EnvironnementElevage durable et consommation de viande : les réponses des experts de l'Inra

| par MO | Terre-net Média

Le 8 mars, trois experts scientifiques de l'Inra ont tenu une conférence de presse afin d'apporter des éléments de réponses aux questions récurrentes concernant l'élevage durable et la consommation de viande.

Vaches laitières au préSelon les experts de l'Inra, une suppression totale de l’élevage se traduirait par la perte de services environnementaux tels que la fertilisation organique des terres ou encore l’entretien des prairies riches en biodiversité. (©Terre-net Média)

Quels sont les impacts environnementaux des élevages ? Peut-on améliorer les élevages intensifs ? Doit-on réduire notre consommation de viande dans le cadre d’une alimentation durable ? Manger de la viande est-il mauvais pour notre santé ? Le questionnement concernant l’élevage durable et la consommation de viande est croissant. Trois experts scientifiques de l’Inra ont tenté d’apporter des éléments de réponse à ces questions lors d’une conférence.

Dans l’état actuel des connaissances, il n’est pas possible de résumer tous les effets de l’élevage dans un seul indicateur global d’impact, positif ou négatif. Cependant, l’expertise scientifique récente menée par l’Inra recommande de « mieux intégrer tous les services rendus par l’élevage ». En effet, ils sont moins bien pris en compte que les effets négatifs. Ces services se situent notamment au niveau de la consommation alimentaire, les produits animaux apportant près de 60 % des protéines ingérés par jour, de l’emploi avec 4 millions d’actifs en Europe, de la valorisation des prairies et de la richesse gastronomique. L’expertise souligne également qu’une suppression totale de l’élevage se traduirait par la perte de services environnementaux tels que la fertilisation organique des terres, le recyclage des sous-produits des cultures et l’entretien des prairies riches en biodiversité.

D’autre part, le recoupement de plusieurs études a permis de dessiner les contours d’un régime alimentaire « durable ». Pour nos pays industrialisés, cela signifie manger un peu moins en quantité, réduire le gaspillage alimentaire qui représente environ un tiers des aliments produits et augmenter la part de protéines végétales dans nos menus aux dépens des protéines animales sans pour autant supprimer la viande de notre alimentation. En effet, dans les pays développés, la consommation de protéines animales est supérieure aux besoins. Une autre solution consisterait à diversifier les sources de protéines animales en empruntant les habitudes alimentaires d’autres cultures (autres animaux, petits mammifères, insectes, reptiles, etc.) mais cela pose des questions d’acceptation sociale.

Enfin, la viande in vitro est parfois présentée comme une solution pour résoudre les problèmes de bien-être animal et de sécurité alimentaire, tout en préservant mieux l’environnement que l’élevage traditionnel, mais il existe d’autres solutions plus accessibles à court terme. En effet, le steak produit in-vitro présenté en 2013 ne sera pas produit avant plusieurs décennies, à moins d’une rupture technologique.

 


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DÉJÀ 3 RÉACTIONS


Hocquette
Il y a 193 jours
Toutes les références bibliographiques sont citées dans l'article publié et en accès libre sur le site http://www.viandesetproduitscarnes.fr/index.php/fr/814-fausse-viande-ou-vrai-elevage
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Marine Ottevaere
Il y a 205 jours
Les trois scientifiques de l'INRA sont Jean-Louis Peyraud, directeur scientifique adjoint Agriculture, Bertrand Schmitt, Délégué à l’Expertise scientifique collective, à la Prospective et aux Etudes et Jean-François Hocquette, spécialiste des productions animales.
Plus de détails sur les études citées sont sur ce site: http://www.inra.fr/Chercheurs-etudiants/Systemes-agricoles/Tous-les-dossiers/Fausse-viande-ou-vrai-elevage
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Rudy
Il y a 213 jours
Est-ce que des références (Noms des chercheurs, études scientifiques) pourrait être citées ?
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