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Filières lait, bovins viande, porcs, volailles... - Ça vire à la tragédie sans moyens pour contrer la flambée des prix des matières premières !

( Publié le 26/07/2012 à 14h13 )
Les filières animales, de la production à la distribution, n’ayant pas tiré les leçons des années 2007/2008 pour s’organiser, se retrouvent de nouveau confrontées au problème de savoir qui va supporter la hausse des prix de l’alimentation animale. A court terme, la seule réponse apportée est : le consommateur !
coût de l'alimentation animale
Après plusieurs mois de hausse du prix du lait durant la précédente campagne, les producteurs de lait ont toutes les raisons de craindre un nouvel « effet ciseau » : avec un prix du lait en baisse et un coût du concentré en hausse. (© Terre-net Média)
A chaque été sa crise ! Cette année, le bonheur des céréaliers et des producteurs d’oléo-protéagineux fait de nouveau le malheur des éleveurs, toutes filières confondues. Et faute de mesures efficaces et d’organisations adaptées des filières pour en limiter l’impact, les organisations professionnelles spécialisées tirent la sonnette d’alarme ! Elles ne voient qu’un remède pour ne pas voir les marges des éleveurs s’effondrer davantage : demander aux transformateurs et à la grande distribution d'être une nouvelle fois leur courroie de transmission en répercutant sur leurs ventes, la hausse des prix de l’alimentation. Ce qui revient à faire payer au consommateur le coût généré par l’absence de régulation des marchés des matières premières agricoles en proie à des mouvements spéculatifs.

 

L'immobilisme ne peut être de mise

Dans un tel contexte, on comprend la situation de faiblesse et de dépendance face à laquelle se trouvent les éleveurs, même si il y a urgence à agir !

« Alors que le coût de l’alimentation des animaux flambent, il est vital, pour les producteurs laitiers d’obtenir une répercussion de cette hausse vers l’aval. Face à une situation exceptionnelle, l’immobilisme ne peut être de mise », prévient la Fnpl en s’adressant à la Fédération des entreprises du commerce et de la distribution.

Après plusieurs mois de hausse durant la précédente campagne, les producteurs de lait ont toutes les raisons de craindre un nouvel « effet ciseau » avec un prix du lait en baisse alors que l’indice des prix de l’alimentation animale commence déjà à répercuter l’augmentation des prix des matières premières agricoles de ces dernières semaines.

Un nouveau pan de l'économie nationale menacé

Pour la filière porcine, le pôle animal de Coop de France souhaite aussi que la grande distribution fasse supporter au consommateur l’augmentation d’ores et déjà estimée à 20 % du coût de production de la viande. Cette « répercussion de la hausse des coûts de production représenterait :

  • 2 centimes d’euro pour une tranche de jambon cuit supérieur,
  • 7 centimes d’euro pour une côte de porc,
  • 56 centimes pour un rôti d’un kilo».

Mais elle suppose auparavant une hausse des prix sur l’ensemble des maillons abattage-transformation.

Un pacte de stabilité des prix agricoles

Les épisodes récurrents de flambée des prix agricoles poussent Xavier Beulin, président de la Fnsea à demander au président de la République, François Hollande de « convaincre ses partenaires européens et du G20 agricole de la nécessité d’un pacte de stabilité des prix agricoles car il n’est pas admissible de jouer avec la sécurité alimentaire des peuples ». Le défi à relever est tout à fait réaliste, selon le président de la Fnsea, puisque ce même François Hollande a su convaincre ses mêmes partenaires de la nécessité d’un pacte de croissance économique il y a un mois. Mais en revanche, il y a urgence !

«Si rien ne bouge, les producteurs de porcs seront enterrés vivants », assure Aveltis, le second groupement national de porcs. Après le secteur de la volaille qui, en plus d’être affaibli par la faillite du groupe Doux, est aussi confronté à des hausses de coûts de production (1), c’est dorénavant la filière de la transformation de la viande porcine qui pourrait perdre des milliers d’emplois.

Ainsi, après l’industrie automobile, c’est donc un nouveau pan de l’économie nationale exportatrice qui est menacé !

