ManifestationCrise du lait : réunion jeudi à Paris « pour sortir de l'incendie »

| AFP

Laval, 24 août 2016 (AFP) - La question du prix du lait sera jeudi à Paris au coeur des négociations entre organisations de producteurs et Lactalis, sous l'oeil vigilant des manifestants qui menacent toujours de poursuivre le blocus de l'usine du géant laitier près de Laval s'ils n'obtiennent pas un prix « juste ».

Depuis lundi, des centaines d'agriculteurs se sont relayés pour occuper jour et nuit autour d'un rond-point situé à proximité de l'usine, à Changé. Aucun camion n'y rentre ou n'en sort, a constaté une journaliste de l'AFP. « La question-clé pour sortir du conflit, c'est la question du prix », a souligné Christiane Lambert, la vice-présidente de la Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles (FNSEA). Mme Lambert participait, dans la délégation syndicale, à la rencontre qui s'est tenue mardi à la préfecture de Mayenne avec les représentants de Lactalis, réunion au cours de laquelle a été décidée la rencontre de jeudi, à la Maison du Lait, à Paris. « On leur a dit, a souligné Mme Lambert, que c'était une erreur d'avoir annoncé un prix symboliquement aussi bas, à 256 euros les 1 000 litres », un montant qui a mis le feu aux poudres chez les producteurs de lait. « Maintenant, il faut sortir de l'incendie », a commenté Mme Lambert.

« Nous, on veut une visibilité jusqu'à la fin de l'année et un engagement écrit sur une nouvelle méthode de fixation du prix du lait », a juste déclaré Florent Renaudier. Membre du conseil d'administration de la FNPL, la branche laitière de la FNSEA, M. Renaudier, producteur en Mayenne, participera à la réunion jeudi à Paris, de même que le médiateur des relations commerciales agricoles, Francis Amand. La méfiance est de mise entre les deux parties. Pour préparer cette réunion, les présidents des organisations de producteurs devaient se rencontrer mercredi à Laval mais sans vouloir préciser leurs revendications. Même discrétion du côté du groupe Lactalis, le numéro un mondial des produits laitiers. « Il faut que cette réunion se passe dans un esprit de construction. Il faut que les choses se passent dans le calme », a déclaré à l'AFP le porte-parole de Lactalis, Michel Nalet, en se refusant à préciser la position que défendra Lactalis lors de la réunion de jeudi. « Il faut que, derrière, l'activité puisse reprendre. Ce n'est pas une situation dans laquelle, les uns les autres, on peut continuer à vivre sereinement », a poursuivi M. Nalet.

« L'espoir est grand »

« On a souhaité se mettre autour de la table pour discuter, ce qui, de toutes les façons, était notre volonté. Il est urgent que les choses se calment et que l'on revienne à des discussions et un programme de travail pour regarder les choses un peu différemment sur l'avenir », a ajouté le porte-parole de Lactalis. A Laval, les manifestants attendront de pied ferme les résultats de la réunion. Avec toujours cette même détermination à obtenir un prix « juste », sans que cette notion, qui fait l'objet d'une fourchette assez large, soit précisée. Quitte à rester sur le rond-point baptisé « honte du lait » la semaine prochaine.

De son côté, en visite en Vendée, le président de la FNSEA, Xavier Beulin, a déclaré: « On attend évidemment une revalorisation du prix (du lait) et, si possible, un engagement jusqu'à la fin de l'année. (...) On va bien voir ce que (Lactalis) propose ». Le président de la FNSEA, en visite chez un éleveur de bovins allaitants, a rejeté par ailleurs la proposition de médiation du ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll. « C'est bien une relation de négociation, de contractualisation, de discussion finalement entre deux opérateurs, entre un producteur laitier ou son représentant, et un groupe laitier », a-t-il dit. Interrogé sur la possibilité d'une levée du blocage dès jeudi par les producteurs, selon l'issue de la réunion, M. Beulin a dit « (espérer) que cette réunion sera déterminante ». « L'espoir est grand, parce que le prix pratiqué actuellement n'est pas un prix décent », a-t-il lancé.


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DÉJÀ 1 RÉACTION


ESPOIR
Il y a 1117 jours
C'est le maître mot : l'espoir ! Il faut juste le sauvegarder pour que les petites mains de l'agro-business continuent leur ouvrage ... "Et si ça allait mieux l'an prochain ..." "La production baisse là-bas, c'est bon pour nous ..." etc etc ... C'est beau, l'ESPOIR !
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