Dossier Retour au dossier Méthanisation

MéthanisationBien communiquer pour faire accepter son projet

| par Cécile Julien | Terre-net Média

Dès l'émergence d'un projet de méthanisation, la communication avec tous les acteurs de son territoire est primordiale pour éviter les contestations qui compliquent la réalisation et créent des tensions locales. Présentation au Space de quelques outils d'accompagnement.

Quentin Laurent, ingénieur projets méthanisation de la Chambre d'agriculture 24 à gauche et Benoît Ramière, éleveur à la Scea du Barry, à droite sur le site du méthaniseur. Quentin Laurent, ingénieur projets méthanisation de la Chambre d'agriculture 24 à gauche et Benoît Ramière, éleveur à la Scea du Barry, à droite sur le site du méthaniseur. (©Nicolas Mahey)   L a complexité technique et financière d'un projet de méthanisation ne doit pas faire oublier un point essentiel pour sa réussite : son acceptation locale . « 65 % des Français ne veulent pas d’unité de méthanisation dans leur voisinage », explicite Valérie Webber-Haddad, de l ’Ademe .

Ça en fait du monde à convaincre : voisins, mais aussi élus, associations environnementalistes . Pour accompagner les porteurs de projets dans cette délicate communication, la filière se dote d’outils et de supports. « La première chose est de démystifier la méthanisation, d’expliquer que ce n’est ni dangereux, ni polluant », encourage Valérie Webber-Haddad. Il ne faut pas hésiter à faire découvrir les enjeux énergétiques et environnementaux autour de la méthanisation. C’est très tôt dans l’émergence du projet que doit débuter la communication , en expliquant son projet, ses motivations.

Faire participer dès l’émergence du projet

En anticipant, le porteur de projet évitera de laisser les rumeurs s’installer. Il est plus facile de se positionner en tant qu’acteur plutôt que défenseur. Cela demandera d’informer et de dialoguer avec toutes les parties prenantes de son territoire en créant des espaces de dialogue, des réunions mais aussi des visites de son exploitation, d’unités déjà en fonctionnement. « La plus grande erreur est de ne pas communiquer ou trop tard. Si les gens ont l’impression d’être mis devant le fait accompli, ils se braquent », prévient Anne Lafferravie, de GRDF .

Ce dialogue permettra d’entendre les craintes (nuisances olfactives, trafic routier) et d’y intégrer des réponses dès la conception du projet. « Le simple fait que l'exploitant reste habiter à proximité de l’unité rassure les riverains. S’il habite là, c’est qu’il n’y a pas de risque », relate Anne Lafferravie. On peut également faire participer différents acteurs locaux à l’amélioration du projet, par exemple sur l’ insertion paysagère car la première crainte des voisins est de voir leur cadre de vie détérioré par le projet.

Le dialogue devra se poursuivre après la mise en route pour maintenir dans la durée l’appropriation du projet.

Mener un tel projet ne sera pas un long fleuve tranquille. Il n’est jamais facile de s’exposer à la critique de ses voisins. Autant que de conseils techniques, il faudra s’entourer de soutiens et d’appui en communication.

Valérie Webber-Haddad, de l’Ademe et Anne Lafferravie, de GRDF, ont expliqué l’importance de communiquer dès l’émergence de son projet pour le faire accepter par ses concitoyens. Valérie Webber-Haddad, de l’Ademe et Anne Lafferravie, de GRDF, ont expliqué l’importance de communiquer dès l’émergence de son projet pour le faire accepter par ses concitoyens. (©Cécile Julien) 