Il est non seulement urgent, selon Aveltis, que le cours du porc couvre les coûts de production mais aussi que les banques accompagnent les éleveurs en leur accordant des prêts de trésorerie. La conjoncture inflationniste tombe d’autant plus mal que de nombreux éleveurs sont en phase d’investissement pour mettre aux normes leurs bâtiments de truies gestantes.

Source : Terre-net Média
Auteur : Frédéric Hénin
N.B : (1) Au point de justifier, selon le ministère de l’Agriculture, l’ouverture de nouvelles négociations avec la distribution conformément à l’accord du 3 mai 2011,
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Commentaires
Les commentaires sont fermés
phiphi le 04/08/2012 09:48:20
les cereales n'ont jamais été aussi chères,mais la viande n'ont plus, tout ceux-ci avec des coûts de production exubérant;alors!
jo le 31/07/2012 09:20:50
En viande bovine, alors qu'on assiste depuis 5 ans à un décrochage sans précédent entre les prix et les coûts de production (nettement aggravé depuis 6 mois par la conjoncture céréalière), on nous parlerait d'un manque d'organisation... Remettons les choses à leur place et regardons en face la réalité ; arrêtons de toujours renvoyer la profession à ses propres limites pour éviter de traiter les problèmes... Ensuite, comment faire autrement que de faire (malheureusement) supporter au consommateur l'augmentation des coûts, au prix d'une nouvelle baisse de la consommation ? N'a t'on pas régulièrement et n'aurons nous pas encore de nouvelles augmentations du prix du pain, sans que personne ne le trouve anormal ? A moins que l'on préfère laisser crever l'élevage français qui fait tâche dans un paysage toujours plus "reverdi": consommateur d'intrants, "affameur" des peuples, destructeur de la couche d'ozone... Ici, dans le Sud-Ouest, TOUS les éleveurs sont en train, au mieux, de réduire ou ajuster leur production, car les coûts de production sont trop élevés (herbe notamment)et certains cantons, trop difficiles pour la céréale (pente, morcellement) sont déjà voués à la friche. Autrement, l'agrandissement des structures céréalières va reprendre son travail de sappe sur les structures "viables" qui vont se libérer, sans que les éleveurs restant, dans le contexte actuel, ne puissent s'aligner... Un dernier mot sur les entreprises de commerce et d'abattage, qui sont elles aussi fragilisées, prises entre le marteau et l'enclume, dans un contexte nouveau pour elles de manque d'offre qui pénalise leur compétitivité et accère la concurrence entre elles, sans possibilité de se tourner vers de l'import. Enfin, le plan abattoir va donner lieu à de belles empoignades professionnelles pour décider de qui va garder "son" abattoir, quitte à sacrifier des outils performants pour reconstruire de petits abattoirs "de proximité" (1000 à 2000 tonnes) correspondant à un "contexte local" (où plutot aux dessins d'élus locaux...) et pour lesquels on s'apercevra, après qu'ils aient englouti nos crédits publics, qu'ils coûtent trop cher en fonctionnement et ne sont pas évolutifs. Peut-on ériger la consommation de proximité (vente directe) en modèle pour une filière entière ? N'est-ce pas un constat d'échec collectif si ce type de valorisation est le seul capable de générer un résultat positif (au prix de quelles contraintes et avec quelle durabilité ?)
fanfan le 30/07/2012 20:13:57
Je serais d'accord de prendre des mesures contre la flambée des prix des céréales quand on prendra également des mesures pour limiter la haussse des carburants. Si on limite la hausse des prix des céréales ou des oléagineux prendra t on les mêmes mesures pour éviter la hausses des engrais et des produits phytos... pas sûr du tout
vert le 28/07/2012 14:34:56
eh oui, il n'y a pas de solution !!! les grossistes de tout poil s'engraissent sur notre dos_ _ _boulangerie, biscuiterie et charcutier, boucher ...!!! par contre on pourrait éviter d'avoir plusieurs syndicats agricoles ... mais...... un seul suffirait !!! on peut constater que notre discussion ne rencontre pas beaucoup d'adeptes...
manu le 28/07/2012 12:37:35
merci de me rappeler la dernière fois que les éleveurs étaient en mesure de rendre quoi que soit aux céréaliers???
vert le 27/07/2012 11:00:55
certes on peut réguler le prix des céréales mais en retour que font les éleveurs pour rendre la pareil quand c'est l'inverse !!!!

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