Stratégies en élevage laitierLes préconisations de FranceAgriMer pour augmenter votre revenu

| par | Terre-net Média

« Améliorer sa rémunération par 1 000 litres, c'est optimiser chaque poste de produits et de charges en recherchant les meilleurs équilibres. La recherche de bons taux dans le lait peut accroître la consommation de concentrés ; un taux de croisement excessif pour valoriser les veaux peut menacer le bon renouvellement du troupeau... Tout est donc question de dosage », explique FranceAgriMer.

Pour améliorer leur rémunération aux 1000 litres, les éleveurs doivent faire des choix stratégiques. Cela peut par exemple passer par la valorisation d'une partie des veaux en viande grâce au croisement avec de l'allaitant.Pour améliorer leur rémunération aux 1 000 litres, les éleveurs doivent faire des choix stratégiques. Cela peut par exemple passer par la valorisation d'une partie des veaux en viande grâce au croisement avec de l'allaitant. (©Terre-net Média) Après avoir étudié les différents systèmes de production de lait de vache de France, FranceAgriMer estime que les élevages laitiers doivent être plus efficients pour résister aux aléas. L’établissement donne alors quelques recommandations pour progresser.

Viser la qualité de lait maximum

Indépendamment du prix de base, le prix du lait payé au producteur peut varier en fonction de sa qualité. FranceAgriMer rappelle que certaines mesures permettent d’augmenter le prix de base de 15 à 25 €/1 000 litres en moyenne sur l’année :

- Éviter tout accident d’inhibiteurs, de cryoscopie, de lipolyse, de germes totaux en utilisant par exemple des repères visibles et immédiats sur les animaux en traitement, en  transmettant les informations entre les trayeurs, en mettant en place des procédures adaptées, en adaptant la température de l’eau de nettoyage, etc.

- Maintenir les comptages cellulaires et les spores butyriques à un niveau faible et rémunérateur. L’établissement rappelle que « cela passe par tous les maillons de la chaîne de l’élevage, depuis la qualité de l’alimentation à l’hygiène de traite, en passant par les conditions de couchage et l’élimination des animaux incurables. Un taux minimum de renouvellement de 35 % est souvent nécessaire pour assainir un troupeau sujet à de nombreux cas de mammites cliniques ou subcliniques. Il peut être réduit à 25 % une fois la mission accomplie. L’agrandissement de nombreux troupeaux par croît interne occasionne fréquemment une insuffisance de réformes. »

- Viser une richesse du lait en TP et TB par une ration équilibrée et efficace.

Valoriser le produit viande ou au moins limiter les pertes

Selon l’étude, le produit viande permet une valorisation supplémentaire de 56 €/1 000 litres dans les élevages les plus performants. Voici le rappel des quelques mesures à prendre :

- Surveiller la mortalité des vaches (viser moins de 4 % par an) et des veaux (viser moins de 5 % par campagne de vêlage). La perte d’une vache est estimée à un coût de remplacement de 1 600 €.

- Utiliser le croisement en races à viande : l’établissement estime qu’un tiers d’inséminations en viande ne pénalise pas le renouvellement. Il rappelle également qu’élever les veaux issus de ses croisements un peu plus longtemps permet d’améliorer leur prix de vente de 150 à 200 €.

- Finir les vaches de réforme en fonction de la disponibilité en fourrages, en place, en main d’œuvre (etc.) pour potentiellement gagner 50 kg de carcasse et 300 € de recettes.

- Vendre des vaches ou des génisses pour la production (mais les prix restent très liés à la conjoncture du prix du lait).

Le système d’alimentation représente 50 % des charges

En compilant l’alimentation achetée, l’appro des surfaces et la mécanisation, le système d’alimentation représente près de la moitié des charges de l’atelier laitier. Les marges de progrès sont importantes selon FranceAgriMer, « d’autant plus que les écarts sont conséquents au sein d’un même groupe typologique » (entre 160 et 262 €/1 000 litres). L’établissement donne quelques conseils pour réduire ce coût :

- Assurer en permanence l’équilibre de la ration pour la rendre plus efficace.

- Adapter la stratégie de complémentation pour ajuster la dose de concentrés distribués.

- Produire un maximum de lait à partir des fourrages de l’exploitation (objectif : autonomie à 65 %).

- Maîtriser le coût de production de ces fourrages et céréales autoconsommés (cela passe par la fertilisation des surfaces, la valorisation des engrais de ferme, les pratiques culturales, les achats, etc.).

- Réduire les jours improductifs en tendant vers des vêlages précoces et en luttant contre les retards de production et les problèmes de santé.

- Définir une stratégie alimentaire et une stratégie fourragère cohérentes entre elles et avec les caractéristiques de l’exploitation.

- Maîtriser les frais de mécanisation en faisant des choix de techniques culturales moins onéreuses, en maximisant le pâturage et en raisonnant l’acquisition de matériel.

D’autres leviers d’action qui dépendent fortement du système

Au niveau des aides perçues par les éleveurs, il existe une forte disparition entre les exploitations étudiées (34 €/1 000 litres pour le quart inférieur et 51 €/1 000 litres pour le quart supérieur). Cependant, il existe peu de leviers d’action de ce côté puisque ces aides sont encadrées par la loi. Il faut cependant rester informer sur les différents programmes nationaux ou locaux qui peuvent être lancés.

