Coop de FranceLes coopératives agricoles, des organisations économiques dans l'air du temps

| par Frédéric Hénin | Terre-net média

« La publication de ce livre est un grand bonheur », c'est en ces termes que Philippe Mangin, président de Coop de France a présenté mercredi 23 septembre « Les défis du capitalisme coopératif, ce que les paysans nous apprennent de l'économie » (NB). Cet essai remet au goût du jour, en cette période de crise laitière et de remise en cause de l'organisation des filières agricoles, les atouts du mouvement coopératif en agriculture.


Georges Lewi, Philippe Mangin et Pascal Perri
à Coop de France (© Terre-net Média)
C’est pour toutes ces raisons, selon Philippe Mangin, président Coop de France, que les arrêts de livraison de lait n’affectent quasiment pas les coopératives laitières. Il y voit le signe que les éleveurs laitiers y sont mieux considérés que dans les entreprises du privé en ayant entre autre droit à la parole.

Toutefois, pour se protéger d’éventuels excès, le président de Coop de France n’exclut pas la possibilité que le projet de loi de modernisation agricole prévoit la mise en place d’une structure qui validera le cadre général des futurs contrats afin de garantir des rapports équilibrés entre les parties contractuelles (producteurs-transformateurs). A moins que le Parlement opte au final pour la médiation.

Mais au delà des questions agricoles, la refondation du modèle capitaliste ne pourrait-il pas reposer sur la coopération ? Georges Lewi et Pascal Perri y croient. Les quatre fondements de ce mouvement : territoire, détention du capital, non « opéabilité » et durabilité sont des alternatives structurantes aux disfonctionnements de l’économie mondiale en crise avec des entreprises otages des tempêtes financières : spéculation, délocalisation, transmissibilité, fusion en crise.

Refondation du modèle capitaliste

Les auteurs de l’essai ont même rappelé que de nombreuses filières en crise par le passé par manque de régulation ont été restructurées sur la base du mouvement coopératif et la création de nouveaux organismes (crises viticole et céréalières au début du 20ème siècle).

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En reprenant un à un les quatre fondements du mouvement coopératif, Philippe Mangin, précise que les coopératives ne sont ni « opéables », ni délocalisables.

Elles ne sont pas « opéables » car leur capital propre (parts sociales), détenu par les adhérents, est fermé aux investisseurs extérieurs non adhérents et les intérêts versés sont limités.

Elles ne sont pas délocalisables car ses membres et ses productions sont liés à un territoire. Par ailleurs, le mode de représentation au sein des coopératives assure une plus grande égalité entre les membres (un homme = une voix). Il est donc plus facile de s’entendre et de s’écouter. Enfin, la transmission des parts sociales stabilise la structure financière des coopératives dans la durée.

N.B : Nous reviendrons ultérieurement sur les thèmes développés dans le livre les défis du capitalisme, en librairie jeudi 25 septembre 2009 Les défis du capitalisme coopératif Ce que les paysans nous apprennent de l’économie Pearson

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