Contre la crise du laitChez les Zijp, le bio comme rempart «évident»

| AFP

Eleveurs néerlandais installés en Normandie depuis 1992, Adrie et Cees Zijp pensent avoir leur rempart contre la crise du lait: la «conversion» en 2002 de leur exploitation à une agriculture sans produits chimiques, qu'ils qualifient de "post-moderne".

«Le bio nous a permis d'avoir des revenus stables. Nous ne sommes pas dépendants des marchés internationaux. Nous avons créé des emplois : un mi-temps sur le potager et nous prenons un apprenti à la rentrée» pour les vaches, explique Cees Zijp, arrivé à Leffard (Calvados) en 1992 parce que le couple ne trouvait pas de terres dans son pays.


Quand on passe au bio, il ne faut pas vouloir du rendement
à tout prix. Une vache bio produit environ 20 litres  de
lait par jour, une vache conventionnelle 30. (© Terre-net Média)

Les Zijp vendent le lait de leur 80 vaches (500.000 litres de production annuelle) environ 400 €  les 1.000 litres contre 300 en moyenne actuellement en conventionnel. «Nous dépendons en partie du prix du lait conventionnel mais notre laiterie a augmenté les primes bio parce que la demande de lait bio a progressé», explique ce producteur qui a d'abord travaillé six ans comme employé dans une ferme bio aux Pays-Bas, avant de s'installer à son compte en France.

Surtout, «nous dépensons beaucoup moins que les agriculteurs conventionnels car nous n'achetons pas d'engrais ou de pesticides», poursuit M. Zijp, ce que confirme un producteur conventionnel. «Nos vaches se nourrissent essentiellement dans les prés. Nous produisons nous-mêmes les céréales complémentaires, des céréales rustiques» surtout, plus riches que le maïs, poursuit-il. «On n'a pas besoin d'importer du soja d'Amérique latine, souvent génétiquement modifié pour compléter le maïs qui est un aliment pauvre», dit l'agriculteur.

«Avec tout ce que la terre a déjà avalé comme produit, il n'y a pas le choix»

Pour les Zijp, le bio va dans le sens de l'Histoire. «Avec tout ce que la terre a déjà avalé comme produits, il n'y a pas le choix», pense le couple âgé de 44 et 45 ans. «Pour nous, c'est évident. Ne serait-ce que parce qu'en tant que producteurs nous sommes en première ligne des conséquences des pesticides pour la santé. Nous, et nos enfants qui nous aident parfois aux champs», ajoute Mme Zijp, mère de quatre enfants.

A écouter la famille Zijp, on se demanderait presque pourquoi tout le monde ne se met pas au bio. «C'est sûr qu'il ne faut pas vouloir du rendement à tout prix. Une vache bio produit environ 20 litres de lait par jour, une vache conventionnelle 30», reconnaît M. Zijp. Et la production est plus dépendante des aléas climatiques, ajoute un producteur conventionnel.

Le lait bio, plus riche en oméga 3

Mais «le lait est meilleur, plus riche en oméga 3», affirme Mme Zijp. L'entretien d'un pâturage sans engrais est un art qui ne s'improvise pas. «Mais ça s'apprend. Pour nous c'est vrai que c'est facile, car on a toujours été dans le bain. Nos parents avaient des herbages. Mais on a dû apprendre à cultiver des céréales, pour être autonome et nourrir nos vaches. Ceux qui savent cultiver peuvent bien apprendre à faire de l'herbe», argumente Mme Zijp.

Les Zijp ont produit 10 ans en conventionnel, le temps d'apprendre la culture avant de demander le label bio en 2002 et de l'obtenir en 2004, la conversion durant toujours deux ans. «C'est sûr que la facilité de la conversion dépend de la configuration de l'exploitation. Si les terres sont regroupées comme chez nous, avec à la fois des terres adaptées à la culture et d'autres plus adaptée à la pâture, c'est plus facile», concèdent les Zijp. «Après il faut accepter que quelqu'un vienne deux à trois fois par an tout contrôler y compris les factures. Mais c'est le prix de la mise en valeur de notre travail», conclut Mme Zijp.

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