D’autres charges sont énoncées : le bâtiment, les frais d’élevage et les frais généraux. Concernant la charge de bâtiment, l’établissement annonce que « la charge optimale est celle qui correspond à des conditions de travail satisfaisantes (quantité, pénibilité, équipements) de logement des animaux et de coûts maîtrisés ». Au niveau des frais d’élevage, les grosses disparités entre élevages sont liées à l’organisation et aux décisions de l’éleveur. L’institut donne pour référence un coût inférieur ou égal à 10 €/1 000 litres pour une bonne performance des frais vétérinaires (avec un seuil d’alerte à 20 €/1 000 litres) et la même somme pour les frais de reproduction (avec un seuil de 15 €/1 000 litres). Enfin, les frais généraux (assurances, comptabilité, téléphone, impôts, etc.) sont traditionnellement dilués par le volume produit mais doivent être surveillés.


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DÉJÀ 31 RÉACTIONS


c est qui le dindon
Il y a 327 jours
et les aides 34,51 e ou 0 pour les augmentations de volumes ou installation depuis 2006 !
et les 35e d ADL balancées sur les dpu pour tout ceux qui ont arreté le lait depuis 2006
pourquoi parler d aides quand celui qui ne produit plus de lait touche autant que celui qui produit ,j oubliais la prime a la vache ! 40e !!
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Eleveur de vie
Il y a 327 jours
Le président de France agrimer il est ou en ce moment. Parti au sky comme mr macron. Et qui est ce qui bosse pendant ce temps. Toujours les mêmes
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michel billaud
Il y a 328 jours
heureusement que le president de France agri mer n est pas un eleveur car il n aurait jamais laisser passer de telles inepties...
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PATRICE BRACHET
Il y a 329 jours
J en sais quelques chose Steph car depuis que j ai créé mon association qui entre autre prône l autonomie protéique j ai beaucoup de dos tournés y compris chez les collègues !!!!
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steph72
Il y a 330 jours
Bien sur ,ils se font bien plus de marges que nous et le meilleur moyen c'est de limiter au maximum l'achat d'intrants quitte à moins produire.
Ceux qui vivent grace à nous n'ont surtout pas intérêt à ce qu'on devient autonome et qu'on produise moins.

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Capitaine
Il y a 329 jours
Jonathan installation suite à un cédant interne en hôpital psychiatrique et placé sous contrôle d'un mandat de redressement judiciaire puis liquidation totale.je me suis farci toutes les procédures en affrontant les héritiers des dettes cautionneurs solidaires.imagine! Total 89 mois de tempête.y a bcp mieux comme installation. Après les marges c les Coop et les lobbies qui les siffonnent :tout est bién horchestre.a nous de nous mobiliser intelligemment pour que les annonces à macron du11octpbre à rungis voient le jour sinon y va pas en rester un!
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PATRICE BRACHET
Il y a 330 jours
Bravo capitaine !!!!!! Cela peut faire du bien à ceux qui on le moral dans les chaussettes ! Merci joyeux Noël
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Jonathan
Il y a 330 jours
Capitaine : toute petite remarque au debut tu dit installation hors cadre familial et après tu dit que tes parents était agri....tu est quand même du milieu.
Sinon pour le reste les remarques sont assez juste.
Après ce n'est pas parce que l'on ait agriculteurs qu'on doit rouler avec des Vieux tacos.
Regardons les marges autour de nous...je pense qu'on mérite largement une part du gâteau
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Capitaine
Il y a 330 jours
J'ai lu 24 commentaires:quelques remarques ont un sens d'autres ne sont pas convenables.En ce qui concerne les ddtm je suis satisfait. Concernant nos fermes: la race saison vêlage alimentation type de bâtiment organisation et décisions de l'éleveur tout m'appartient même les emprunts bancaires .Le renouvellement du matériel pareil.La maitrise des charges et l'optimisation du produit du résultat de l'activité passent aussi par mon cerveau et mon crayon -papier.En débutant dans la profession en dehors du cadre familial et sans auto financement je résiste en combattant la crise à ma manière.Une illustration : des normandes à6600k des vieux taxis sur pailleuses et dessileuses biens entretenus de la pulpe de betteraves une aire d'exercice à ciel ouvert et un litre de lait payé pour novembre 385€...et y a possibilité de faire mieux!j'allais oublier les veaux de 18j vendu jusqu'à 400€...bref.Cela dit je suis conscient qu'il y a des situations extrêmement délicates et j'apporte mon soutien par ma pensée auprès des éleveurs épuisés car ce métier de paysan mes propres parents l'on exercé toute leur vie et qu'en vint le jour de la retraite ils ont soufflé.Ace sujet pour ceux qui sont usés et parfois désespérés n'hésitez pas à vous rapprocher de SOLIDARITÉ paysanne ils peuvent vous accompagner .Faites les intervenir dans votre entourage si vous constatez des difficultés d'ordre psychologique comme financières c'est tellement mieux pour celle ou celui qui est dans la misère. Merci
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Jmb67
Il y a 330 jours
Ce qui est désagréable c'est de recevoir des leçons de France Agrimer . Ils ne sont pas capables d'instruire les dossiers PAC dans les délais. Ils sont aujourd'hui incapable de publier le prix du lait avec toute la transparence en séparant le lait standard des AOP ...... Il y a de quoi balayer devant la porte, avant de dire aux comment faire.



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