Au Gaec du Mas d'Illins (38)Du salariat et de la robotique pour travailler dans de bonnes conditions

| par | Terre-net Média

Le Gaec du Mas d'Illins se situe à 20 km de Lyon. Jérôme et Laurence Laval traient 100 vaches laitières et vendent une partie de leur production en direct. Leur objectif : se libérer du temps. Pour ce faire, ils misent sur plusieurs choses : le salariat, le travail en Cuma, la prestation de service et la robotique.

Laurence et Jérôme Laval témoignaient dans le cadre du projet Eurodairy sur leur façon de travailler. Installé à une vingtaine de kilomètres de Lyon, le couple d'associés élève une centaine de vaches laitières en système tout herbe et bio avec un atelier de vente directe.

Pour cela, ils emploient deux salariés, se sont tournés vers la robotique, travaillent en Cuma et font aussi appel à des prestataires extérieurs (service de remplacement, ETA). Tout ça dans un seul et même objectif : améliorer leurs conditions de travail. Découvrez leur témoignage dans la vidéo ci-dessous :

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Salariés plutôt qu'associés

Jérôme Laval a rejoint l'exploitation familiale en 1993. Quatre ans après, un tiers s'associe à la structure, suivi par Laurence au moment du départ des parents. Après des années de travail en commun, le couple se rend compte qu'ils n'ont plus les mêmes objectifs que leur associé. À cela s'ajoutent des soucis de communication, ce qui entraine la sortie de ce dernier en 2013. Jérôme et Laurence se retrouvent alors à deux avec un salarié.

En 2015, il franchissent le pas de l'agriculture biologique (effectif depuis octobre 2017), tout en conservant l'atelier de vente directe existant sur la structure (lait cru et fromage blanc). Le couple garde cependant en tête un objectif important : se libérer du temps. C'est ce qu'ils parviennent aujourd'hui à faire 1 à 2 week-ends par mois grâce à leurs deux salariés mais aussi au service de remplacement et autres prestataires.

Cuma, ETA, robot d'alimentation

« Quasiment tout notre matériel est en Cuma, explique Jérôme. Sur la ferme, nous ne disposons que d'un tracteur 70 ch, d'une faucheuse et d'un andaineur. Même le télescopique est en Cuma, bien que je l'utilise sur 85 % de ses heures. On a fait le choix de la Cuma pour accéder à des équipements plus performants sans trop investir. On a un petit peu de tout. »

Côté ferme, les associés tentent d'optimiser leurs installations au maximum : « Notre bâtiment n'est pas linéaire, c'est plutôt une succession de bâtiments car on s'est agrandi petit à petit. En 2014, on a fait le choix de l'automatisation en investissant dans des racleurs et un robot d'alimentation Triolet. »

Pourquoi avoir choisi d'automatiser l'alimentation plutôt que la traite ? Jérôme explique : « Le robot d'alimentation nous a coûté 150 000 €, j'estime qu'on gagne plus de temps avec ça qu'avec un robot de traite. Ce dernier n'est pas compatible avec le salariat : un salarié peut faire la traite mais aussi d'autres tâches lorsqu'il a fini. Il peut me remplacer en plaine si besoin, alors qu'un robot ne fait que traire. »

La notion de temps libre est un autre argument : « Avec un robot de traite, je n'aurai peut-être plus besoin d'un salarié mais je ne pourrai plus me dégager autant de temps non plus. » L'éleveur insiste : « Nos deux salariés se répartissent le travail de la façon suivante : l'un est plutôt sur l'élevage (traite et alimentation) et l'autre se partage élevage et vente directe. Quand nous ne sommes pas là, ils sont capables d'assurer l'essentiel. »

Le bien-être au travail est une valeur essentielle pour le couple : « À 4, nous devons être capable de tout faire. Le salarié doit savoir prendre des décisions et de notre côté, nous ne devons pas lui réserver que les tâches ingrates. On travaille par binôme. Et le salarié sur l'élevage ne fait qu'une traite par jour. Chacun doit prendre du plaisir à la tâche et pouvoir se libérer du temps. » D'ailleurs, le Gaec fait aussi appel au service de remplacement de temps en temps, mais également à une ETA pour les travaux de plaine lorsque c'est nécessaire.

Le Gaec du Mas d'Illins (38) en quelques chiffres :
2 associés (couple) + 2 salariés
Agriculture biologique
120 ha de SAU (90 ha d'herbe et 30 ha de méteil)
100 VL
750 000 l produits

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