et transformateurs soient justement rémunérés », a-t-il ajouté.

Le nom de la marque, 1886, correspond à l'altitude du Puy de Sancy, point culminant du Massif Central, et haut lieu de pâturage herbager. « Le marché de la viande vit des moments compliqués », a commenté Hervé Puygrenier, dirigeant d'abattoir spécialisé dans la viande maturée, « c'est une obligation pour nous de répondre aux angoisses du consommateur ». « Plus de 10 000 éleveurs du Massif Central, première prairie d'Europe, sont potentiellement concernés par le projet », estime Patrick Bénézit, président de la FRSEA Massif Central, qui s'est inspiré d'une démarche collective similaire « origine green », lancée par les éleveurs irlandais pour valoriser leur propre système herbager.

Le cahier des charges des côtes de bœuf ou burgers 1886 prévoit que les éleveurs aient au moins 70 % de prairie, qu'ils n'exploitent pas plus de 100 animaux par humain installé sur l'exploitation, que l'alimentation se fasse sans supplément OGM, et que le pâturage des animaux soit obligatoire. « Nous sommes partis de panels de consommateurs sondés à Paris, Lyon, Toulouse et Nantes, pour établir notre positionnement » explique Bruno Dufayet, une démarche qui s'inspire de celle de la première marque équitable française « C'est qui le patron ».

À terme, un label environnemental pourrait aussi être recherché. « 1886 a vocation à s'ouvrir à tous les produits de la région, on pourrait imaginer un lait ou une crème 1886 », précise Tony Cornelissen, président du Service interdépartemental pour l'animation du Massif Central (Sidam).

La marque devrait être disponible dans les bacs ou les restaurants début 2019.


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