Tous droits de reproduction réservés - Contactez Terre-net

A lire également

   Rechercher plus d'article

DÉJÀ 12 RÉACTIONS


stan
Il y a 9 jours
Tres peu de projets aboutissent soit des gros ou des petits avoir ses champs a côté d'un grande ville facilite le projet avec les bouts dépuration c'est ceux qui font ça garde bien de le dire au voisin pour garder l'exclusivité alors qu'il faudrait penser plus en partenaire possible pour répartir le gain.
Répondre
zéro
Il y a 13 jours
pas durable à long therme surtout pour ceux qui balance que du mais et surtout pas ecologique du tout car le gnr consommé ferait autant tourner les moteurs que le gaz produits!...,le revenu reste les primes de l'état!,alléchant à court therme et apres çà fera...plouf
Répondre
Patrice Brachet
Il y a 14 jours
En dehors de l aspect paysans =recyclage de la merde des autres ma laiterie m à vivement déconseillé d utiliser tous ces déchets il y’a quelques années et cela doit être toujours d actualité car l on a un risque de retrouver des métaux lourds dans le lait !!!!
Répondre
Patou
Il y a 16 jours
Pour de l argent on fait n importe quoi et les agriculteurs methaniseurs tombent dans le piège car les investissements sont très lourd et difficile à amortir et pour une industrie ou collectivité c est quoi quelques millions d euro par rapport aux services rendu l agronomie beuf on en reparle dans quelques années en attendant quel soulagement pour un produit dont on ne savait comment s en débarrasser
Répondre
Pauline Mignot
Il y a 16 jours
Nous sommes bien d’accord avec votre postulat : normalement le digestat ne sent pas... nous aimerions répondre à votre deuxième question « expliquer ce que traite le methaniseur »... aucune information officielle à ce sujet (pas de rapport d’exploitaion). Nous ne sommes pas dans le cas d’un methaniseur qui fonctionne avec des intrants uniquement d’origine agricole.
Répondre
Patou
Il y a 16 jours
AM2r normalement le digestat de methanisation avec des effluents agricoles n’a pas d odeur vous pourriez nous expliquer ce que traite vôtre methaniseur en question ?cela alimenterait le débat merci
Répondre
AM2R
Il y a 16 jours
Vous présentez la communication comme la clé de la réussite des porteurs projets. Mais qu’en est-il des methaniseurs existants et qui refusent toute forme de transparence et de discussions avec les riverains ?
Pensez vous qu’une discussion en’amont puisse réellement être la solution à des pollutions olfactives permanentes pour les riverains de ces methaniseurs et des parcelles d’épandage ???
Répondre
Jrdes3cornets
Il y a 16 jours
Que dire quand un groupement d’agriculteurs projette d’installer leur unité de méthanisation au cœur de 3 hameaux, loin de leurs habitations et après avoir abandonné une demande de certificat d’urbanisme pour ce projet dans une de leurs fermes, sans donner de raison. (loin de chez eux mais à 150 mètres des 1ères maisons ! (Bréauté 76110)
Le gouvernement a modifié la loi dernièrement pour supprimer l’enquête publique et l’étude d’impact pour les unités traitant moins de 100t/jour !
De nombreux scientifiques s’inquiètent des effets néfastes des déchets (digestat) de la méthanisation.
Répondre
Daniel
Il y a 17 jours
Bonsoir,
Depuis quand un excellent projet devrait-il nécessiter de la communication pour être accepté ? Si ces projets étaient aussi vertueux que présentés dans ces nombreux articles, la pilule passerait toute seule vous ne croyez pas ? Alors pourquoi les projets de méthanisation sont-ils cachés jusqu'à ouverture de l'enquête publique ? Qu'est-ce qui est caché derrière ces gros réacteurs chimiques ?
La méthanisation est une des voix du mix, mais ce ne peut pas être autant développé que ne le disent les autorités et différents organismes. N'oubliez pas, l'énergie verte n'existe pas, et le biogaz n'a rien de bio !
Sincèrement
Répondre
titian
Il y a 16 jours
Bof des boues d'épuration dans les methaniseurs, encore des gens qui n'ont pas vraiment étudié la question.
Primo c'est comme la merde de cochon, c'est nul pour faire du méthane, deusio tip top pour planter un methaniseur, on en parle pas mais il y en a presque la moitié de régulièrement planté en France, pas évident de maîtriser les fermentation, alors avec toutes les saloperies présentes dans nos propre déjections...
Répondre